Les prêtres, autorité morale de la Nouvelle-France

Les registres paroissiaux du Québec sont une ressource inestimable pour les généalogistes et les historiens s’intéressant au passé des habitants de la province. Il est important de souligner que cette fenêtre sur notre histoire nous est offerte par un groupe restreint d’individus : les prêtres de la province.

Le Père Marquette

Lors de la rédaction d’un acte paroissial, le prêtre se devait de respecter un format prédéterminé, dictant une formulation qui ne déviait généralement pas d’acte en acte. Les habitués de la généalogie connaissent bien ce format; date de rédaction, date de l’évènement, nom du ou des sujets, nom des parents, le tout encadré par des formules telles que « par nous prêtre soussigné de la paroisse » ou « lesquels ont déclaré ne pas savoir signer ».

Mais ces consignes n’empêchaient pas certains prêtres d’ajouter un peu de couleur à leurs actes, comme vous le constaterez dans cet article.


Tous les documents utilisés dans cet article proviennent du LAFRANCE, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.


Nous débutons notre visite du passé en 1734 avec le curé René Portneuf de la paroisse Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, célébrant ici le baptême de Marie Renée Marguerite Charlan.

Le prêtre était bien plus que l’officiant des cérémonies religieuses de sa paroisse; il en était aussi l’autorité morale! Admirons ici le zèle du père Portneuf :

« Je me suis nommé parrain après avoir répudié Simon Campagna à cause de son ignorance […] sur la religion ainsi qu’il apparu à tous ceux qui étaient présents lorsque je l’ai interrogé sur le Petit Catéchisme. »

Source: Acte 143891, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est intéressant de noter que Simon Campagna était déjà 5 fois parrain avant sa regrettable rencontre avec le père Portneuf. Vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’il n’aura pas d’autres filleuls de son vivant.

La sépulture du soldat Jean Simon dit Sansregret à l’Hotel Dieu de Québec, elle aussi en 1734, nous rappelle l’importance et l’omniprésence de la religion dans les mœurs et la culture de la colonie française.

« […] sans avoir jamais voulu recevoir les sacrements quoy que les Prêtres et Religieux se fussent employés avec beaucoup de zele pour le gagner, il fut enterré par nos infirmiers proche de la caserne sans honneurs et sans prières, et avec l’horreur qu’il inspirait. »

Source: Acte 169203, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Visiblement, Monsieur Simon dit Sansregret portait bien son nom.

En parlant d’horreur, c’est plutôt chez nous qu’elle est inspirée lorsque confronté au racisme flagrant qu’on retrouve souvent dans les registres. Voyons par exemple l’acte de baptême de Marie Louise, fille de Marie Anne, daté du 17 juillet 1688 à Lachine.

« […] a été baptisée Marie Louise fille d’une sauvagesse nommée Marie Anne femme de mauvaise vie connue pour folle par tous les pais et coustumière d’avoir de tels enfans »

Source: Acte 13426, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Des travaux de reconstruction familiale effectués par le PRDH de l’Université de Montréal nous permettent d’en apprendre un peu plus sur le destin de la petite Marie Louise. Celle-ci aurait été enlevée à sa mère par le curé et confiée aux Sulpiciens, puis finalement élevée par un Pierre Sarault dit Laviolette. Mariée 3 fois au cours de sa vie, elle meurt noyée en 1777 à l’âge vénérable de 89 ans.

Source: Fiche d’Individu 39257, PRDH-IGD.com

Mais tout n’est pas noir dans les registres; ceux-ci nous réservent parfois de belles surprises et nous rappellent l’humanité de certains prêtres de la colonie. La sépulture de Marie Benoist, le 13 janvier 1736 à Longueuil, en est un bon exemple :

« […] a été inhumé le corps de defunte Marie Benoist […]  âgée d’environ 44 ans, pendans lesquels, il a plû au Seigneur de l’éprouver par des maladies et des soufrances continuelles, qui ne lui ont rien fait perdre de l’espris de charité de douceur et de patiance, qui l’ont fait admirer par tous ceux qui ons connu cette vertueuse vierge sans vices qui est décédée comblée de merite et de grâce. »

Source : Acte 106904, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Dans la même veine, nous avons la sépulture du naturaliste et chirurgien Michel Sarrazin, décédé le 9 septembre 1734 à l’Hôtel Dieu de Québec.

« Il avait exercé son art en ce païs plus de 45 ans avec une rare charité, un parfait desinteressement, un succès extraordinaire, une adresse surprenante, une application sans égale pour toutes sorte de personnes qui luy faisait faire avec joye et avec grace, tout ce qui depandait de ses soins pour le soulagement des malades qu’il traitait, il était aussy habile chirurgien que scavant médecin, comme les belles cures qu’il a faites en sont les preuves. »

Source: Acte 169208, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est évident que M. Sarrazin avait l’estime et le profond respect de ses contemporains, et il est aujourd’hui considéré comme le premier scientifique canadien. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce fascinant individu à cette adresse.

Nous connaissons tous la valeur inestimable des registres paroissiaux dans la sphère généalogique, mais accordons-nous assez d’attention à la petite histoire qu’ils contiennent? Les prêtres nous ont offerts, à leur façon, une fenêtre fascinante sur la vie de nos ascendants, et tout chercheur devrait se faire un devoir de lire attentivement les actes concernant ses ancêtres.

Dans les prochains articles de cette série, je continuerai d’aborder divers sujets et thématiques historiques, toujours à l’aide des documents disponibles sur Généalogie Québec.

François Desjardins

43 nouveaux cimetières sur Généalogie Québec

27 153 pierres tombales provenant de 43 cimetières du Québec ont été ajoutées dans la section Nécrologe, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.

La section Nécrologe contient maintenant plus de 730 000 photos de pierres tombales indexées.

La section Nécrologe

La section Nécrologe regroupe tous les avis de décès, cartes mortuaires et pierres tombales disponibles sur Généalogie Québec.  Elle est divisée en 4 sous-sections.

Avis de décès internet

Cette section contient des avis de décès provenant de diverses maisons funéraires et journaux canadiens datant de 1999 à aujourd’hui. La section est mise à jour mensuellement. En date du 4 octobre 2021, elle contient plus de 2 630 000 avis de décès.

Avis de décès journaux

Cette section contient plus de 1 250 000 avis de décès publiés dans des journaux du Québec, de l’Ontario et des États-Unis entre 1860 et aujourd’hui.

Cartes mortuaires

Cette section contient 97 800 cartes mortuaires publiées entre 1860 et aujourd’hui. La plupart de ces cartes portent sur des individus décédés au Québec.

Pierres tombales

Cette section contient plus de 730 000 photos de pierres tombales accompagnées d’un index détaillé provenant de divers cimetières du Québec et de l’Ontario. La liste de ces cimetières peut être consultée à cette adresse.

Vous trouverez plus d’informations à propos de cette section sur le blog de l’Institut Drouin.

Vous pouvez consulter la section Nécrologe ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

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Liens utiles

Généalogie Québec

Généalogie Québec est un site de recherche par abonnement qui regroupe l’ensemble des collections et données généalogiques acquises par l’Institut Drouin au cours de son existence.

Au total, 49 millions d’images et de fiches sont regroupées en 15 outils et collections divers couvrant l’ensemble du Québec ainsi qu’une partie de l’Ontario, des États-Unis et de l’Acadie de 1621 à aujourd’hui.

Généalogie Québec est de loin la plus grande collection de documents généalogiques et historiques québécois sur le Web.

Plus d’information à propos de Généalogie Québec

PRDH-IGD

Le PRDH-IGD est un répertoire de tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures catholiques célébrés au Québec entre 1621 et 1849, soit plus de 2.5 millions d’actes répertoriés, ainsi qu’un dictionnaire généalogique des familles qu’on appelle communément les «reconstructions familiale».

Le PRDH-IGD peut être décrit comme un arbre généalogique détaillé de l’entièreté de la population canadienne française des débuts de la colonie à 1849.

Plus d’information sur PRDH-IGD.com

Fichier Origine

Le Fichier Origine est un répertoire des actes de baptême des immigrants trouvés dans le cadre d’un projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865. Le dépouillement et la publication de ces actes s’inscrivent dans le cadre d’une entente de coopération entre la Fédération Française de Généalogie et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie. Des partenaires français et québécois, dont le PRDH, apportent leur collaboration à la réalisation de ce projet coordonné au Québec.

Passeurs de mémoire

L’annuaire Lovell de Montréal est maintenant disponible jusqu’en 1978 sur Généalogie Québec!

Les années 1915 à 1978 de l’annuaire de Montréal (Lovell) ont été ajoutées à l’outil Annuaires, une des 15 collections offertes aux abonnés de Généalogie Québec.

Au total, ce sont 150 000 nouvelles images qui sont maintenant disponibles aux abonnés du site.

L’annuaire Lovell de Montréal

Le Lovell est un annuaire municipale de la ville de Montréal et ses environs publié depuis les années 1840. Il contient entre autres une liste de résidents classés par rue et adresse, une liste de résidents en ordre alphabétique, une liste de marchands et professionnels ainsi qu’une liste d’institutions diverses.

Sur Généalogie Québec, le Lovell est présenté en arborescence dans l’outil Annuaires. Chaque année, de 1843 à 1978, est divisée en une série de sous dossiers:

  • Introduction – Contient la couverture, une préface ainsi qu’une table des matières
  • Index to Streets, Avenues, Lanes – Un index des rues et avenues de la ville
  • Index to Miscellaneous – Un index d’institutions diverses (magasins, églises, édifices gouvernementaux, écoles, etc.) par nom
  • Index to Page Advertisers – Un index des annonceurs publicitaires ayant payé pour une page complète
  • List of Line Advertisers – Un index des annonceurs publicitaires ayant payé pour une publicité de plus petite taille
  • Advertisers Business Classified Directory – Annonceurs publicitaires indexés par le type de services qu’ils offrent
  • Street Directory – Un index des résidents et entreprises, classés par rue et adresse
  • Alphabetical Directory – Un index des résidents et des entreprises, classés par nom
  • Places in the neighborhood of Montreal outside city limits – Un bottin de plus petite taille et moins détaillé pour les diverses agglomérations entourant Montréal
  • Miscellaneous directory – Un index de commerçants et professionnels classés par le type de services qu’ils offrent

À l’intérieur de ces dossiers, une autre série de sous-dossiers divise les images par lettre, en ordre alphabétique.
Par exemple, afin de trouver l’adresse d’un ancêtre Desjardins, vous devrez vous rendre dans Alphabetical Directory puis consulter le dossier « D » sous l’année désirée.

L’outil Annuaires contient aussi le Marcotte, qui est l’équivalent du Lovell pour la ville de Québec.

Vous pouvez consulter les annuaires Lovell et Marcotte ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

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Nouveaux actes de naissance, mariage et décès sur Généalogie Québec

16 767 fiches de baptême, mariage et sépulture ont été ajoutées à l’outil Fiches BMS, une des 15 collections offertes aux abonnés de Généalogie Québec.

Ces fiches couvrent les régions de St-Jean-sur-Richelieu et d’Iberville de 1900 à 1970.

Elles peuvent être consultées avec un abonnement à Généalogie Québec dans l’outil Fiches BMS, sous le dossier « Fiches (villes)/District judiciaire d’Iberville/ ».

Qu’est-ce que l’outil Fiches BMS?

L’outil Fiches BMS contient des fiches de baptême, mariage et sépulture provenant du Québec, de l’Ontario et des États-Unis et couvrant du 17e siècle à aujourd’hui.

Les documents de cette collection sont organisés en arborescence. Dans la majorité des cas, les fiches sont distribuées par ordre alphabétique selon le nom de famille du sujet de la fiche ou le nom du lieu le cas échéant.

Vous trouverez plus d’informations concernant cette collection sur le blog de l’Institut Drouin.

Vous pouvez consulter les Fiches BMS ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Document original pour les mariages de 1919 sur le LAFRANCE

La majorité des mariages de l’année 1919 disponibles sur l’outil LAFRANCE sont maintenant associés à leur document original.

Pour consulter celui-ci, il vous suffit d’ouvrir l’acte qui vous intéresse, puis de cliquer sur le lien au coin supérieur droit de la fiche d’acte.

Acte de mariage provenant du LAFRANCE. La flèche bleue indique le lien à cliquer afin de consulter le document orginal.
Document original tel que présenté sur le LAFRANCE

Plus d’informations à propos du LAFRANCE

Le LAFRANCE est une base de données équipée d’un engin de recherche répertoriant des millions d’actes de naissance, mariage et décès provenant du Québec, de l’Ontario et des États-Unis. On y retrouve actuellement:

  • TOUS les mariages catholiques du Québec de 1621 à 1918
  • TOUS les baptêmes catholiques du Québec de 1621 à 1861
  • TOUTES les sépultures catholiques du Québec de 1621 à 1861
  • TOUS les mariages protestants du Québec de 1760 à 1849
  • 1 450 000 mariages catholiques du Québec datant de 1919 à aujourd’hui.
  • 68 000 actes de baptême et sépulture divers du Québec de 1862 à 2019
  • 80 000 mariages civils du Québec datant de 1969 à aujourd’hui
  • 140 000 mariages de l’Ontario datant de 1850 à aujourd’hui
  • 38 000 mariages des États-Unis
  • 3000 mariages Protestants du Québec de 1850 à 1941
  • 17 000 mariages divers du Québec des années 2018 et 2019

Pour plus d’informations à propos du LAFRANCE, visitez le blog de l’Institut Drouin.

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Quelle place pour les femmes dans la toponymie québécoise?

Lors d’une recherche généalogique, il n’est pas rare que les lieux jouent un rôle de grande importance : ils peuvent servir à confirmer l’identité d’une personne ou à orienter nos recherches lorsque nous sommes à la quête d’un·e ancêtre.

Même s’ils ne jouent pas un rôle central dans notre enquête, du moment où nous consultons des sources modernes, que ce soit un acte d’état des personnes ou un recensement nominatif, nous rencontrerons nécessairement divers toponymes (Jetté, 1991 : 89) – des noms de villes, de paroisses ou même de rues! 

L’église Saint-Thomas de Joliette, une des nombreuses paroisses portant un toponyme masculin au Québec.
Source: Collections diverses de l’Institut Drouin (Fonds Pierre Colpron), GenealogieQuebec.com

Vous avez peut-être ainsi remarqué que les toponymes québécois sont loin d’être paritaires. On estime que les femmes représentent moins de 10% de la toponymie anthroponymique québécoise – autrement dit, pour chaque lieu qui porte le nom d’une femme, il y en a 10 autres qui portent le nom d’un homme (Beaudoin et Martin, 2019 : 1).

Devant ce constat, un mouvement pour la parité toponymique s’est créé. Sarah Beaudoin et Gabriel Martin, tous deux engagés dans la cause, la première en tant que militante féministe et le deuxième comme linguiste, se sont intéressé·e·s de près à l’enjeu et ont publié en 2019 un livre à ce sujet : Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. 

L’ouvrage offre un tour d’horizon étonnamment complet pour ses 125 pages : l’auteur et l’autrice dressent d’abord un portrait historique du mouvement pour la parité toponymique au Québec, puis s’attardent aux mythes et aux réticences courantes. De la supposée moindre importance de tendre vers la parité toponymique à la soi-disant insuffisance de femmes marquantes dans l’histoire, tous les arguments contre les résolutions visant à atteindre la parité toponymique sont examinés. 

Le développement de cet argumentaire permet à l’auteur et à l’autrice d’aborder différents concepts féministes (par exemple de définir le féminisme radical ou le patriarcat). Le livre démontre aussi une certaine sensibilité envers diverses oppressions (notamment le racisme et le colonialisme), en particulier pour les enjeux autochtones.
La page couverture se veut entre autres un hommage à An Antane Kapesh, cheffe de bande innue et autrice du livre bien connu Je suis une maudite sauvagesse – Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu. Toutefois, l’utilisation du terme « améridien » à quelques reprises dans le livre me semble fort dommage, puisqu’il est aujourd’hui considéré dérogatoire (Picard, 2018).

Le livre se termine par une banque de toponymes potentiels et par une charte pour la toponymie paritaire, ce qui permet de concrètement lier les revendications à la réalité du Québec. C’est aussi une bonne occasion de découvrir des figures féminines marquantes de notre histoire : parmi les 145 suggestions toponymiques, 10 font l’objet d’une courte présentation, dont plus de la moitié sont des femmes racisées et/ou autochtones.

Contrat notarié où sont mentionnées les villes de Sainte-Thérèse et Sainte-Anne-des-Plaines, toponymes féminins.
Source: Outil Contrats Notariés, GenealogieQuebec.com

Le livre accomplit l’exploit synthétique de rester très accessible tout en abordant en profondeur de nombreux enjeux. Ceux et celles qui ont peu de connaissances en toponymie ou en féminisme pourront s’y retrouver sans problème, je dirais même qu’il peut s’agir d’un excellent ouvrage d’introduction pour l’un ou l’autre de ces domaines. Les lecteur·trice·s présentant une certaine expertise ne seront pas en reste : même après des études universitaires en études féministes, le livre m’a permis d’affiner mon argumentaire et de découvrir des figures marquantes de notre histoire.

Somme toute, il s’agit d’une excellente lecture pour porter un regard différent sur nos recherches généalogiques aussi bien que sur nos promenades dans les rues de notre quartier!

Audrey Pepin


Liste de références :

Jetté, René. (1991). Traité de Généalogie. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 716 p.

Beaudoin, Sarah et Martin, Gabriel (2019). Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. Sherbrooke : Les Éditions du Fleurdelysé, 125 p.

Picard, Ghislain (2018, 26 septembre). « Non, les Autochtones ne sont pas des Amérindiens ». HuffPost Québec. Récupéré de https://quebec.huffingtonpost.ca/ghislain-picard/autochtones-pas-amerindiens-terminologie-colonialisme_a_23541813/

35 000 nouveaux mariages disponibles sur Généalogie Québec

35 000 mariages provenant du Directeur de l’État Civil du Québec sont maintenant disponibles dans les Collections diverses de l’Institut Drouin, un des 15 outils offerts aux abonnés de Généalogie Québec.

Ces mariages, publiés originalement sur le site du Directeur de l’État civil, couvrent les années 2018 et 2019.

Consulter les mariages du DECQ

Afin de consulter ces nouveaux mariages, vous devez vous rendre dans les Collections diverses de l’Institut Drouin et ouvrir le dossier «  31 – Mariages DECQ ».

Dans celui-ci, vous trouverez une liste de dossiers. Les mariages y sont classés en ordre alphabétique selon le nom de famille de l’époux ou de l’épouse.

Par exemple, afin de trouver le mariage d’un ou d’une Nadeau, il suffit de se rendre sous le dossier N et d’y parcourir la liste des mariages qui y sont répertoriés et classés par ordre alphabétique.

Vous pouvez consulter ces mariages ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Communauté et réseaux sociaux

Saviez-vous que l’Institut Drouin est présent sur la majorité des réseaux sociaux? Nous y partageons des photos et des faits historiques, des actes rares et inusités, des documents d’intérêt historique et généalogique, et bien plus! 

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Nos ancêtres esclavagistes, partie 2

Cet article fait suite à celui publié le 7 juillet 2021 et vise à mettre en évidence la présence d’autochtones et de noirs asservis au sein de la population française et anglaise de la vallée Laurentienne.

Source : Création Bernard Duchesne

Un cas bien connu d’un membre de l’élite ayant possédé des esclaves à Montréal est celui de James McGill. Ce grand marchand devenu magistrat et membre du conseil qui constitue le gouvernement de Montréal aura eu au moins cinq esclaves (McGill, 2021), dont Marie-Louise, une esclave noire :

« Le six février mil sept cent quatrevingt neuf, par moi prêtre soussigné, a été inhumé dans le cimetière proche de l’église, le corps de Marie Louise [Noire]appartenant a Mr Mcguil Ecuier Juge à paix, décédée d’hier, a l’Hotel Dieu de St Joseph, âgée de ____ ont été présent les sieur Baron et Duransaux montres soussignés. André Baron  [sic] »

Acte de sépulture de Marie Louise.
Source: Acte 572200, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

La croyance populaire veut que les esclaves du Québec ancien appartenaient surtout aux nobles de la Nouvelle-France. Or, seulement 38% des esclaves étaient asservis par des membres de cette strate sociale selon les informations disponibles aujourd’hui. 31% des esclaves appartenaient aux marchands, puis 31% des personnes asservies étaient sous le joug des membres des strates sociales plus basses, entre autres les voyageurs, les forgerons et les cultivateurs (Dupuis, 2020).

Parmi cette dernière strate de la population, nous retrouvons François Campeau, un forgeron et un esclavagiste de deuxième génération qui a possédé au moins deux esclaves autochtones : Marguerite, décédée à 15 ans, et une anonyme, décédée à 13 ans.

         « Lan mil sept cent trente sept le huit de janvier, je soussigné Jean Bouffandeau pretre du seminaire de (?)ay inhumé dans le cimetière des pauvres le corps de Marguerite sauvagesse âgée d’environ quinze ans ayant appartenant a Francois Campau forgeron décédé hier en la communion de laditte Église Romaine ont été présent led. Campeau et Simon Mongino  [sic] »

Acte de sépulture de Marguerite.
Source: Acte 151707, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Quelles étaient les tâches effectuées par Marguerite chez ce forgeron? Pourquoi vivait-elle dans ce foyer? Il est difficile de répondre à ces questions, mais les archives biographiques nous permettent de spéculer sur son quotidien.

François Campeau, marié en 1698 à Montréal à Marie-Madeleine Brossard, aura un total de 14 enfants. Marie-Madeleine décède en 1729, ce qui pourrait correspondre à l’année d’achat de Marguerite. Nous ne connaissons pas la date d’arrivée de Marguerite en Nouvelle-France, mais nous savons que les esclaves autochtones arrivaient jeunes sur le territoire (Trudel, 2004).

Si c’est le cas, elle serait alors arrivée dans la famille Campeau aux alentours de 8 ans et la maisonnée aurait été composée de François Campeau ainsi que 6 de ses garçons et 3 de ses filles, tous célibataires et âgés de 11 à 30 ans. Il serait donc tout à fait possible que Marguerite, autochtone asservie, effectuait des tâches domestiques dans le ménage pour aider aux besoins de la famille suite au décès de Marie-Madeleine.

Il s’avère que les Campeau deviendront une grande famille esclavagiste. Le père de François Campeau, Étienne Campeau, est le premier d’une lignée de cinq générations de propriétaires d’esclaves. Sans être très riches et issus de professions modestes telles que maçon, charpentier et forgeron, cette famille bâtie un réseau esclavagiste s’étalant de Montréal à Détroit.

La famille Campeau n’est pas un cas isolé. Des recherches biographiques nous ont permis d’en connaître davantage sur les différentes familles esclavagistes, entre autres les familles Demers, Boyer, Hervieux et Parent, qui auront des esclaves pendant au moins trois générations. S’ajoutent les familles riches esclavagistes : les Baby, les Tarieu de Lapérade, les Lemoyne de Longueil, les Lacorne Saint-Luc et les Fleury D’eschambeault, pour ne nommer que celles-ci.

Plaque commémorative d’Olivier Le Jeune, premier esclave et résident africain en Nouvelle-France

On trouve même la trace d’esclaves chez les familles des deux derniers Premiers ministres du Québec : Guillaume Couillard (ancêtre direct de Philippe Couillard), propriétaire d’Olivier Le Jeune, premier esclave noir connu sur le territoire, et Charles Legault Deslauriers père (ancêtre direct de François Legault), propriétaire d’une jeune Panise autochtone décédée à 10 ans :

         « Le cinq aout mil septcent soixante et sept a été inhumé dans le cimetière le corps d’une panise Baptisée décédée d’hier âgée d’une dixaine d’années appartenante a Charles Legault dit deslauriers pere. A été présent jacques perrier led au qui a signé avec moy  [sic] »

Sépulture de la Panise appartenant à Charles Legault.
Source: Acte 368509, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

En conclusion, j’espère avoir démontré avec cet article que les propriétaires d’esclaves n’étaient pas nécessairement bien nantis et appartenaient à des milieux et classes variés. On retrouve en Nouvelle-France des esclaves noirs et autochtones chez plusieurs familles et institutions, dans toutes les strates sociales, ainsi que dans toutes les régions de la vallée Laurentienne, de la Gaspésie à Détroit.

Cathie-Anne Dupuis
MSc Démographie,
Candidate au doctorat en histoire.

BIBLIOGRAPHIE
Dupuis, 2020. Étude comparée de la mortalité des esclaves noirs et des esclaves autochtones du Québec ancien (1632 – 1834), mémoire en démographie, Université de Montréal.
McGill, 2020. Qui était James McGill? James McGill – 1744-1813, [en ligne] URL : https://www.mcgill.ca/about/fr/histoire/jamesmcgill (page consultée le 6 juillet 2021)
Trudel, Marcel, et Micheline D’Allaire. 2004. Deux siècles d’esclavage au Québec. Montréal: Hurtubise HMH.

Nos ancêtres esclavagistes, partie 1

Ma dernière publication, La trace des esclaves dans les registres de la Nouvelle-France, a démontré comment la présence d’esclaves autochtones et noirs sur le territoire du Québec est décelable au travers des archives paroissiales. Cette première étude n’est que le début des découvertes fascinantes à faire sur cette population peu documentée.

Source: Benjamin Henry Latrobe, An Overseer Doing His Duty, 1795, The Maryland Historical Society

Ce nouvel article démontrera que l’esclavage a été omniprésent dans la société canadienne-française, surtout pendant le XVIIIe siècle, et ce dans les différentes classes sociales. En effet, il est commun de penser que la pratique de l’esclavage était exclusive à l’élite de la société. Or, des fermiers, des forgerons, des marchands, des membres du clergé et des gouverneurs ont asservi des autochtones et des noirs.

Les archives paroissiales disponibles sur le site de recherche Généalogie Québec de l’Institut Drouin nous permettent de retrouver les propriétaires d’esclaves chez la noblesse, mais aussi chez les roturiers. Par exemple, les sœurs de la congrégation, membres du clergé, auront possédé un total de cinq esclaves entre 1733 et 1796, dont deux dites Panisses, une Renarde, deux Poutéoutamises ainsi qu’un homme noir nommé Paul Étienne :

          « Le vingt neuf novembre mile sept cent soixante et douze par moy pretre sousigné a eté inhume dans le cimetière proche la poudriere le corps de paul étienne [noir] appartenant au sœur de la Congregation, decedé d’hier a l’hopital âgé d’environ soixante dix ans ont étés presens monsieur fortin et pierre baron bedeau qui ont sousignés [sic] »

Source: Acte 363708, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Paul Étienne a fort probablement été donné ou vendu aux sœurs de la Congrégation en raison de son grand âge qui le rendait inutile à la famille l’ayant asservi. Il a été baptisé seulement 1 an et 2 mois avant son décès; ce sont les seuls éléments de sa vie qui nous sont parvenus.

Le roi de France est régulièrement mentionné dans les archives paroissiales en tant que propriétaire d’esclaves. En effet, nous retrouvons un total de 26 esclaves recensés ayant vécu en Nouvelle-France et ayant appartenu au roi Louis XV. Curieusement, la France tient à l’époque un discours de terre libre n’ayant pas recours à l’esclavage. (Peabody, 1996 : 3). Ainsi, plusieurs Français et Québécois seront étonnés de savoir que leurs ancêtres ont asservi des hommes et des femmes autant sur le territoire du Nouveau-Monde que sur le Vieux continent. (Boulle, 2007).

Parmi les esclaves du roi, nous retrouvons ces deux Panisses inhumées au même moment :

          « Le onze novembre mil sept cent cinquante six a été inhumé dans le cimetière de lhopital general les corps de deux petits panisses appartenant au Roy décédés du jour présents, ondoyés dans la sale. A été présent Mr Curatteau ecclisiastique qui a signé [sic] »

Source: Acte 303757, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Nous ne connaissons ni l’âge ni le nom de ces deux jeunes panisses; elles ont perdu leurs voix. Celles-ci auraient probablement effectué des tâches domestiques pour l’hôpital ou auraient occupé un autre emploi servant le bien de la population et du roi. Nous ne pouvons que spéculer sur leur situation.

Après une condamnation à mort pour tentative de fuite en Martinique, l’esclave noir Mathieu Léveillé se voit offrir la possibilité d’éviter sa sentence à condition de migrer vers le Canada et d’y devenir maître des hautes œuvres de la société sous le roi de France. Ce travail consistait à effectuer l’exécution des condamnés à mort ainsi que les tortures. Il fut d’ailleurs le tortionnaire de Marie-Josèphe-Angélique, une esclave noire accusée d’avoir mis feu à la ville de Montréal. Il meurt 10 ans après son arrivée sur le territoire, durant lesquelles il est hospitalisé 11 fois. Cet esclave au destin tragique aura fui une mort certaine en Martinique pour venir imposer la peine de mort aux criminels de la Nouvelle-France.

          « Le dixieme Septembre mil sept cent quarante trois a été enterré dans le cimetière de l’hôtel Dieu de quebec le corps de mathieu [noir] maitre des hautes œuvres mort le jour précédent âgé d’environ trente quatre ans et muni des sacrements de penitence et d’extreme onction ont été présente Jean Baptiste le fort devilleneuve et Louis rose dit Belle fleur lesquels ont signé avec nous [sic] »

Source: Acte 169488, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

La première partie de cet article a permis de montrer que l’asservissement d’autochtones et de noirs était largement accepté dans la société, même si cela n’était pas la norme en France. Dans la seconde partie de cet article, nous ferons l’observation d’esclaves vivant dans des foyers de la population roturière.

Cathie-Anne Dupuis,
MSc Démographie,
Candidate au doctorat en histoire.

BILBIOGRAPHIE 
Boulle, Pierre H. 2007. Race et esclavage dans la France de l’Ancien Régime. Paris, France: Perrin.
Peabody, Sue. 1996. « There are no slaves in France » : the political culture of race and slavery in the Ancien Régime. New York ; Oxford: Oxford University Press.

Service de numérisation Micromatt-IGD

L’Institut généalogique Drouin, en collaboration avec son partenaire Micromatt, vous offre un service de numérisation adapté à vos besoins et exigences en tenant compte de vos contraintes budgétaires.

Depuis 1972, Micromatt propose une gamme étendue de produits et de services reliés aux microfilms et à la gestion électronique de documents. Sa réputation est bâtie sur une approche personnalisée tenant compte des besoins et exigences de ses clients, des possibilités offertes par la technologie actuelle mais aussi des réalités budgétaires.

En plus de la numérisation de documents administratifs courants, Micromatt dispose de l’équipement et de l’expertise pour numériser des plans et dessins techniques, des livres et documents reliés, même anciens et fragiles, des microfilms sous forme de bobines, de microfiches ou cartes à fenêtre. Micromatt peut même numériser, à très haute résolution, des œuvres d’art de grande dimension.

De son côté, l’Institut généalogique Drouin se spécialise dans le partage et la préservation du patrimoine historique et généalogique du Québec. De nos jours, cette préservation passe par la numérisation des centaines de millions de documents qui résident, souvent dans l’oublie, dans les nombreuses bibliothèques, sociétés et autres institutions de la province.

De là est née la collaboration Micromatt-IGD, qui vise à vous offrir un service de numérisation de haute qualité accompagné d’offres uniques rendues possibles par la commercialisation d’archives historiques et généalogiques réalisée par l’Institut Drouin.


NUMÉRISATION DE PLANS

Vos documents de grand format, en noir ou en couleurs, peuvent être convertis en fichiers numériques plus pratiques à conserver, transporter et consulter, même sur vos plates-formes mobiles. Micromatt peut ainsi numériser vos plans, dessins techniques, cartes géographiques et autres documents de grande dimension jusqu’à une largeur de 48 pouces, utilisant même un traitement d’image avancé pour en améliorer la lisibilité.


NUMÉRISATION DE DOCUMENTS ADMINISTRATIFS

Micromatt peut prendre en charge la numérisation de vos documents d’affaires courants tels que vos contrats, factures, documents de ressources humaines, dossiers d’événements et de recherche etc.

En plus d’une économie d’espace évidente, les documents numériques ainsi produits peuvent être consultés et partagés sans déplacement des personnes, conservés à plusieurs endroits et sécurisés pour en contrôler l’accès.

Alors que le microfilm répondait à un besoin d’archives à long terme, la numérisation peut s’appliquer aux documents courants auxquels vous devez accéder tous les jours.


NUMÉRISATION DE MICROFORMES

Si la conservation sécuritaire des documents en microfilms a maintenant fait place à la numérisation, il demeure une très grande quantité de microfilms et microfiches produits antérieurement dont nous pouvons aussi extraire des fichiers numériques indexés pour les rendre accessibles et plus faciles à consulter et partager.

NUMÉRISATION DE LIVRES

Vous pouvez désormais assurer la pérennité de vos livres anciens et précieux, même fragiles, en nous confiant la numérisation de vos documents reliés de toutes tailles. À l’aide de scanners hautement spécialisés, assurant la capture de pages sans contraintes physiques ni éclairage dommageable, nos opérateurs pourront extraire des images de haute qualité permettant même une recherche plein texte. Vous pourrez alors donner accès à ces documents rares à tous vos visiteurs!

NUMÉRISATION D’ARCHIVES HISTORIQUES ET GÉNÉALOGIQUES

Au cours des 20 dernières années, Micromatt a numérisé plus de 20 millions de documents historiques pour l’Institut généalogique Drouin, et a développé une expertise inégalée dans la numérisation de documents anciens de tous formats et types.

De plus, Micromatt offre gratuitement un service de reconnaissance optique de caractère (OCR), produisant ainsi un index détaillé des documents numérisés vous permettant d’y effectuer des recherches.

Numérisez deux fois plus de vos archives historiques en gardant le même budget!


Grâce à une collaboration avec l’Institut généalogique Drouin, vous avez l’opportunité de doubler votre capacité de numérisation sans affecter votre budget!

Le concept est simple: l’Institut Drouin subventionne 50% des frais encourus par la numérisation de vos archives et donne une seconde vie à ces documents numérisés en les rendant disponibles sur son site web GenealogieQuebec.com. Les documents numérisés sur Généalogie Québec seront utilisés par ses membres afin de découvrir et retracer l’histoire de leur famille dans la province.

Nous nous intéressons principalement aux types d’archives suivantes:

  • Listes électorales
  • Recensements
  • Registres de naissance, mariage et décès
  • Avis de décès
  • Fiches de baptême, mariage et sépulture
  • Photos de pierres tombales
  • Annuaires
  • Rôles d’évaluation municipaux (Liste des propriétaires de terrains)
  • Cartes mortuaires
  • Photos de mariages (avec noms)
  • Cartes postales
  • Journaux
  • Albums de finissants
  • Registres de pensionnats (Adoption, crèches, hospices, orphelinats, écoles, couvents)
  • Autres documents historiques à haute densité de noms

Contactez-nous afin de nous soumettre votre projet!


Prêt à démarrer votre projet de numérisation ou vous avez une question sur nos services?

Téléphone: (514) 931-7508

Courriel: micromatt@institutdrouin.com

Ou venez nous visiter!

1170, rue Beaulac , Saint-Laurent, QC H4R 1R7