Les registres paroissiaux témoins de l’histoire : L’épidémie de choléra de 1832-1834

 

Les maladies contagieuses ont frappé à plusieurs reprises le Québec depuis le 17e siècle. Les épidémies apportent certes leur lot de décès, mais elles font évoluer à chaque fois les mesures sanitaires et les croyances. Cet article raconte, par l’entremise des journaux d’époque et des actes paroissiaux, l’histoire de l’épidémie de choléra qui frappe le Québec en 1832, puis dans une moindre mesure en 1834. Les documents utilisés dans cet article proviennent de PRDH-IGD.com ainsi que des Collections diverses de l’Institut Drouin et du LAFRANCE, disponibles sur GenealogieQuebec.com.

Le choléra à Quebec – Joseph Légaré

Nommée indifféremment choléra asiatique, morbus ou spasmodique, la maladie, originalement limitée à l’Asie, se répand au cours du 19e siècle dans le monde occidental par l’entremise d’une série de pandémies. Partie de l’Inde vers 1826, la deuxième pandémie de choléra gagne les Îles Britanniques en février 1832. Les immigrants irlandais sont responsables de l’introduction de cette maladie infectieuse au Bas-Canada. Elle y fait des ravages et constitue la première épidémie de grande envergure au Québec.

C’est en février 1832, en prévision de l’arrivée du choléra, qu’est créé le poste de quarantaine de Grosse-Île, qui accueille les immigrants avant de leur permettre l’accès au port de Québec. L’île, située une cinquantaine de kilomètres avant Québec, est aujourd’hui un lieu historique national.

Québec est le premier foyer de l’épidémie en Amérique. Le 4 juin, le Quebec Gazette annonce l’arrivée imminente du Carricks à la station de Grosse-Île :

« Capt. Park de l’Astrea, arrivé hier, a communiqué avec le Carricks, [capitaine] Hudson, de Dublin, à Grosse Isle samedi [2 juin 1832]. Le Carricks a perdu 42 passagers, son charpentier et un garçon [d’équipage] d’une maladie inconnue. Le reste des passagers et de l’équipage sont maintenant en bonne santé. »

Source: The Quebec Gazette, 4 juin 1832. Image QG_13_0020, Collections diverses de l’Institut Drouin (23 – Journaux anciens/The Quebec Gazette/1832/06), GenealogieQuebec.com

Il est pourtant déjà connu en Amérique que cette « maladie inconnue », le choléra, fait des ravages en Europe, et les journaux suivent la situation de près. Pour ne pas alerter la population, le surlendemain, le Quebec Gazette .écrit:

« Des rumeurs circulent de façon très générale comme quoi le choléra morbus a atteint la station de quarantaine, etc. Il est nécessaire de réitérer que, jusqu’à ce qu’une annonce officielle soit faite à ce sujet, elles sont à rejeter entièrement. »

Source: The Quebec Gazette, 6 juin 1832. Image QG_13_0021, Collections diverses de l’Institut Drouin (23 – Journaux anciens/The Quebec Gazette/1832/06), GenealogieQuebec.com

Les autorités officielles, par l’entremise du nouvellement créé Bureau de santé, confirment que « [l]a rumeur selon laquelle il y aurait à la station des personnes malades du choléra est entièrement sans fondement. »

Source: The Quebec Gazette, 8 juin 1832. Image QG_13_0022, Collections diverses de l’Institut Drouin (23 – Journaux anciens/The Quebec Gazette/1832/07), GenealogieQuebec.com

 

Elles indiquent que le Carricks subit les procédures de désinfection et sont confiantes que le choléra n’atteindra pas le Canada. Cette conviction est fondée sur une opinion favorable de la situation sanitaire du peuple canadien :

« Il a été trouvé dans toutes les parties du monde que le cholera spasmodique envahit et détruit uniformément, à la vitesse de l’éclair, ceux qui s’adonnent aux boissons fermentées, et à l’intempérance de toute sorte, – ceux qui sont dissolus – fainéants – sales – deviennent ses victimes, alors que ceux qui sont propres, tempérés et industrieux y échappent.

Ceci est un élément de consolation et d’espoir, surtout pour un peuple qui, comme les Canadiens, dans les districts ruraux en particulier, se distinguent par leur sobriété, leur industrie et leur propreté; et qui, de surcroît, puisqu’ils sont exempts des maux de l’extrême pauvreté, sont proportionnellement protégés des attaques les plus sévères de la maladie.

Si le choléra spasmodique devait donc apparaître dans un tel peuple, il serait probablement très limité dans son étendue, et atténué dans sa sévérité. »

Source: The Quebec Gazette, 11 juin 1832. Image QG_13_0023, Collections diverses de l’Institut Drouin (23 – Journaux anciens/The Quebec Gazette/1832/07), GenealogieQuebec.com

 

En effet, le choléra est le plus meurtrier dans les quartiers populaires. La contagion est favorisée par la forte densité de population et les mauvaises pratiques d’hygiène. Contrairement aux projections du Bureau de santé, le tableau suivant, publié le 2 juillet 1832 dans le Quebec Gazette, soit un mois après l’arrivée du Carricks, montre l’évolution rapide des cas de choléra dans les hôpitaux de la capitale. L’absence de mesures strictes pour contenir la maladie permet au choléra d’atteindre Montréal, qui sera aussi frappée de plein fouet.

Source: The Quebec Gazette, 4 juillet 1832. Image QG_13_0036, Collections diverses de l’Institut Drouin (23 – Journaux anciens/The Quebec Gazette/1832/07), GenealogieQuebec.com

Parmi les milieux les plus à risque, l’insalubrité et la promiscuité des prisons les rendent particulièrement vulnérables au développement de l’épidémie. Le 17 juin 1832, deux semaines seulement après l’arrivée du Carricks à Grosse-Île, sont inhumés à Montréal « deux hommes de noms inconnus, morts du Choléra morbus dans la prison de cette ville ».

Acte 4213784, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Néanmoins, la haute société n’est pas épargnée. L’acte suivant consigne le 2 juillet à Beauport le décès du choléra de Marie Louise Fleury De La Gorgendière, veuve de l’Honorable Louis Antoine Juchereau Duchesnay, seigneur de Beauport et homme politique et militaire.

Acte 3255441, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Les comptes-rendus de l’époque indiquent que le choléra peut agir de façon foudroyante : il n’est pas rare qu’un individu d’apparence saine le matin décède dans la journée de déshydratation rapide causée par des diarrhées extrêmes. Cette réalité est reflétée dans les actes paroissiaux : le suivant révèle qu’Angélique Angers est morte le 8 août à Neuville « du choléra après dix heures de maladie ».

Acte 436060, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Le cimetière Saint-Louis de Québec, installé au coin de la Grande Allée et de l’avenue De Salaberry, est ouvert en 1832 pour accueillir les victimes du choléra. Il prend rapidement le surnom de cimetière des Cholériques et accueillera notamment jusqu’en 1855 les morts du choléra et du typhus.

Les décès s’accumulent à un tel point que les prêtres ont de plus en plus recours aux sépultures de masse. En voici la première occurrence :

« Le treize Juin, mil-huit-cent-trente-deux, nous Diacre de ce Diocèse, soussigné, par l’autorisation spéciale de l’Evêque de Québec, avons inhumé dans le Cimetière Saint Louis, cinquante-quatre individus, dont nous n’avons pu nous procurer les noms tous décédés du Choléra-Asiatique à l’Hôpital des Emigrés, et de professions et d’âges à nous inconnus. »

Acte 4341082, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Si les deux grandes villes du Québec connaissent chacune quelques milliers de décès, la contagion étant évidemment favorisée par la densité et les mouvements de population, le choléra sévit aussi dans les campagnes. Penchons-nous par exemple sur le cas de cette famille de La Prairie : Félicité Denault et sa fille nouvellement mariée Émilie Chabot s’éteignent toutes deux le 23 juin 1832. Trois jours passent avant que leur mari et père Louis Chabot ne les rejoigne dans la tombe. Cette famille avait déjà été durement frappée par la mortalité juvénile, qui avait emporté au moins sept de leurs douze enfants.

Fiche de famille 82097, PRDH-IGD.com

Fiches d’individu 237279 et 250275, PRDH-IGD.com

Les registres montrent aussi que l’épidémie voyage au-delà des frontières canadiennes par l’entremise des fréquents va-et-vient des Canadiens français émigrés dans le nord des États-Unis. Le curé de Marieville, en Montérégie, enregistre en février 1833 le décès d’Édouard Bérard, 11 ans, « décédé le vingt quatre août dernier à Franklin, comté de Franklin État de Vermont du colera n’ayant pu le rendre plutôt ». Les registres montrent en effet que le dernier-né de la famille, Marcel, né à Franklin, avait été baptisé à Marieville le 13 juin 1832. Les circonstances portent à croire que c’est à l’occasion de ce voyage familial que la contagion aurait atteint le jeune Édouard.

Acte 4522160, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

L’épidémie connaît une seconde vague en 1834, qui sera néanmoins beaucoup moins meurtrière que la première. C’est à cette occasion que les registres de St-Luc-de-la-Grosse-Île s’ouvrent et commencent à consigner baptêmes, mariages, mais surtout sépultures des Irlandais cholériques en quarantaine sur l’île.

« Le présent registre contenant dix-huit feuillets, celui-ci compris, a été par nous l’un des Juges de la Cour du Banc du Roi pour le district de Québec, soussigné cotté et paraphé par chaque feuillet, pour servir à l’enregistrement des actes de Baptêmes, Mariages et Sépultures, qui se feront à la Station de Quarantaine établie à la Grosse-Isle, la dite isle dépendante de la desserte de St. Antoine de l’Isle aux Grues.

            Québec, 24 mai 1834. »

Image d1p_10090097, Registres du Fonds Drouin (/Québec/Fonds Drouin/G/Grosse-Île/Grosse-Île (St-Luc)/1830/1834/), GenealogieQuebec.com

Le choléra reviendra au Québec dans le cadre de la troisième pandémie en 1849 et en 1854. Cet épisode sombre cache son lot d’histoires tragiques, mais a permis d’innover en termes de mesures de santé publique, notamment par la création du poste de quarantaine de Grosse-Île et du Bureau de santé. Le savoir et les compétences acquis durant cette période seront précieux dans la gestion des épidémies subséquentes.

 

Marielle Côté-Gendreau
Étudiante et collaboratrice au Programme de recherche en démographie historique (PRDH) de l’Université de Montréal.

Les registres paroissiaux témoins de l’histoire : La guerre de Sept Ans, Partie 2

La guerre de Sept Ans (1756-1763) a marqué un tournant dans l’histoire de la Nouvelle-France, qui change alors de mains. La première partie de cet article narrait, par l’entremise des registres paroissiaux de l’Église catholique, les événements qui ont mené à l’assaut de la ville de Québec par les troupes britanniques et leurs impacts sur la population de la Nouvelle-France.

Nous reprenons l’histoire en septembre 1759, à l’occasion de la bataille des Plaines d’Abraham. Après un débarquement réussi à l’Anse-au-Foulon, à l’ouest de Québec, les troupes britanniques accèdent aux hauteurs de Québec, où elles s’installent sur les Plaines d’Abraham. Le conflit atteint alors son apogée.


Cette gravure de 1797 est basée sur une esquisse exécutée par Hervey Smyth, aide-de-camp du général Wolfe durant le siège de Québec. Vue de la prise de Québec, le 13 septembre 1759.

L’affrontement se solde par une victoire britannique et le décès des deux commandants ennemis, les généraux Montcalm et Wolfe. La sépulture de Montcalm est effectivement enregistrée dans les livres de Notre-Dame-de-Québec, avec tous les honneurs dus à son rang :

« a été inhumé dans l’Eglise des Religieuses ursulines de Québec haut et puissant Seigneur Louis-Joseph Marquis de Moncalm Lieutenant Général des armées du Roy, Commandeur de l’ordre Royal et militaire de St Louis, Commandant en chef des troupes de terre en l’Amérique Septentrionale décédé le même jour de ses blessures au combat de la veille, muni des sacrements qu’il a reçus avec beaucoup de piété et de Religion »


Source: Acte 253561, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Les titres de noblesses côtoient dans ces registres les descriptions les plus anonymes. On y trouve par exemple cette curieuse sépulture d’un soldat inconnu.

« un soldat français dont je n’ai pu savoir le nom ni le régiment, tout ce qu’une personne a pu m’en dire, c’est qu’avant sa maladie il portait la perruque, et qu’ayant été blessé au combat du treize de ce mois, il avait été embarqué sur un navire Anglais où il est mort en rade. »


Source: Acte 253571, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

On tend toutefois à oublier que ce n’est pas sur les Plaines d’Abraham que se joue l’ultime manche de ce bras de fer entre les Britanniques et les Français. Alors que Québec est occupée, les commandants français demandent au roi des renforts pour assurer la reconquête de la ville au printemps. Le 28 avril 1760 se déroule la bataille de Sainte-Foy, remportée par les Français contre une armée britannique diminuée par les rigueurs de l’hiver, occasionnant des pertes importantes dans les deux camps.


Source: Acte 256530, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com


Liste des décès répertoriés à l’Hopital général de Québec après la bataille de Sainte-Foy. Source: Recherche dans le LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Cependant, les renforts espérés par les Français n’arriveront jamais et le premier navire à atteindre Québec à la fonte des glaces est anglais. Les Français sont forcés de retraiter vers Montréal, où est signée la capitulation le 8 septembre 1760. Le traité de Paris de 1763, qui met un terme à la guerre de Sept Ans, officialise l’abandon de la Nouvelle-France à la Grande-Bretagne.

Les traces de la guerre de Sept Ans dans les registres paroissiaux ne sont toutefois pas toutes aussi morbides. La cohabitation entre les militaires de l’armée britannique et la population locale occasionne aussi de nouveaux baptêmes et mariages. Le baptême suivant, daté du 21 novembre 1760, est celui de Guillaume, « anglais dont le père et la mère sont inconnus », une formule standard pour les enfants illégitimes.


Source: Acte 248004, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Dans un autre acte, daté du 12 juin 1761, est baptisée une autre fillette « née de parents inconnus ».


Source: Acte 248097, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

On apprend cependant au mariage de ses parents en 1765 que cette petite Élisabeth est née d’un père suisse servant dans les troupes britanniques et d’une mère canadienne.


Source: Acte 250388, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Des registres paroissiaux surgissent donc les premiers indices des transformations et bouleversements qui marqueront la population canadienne à l’aube d’une nouvelle ère. La guerre a certes causé la mort de nombreux jeunes gens, mais elle apporte aussi sur les rives du Saint-Laurent de nouveaux habitants. Pouvez-vous aussi discerner, dans votre propre histoire familiale, les conséquences de la Conquête?

Marielle Côté-Gendreau

Les registres paroissiaux témoins de l’histoire : La guerre de Sept Ans, Partie 1

Les conflits opposant les colonies françaises d’Amérique du Nord aux Britanniques, puis aux Américains, ont forgé leur destin. Les traces de ces conflits sont toujours perceptibles dans les registres paroissiaux, une véritable constante à travers des siècles de changements. Cet article est le premier d’une série ayant pour objectif d’illustrer la puissance historiographique des registres paroissiaux à l’aide de l’outil LAFRANCE de GenealogieQuebec.com et de PRDH-IGD.com.

La guerre de Sept Ans (1756-1763), qui se solde au Québec par la Conquête, bouleverse la jeune colonie alors que la Nouvelle-France devient britannique. Cependant, en dépit des troubles, les prêtres continuent de consigner dans les registres paroissiaux les moments marquants des vies de leurs paroissiens. Ces actes, qui font la richesse de la généalogie canadienne-française, recèlent aussi un trésor historique en révélant l’impact de la guerre sur la population de la vallée du Saint-Laurent.


Source: Wikicommons, https://commons.wikimedia.org/wiki/File:French_and_indian_war_map.svg

Dès 1755 sont envoyés en Amérique des régiments militaires en provenance de France pour soutenir le Canada devant la menace britannique alors que les hostilités s’intensifient. La présence de ces soldats en sol américain ne passe pas inaperçue : tout au long de la guerre de Sept Ans, nombre de décès, mais aussi de mariages, sont enregistrés dans les registres paroissiaux. En effet, certains font le choix de s’établir au Québec de façon permanente et constituent le dernier apport migratoire à la population canadienne sous le régime français. L’acte suivant célèbre le mariage, le 11 février 1759 à Charlesbourg, de « jean Schoumarcker dit prêtaboire soldat de la compagnie de la Brenne au régiment de Berry […] et de marie joseph richard ».


Source: Acte 261291, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Ces soldats sont généralement bien identifiés dans les actes, par leur nom et par leur régiment. À quelques exceptions près : au mois de février 1756, quelques mois après son arrivée, un « jeune soldat du Regiment de Languedoc » se noie dans les eaux du Richelieu. Le prêtre omet son nom mais note que son capitaine, le Sieur Guyon, a pu attester de sa catholicité!


Source: Acte 324752, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Les nations amérindiennes jouent aussi un rôle prépondérant dans cette guerre, d’où son nom anglais de French and Indian War. Cet acte en fait foi : on y apprend le décès à l’été 1758 de Jean-Baptiste, « sauvage micquemaque », au Fort Saint-Jean, à Saint-Jean-sur-Richelieu, au retour d’un « combat donné contre les anglais » au Fort Carillon, au sud du lac Champlain dans l’actuel État de New York.


Source: Acte 325976, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

La menace britannique en Nouvelle-France se fait inquiétante à l’été 1759, alors que l’ennemi remonte le fleuve Saint-Laurent avec l’objectif de prendre Québec. Le 31 juillet, après deux semaines de bombardements, se déroule le premier affrontement pour Québec, la bataille de Montmorency (ou de Beauport), qui se conclue à l’avantage des Français.

Le mois d’août est marqué par une campagne de terreur de la part des Britanniques, qui saccagent les villages de la côte dans l’espoir de forcer l’armée française à quitter la protection des murs de Québec. Baie-Saint-Paul fait les frais de ces attaques : le curé note le décès de Charles Desmeules, « tué et la chevelure levée […] a la pointe d’aulne par les anglais ou ils firent descente et brulerent tout le bas de la baie st paul », mais aussi ceux de « plusieurs enfants morts dans le temps que nous étions dans les bois, réfugiés », alors que « les Anglais étaient à l’Isle aux coudres et a quebec ».


Source: Acte 201896, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Saint-Joachim perd son curé, « massacré par les anglais le 23 de ce mois etant a la tete de sa paroisse pour la deffendre des incursions et hostilites que faisait l’ennemi ».


Source: Acte 235388, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

De part et d’autre du fleuve Saint-Laurent, les registres paroissiaux traduisent l’urgence de la situation : enterrés en hâte et « sans cérémonie à cause des anglais », plusieurs corps sont exhumés et inhumés de nouveau après la fin des conflits.


Source: Acte 205287, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Le conflit atteint son apogée en septembre 1759, à l’occasion de la bataille des Plaines d’Abraham. L’armée britannique, l’armée française, les guerriers amérindiens et la milice canadienne, formée d’habitants, s’affronteront près de Québec pour la possession de la ville. Cette bataille et les événements subséquents seront abordés dans la seconde partie de cet article.

 

Marielle Côté-Gendreau

De Pascal à Noël : L’influence du calendrier sur les prénoms de vos ancêtres

Au Canada français, le calendrier religieux rythme la vie quotidienne jusqu’au 20e siècle. Cette influence est aussi perceptible dans le choix des prénoms donnés aux enfants.

L’ensemble des baptêmes enregistrés au Québec entre 1621 et 1849, disponibles sur PRDH-IGD, permettent de rendre compte de ce phénomène. Les Noël, Noëlla et autres Marie-Noëlle du 25 décembre en sont l’exemple le plus connu. Nous nous sommes livrés à un exercice original, celui de partir sur les traces des fêtes religieuses et autres événements saisonniers du Canada français par l’entremise du répertoire des baptêmes.

L’année commence avec un prénom fort approprié : sans grande surprise, la moitié des Janvier nés entre 1621 et 1849 sont baptisés en janvier. La fête des Rois, ou Épiphanie, laisse aussi sa marque sur le calendrier des naissances, alors que 22% des Épiphane et Épiphanie sont baptisés dans les deux jours précédant ou suivant le 6 janvier.


Une recherche pour Épiphane / Épiphanie sur PRDH-IGD.com, avec les baptêmes de début janvier en évidence.

Le carême, qui s’étend du Mercredi des Cendres au jour de Pâques, et le temps pascal, qui dure ensuite jusqu’à la Pentecôte, revêtent une grande importance dans le calendrier catholique. Conséquemment, 43% des Pascal sont nés en mars ou en avril. La coutume veut qu’on ne se marie pas durant le carême; une exception est habituellement justifiée par une dispense du temps prohibé, accordée par l’évêque.

L’analyse des baptêmes canadiens-français permet de mettre en évidence certains changements dans le calendrier catholique. Par exemple, la Saint-Benoît est, depuis le concile de Vatican II (1962-1965), fêtée le 11 juillet. Or, c’est bien le 21 mars que Benoît de Nursie est célébré au Canada français, alors que 21% des Benoît sont baptisés dans les deux jours précédant ou suivant cette date.

L’effet est même perceptible pour des prénoms très communs, comme Jean-Baptiste, qui rappelle celui qui est le patron des Canadiens français depuis 1908. Cependant, les célébrations de la Saint-Jean-Baptiste, qui coïncident avec le solstice d’été, sont beaucoup plus anciennes. Les Relations des Jésuites rapportent un feu de la Saint-Jean dès le soir du 23 juin 1636. Cette fête a une portée nationale depuis au moins le 19e siècle. C’est le 24 juin 1834 que le chant patriotique Ô Canada! Mon pays, mes amours est présenté pour la première fois. Il ne doit pas être confondu avec le Ô Canada, composé à l’occasion de la Saint-Jean-Baptiste de 1880. L’actuel hymne national célébrait alors le peuple canadien-français, qui grandit « sous l’œil de Dieu, près du fleuve géant ». Malgré que Jean-Baptiste soit un prénom très commun à l’année longue, on observe un pic dans les jours entourant le 24 juin.

Une découverte plus surprenante est la concentration des Augustin au mois d’août. Cette pratique, qui n’est pas d’origine religieuse, tient plutôt au lien étymologique entre août et Augustin, les deux dérivant du latin augustus. 12% des Augustin de l’année naissent pendant ce mois. Cette proportion monte à plus de 22% dans l’élite canadienne-française, qui regroupe par exemple les seigneurs, les avocats, les notaires ou les marchands. Le statut social est tiré du métier du père, généralement indiqué dans les actes de baptême. Cette information, lorsque fournie, est souvent disponible dans les fiches d’actes consultables sur PRDH-IGD (Qu’est-ce que PRDH-IGD?).


Fiche de baptême PRDH-IGD d’un Augustin né en août d’un père juge de profession 

La Toussaint, célébrée le 1er novembre, commémore, comme son nom le laisse deviner, l’ensemble des saints. Les cinq jours l’entourant rassemblent près du tiers des 4279 Toussaint répertoriés entre 1621 et 1849. L’influence du calendrier religieux sur les prénoms n’est pas spécifique au Canada français : on l’observe aussi chez les pionniers français. Par exemple, Toussaint Giroux, dont descendent la plupart des Giroux d’Amérique, est baptisé le 2 novembre 1633 à Réveillon, dans le Perche.


Fiche d’individu PRDH-IGD de Toussaint Giroux.

La Toussaint pave la voie pour plusieurs célébrations pendant les mois de novembre et décembre, d’autant plus importantes qu’elles marquent la fin des activités agricoles.

Martin est un autre prénom d’une relative popularité qui attire à sa fête une proportion importante des naissances : 21%. La Saint-Martin, célébrée le 11 novembre, est en effet un jour important tant dans le calendrier religieux qu’agricole. Le prêtre et historien Lionel Groulx aborde dans Chez nos ancêtres (1920) la bien nommée criée de la Saint-Martin : alors que les récoltes sont finies, le seigneur accepte de ses censitaires les redevances dues. La réception, tenue au manoir seigneuriale, est décrite par Philippe Aubert de Gaspé dans Les anciens Canadiens, connu comme l’un des premiers romans québécois.

À l’instar de Jean-Baptiste, le commun Catherine est influencé par la fête de sa patronne : plus de 5% des naissances se groupent autour du 25 novembre, une fête religieuse et culturelle importante depuis la Nouvelle-France. La fameuse tire de la Sainte-Catherine, qu’on attribue à sainte Marguerite Bourgeoys, dont on connaît le rôle proéminent dans la fondation de Montréal, est une tradition culinaire canadienne-française qui perdure jusqu’aujourd’hui.

Noël et ses dérivés sont l’archétype du prénom calendaire : près de 40% des 3395 baptêmes sont concentrés dans les 5 jours entourant le 25 décembre. L’année s’achève avec la Saint-Sylvestre, jour du réveillon du Nouvel An, autour de laquelle naissent 43% de tous les Sylvestre québécois de l’époque.

Proportion de baptêmes à proximité de la date associée à quelques prénoms dans les actes de baptêmes disponibles sur PRDH-IGD.com

 

Prénom Jour associé Pourcentage de baptêmes dans un intervalle de cinq jours (%) * Nombre de baptêmes
Janvier Janvier 49,3 452
Épiphan(i)e 6 janvier 22,0 162
Agathe 5 février 5,4 3 541
Scholastique 10 février 6,0 2 741
Valentin 14 février 29,3 165
Patrice 17 mars 22,8 631
Patrick 6,5 1 981
Benoît 21 mars 21,1 690
Pascal Mars et avril 43,2 2 558
(Jean) Baptiste 24 juin 2,9 53 506
Augustin Août 12,0 11 371
Michel(le) 29 septembre 10,0 17 310
Rémi 1er octobre 7,2 1 445
Thérèse 15 octobre 3,1 9 222
Ursule 21 octobre 3,9 4 499
Toussaint 1er novembre 29,9 4 279
Martin 11 novembre 21,3 1 255
Cécile 22 novembre 6,5 3 444
Catherine 25 novembre 5,4 20 718
André 30 novembre 4,0 7 645
(François) Xavier 3 décembre 4,1 17 019
Noël et dérivés 25 décembre 38,9 3 395
Étienne 26 décembre 6,2 9 088
Sylvestre 31 décembre 42,6 295

* Dans le cas des prénoms référant à un mois, le nombre présent dans cette colonne indique le pourcentage de baptêmes célébrés dans ce mois.

Cet exercice, réalisé à partir des données exceptionnellement bien conservées des Registres du Fonds Drouin indexées sur Généalogie Québec et PRDH-IGD, met en lumière l’influence du calendrier, notamment le calendrier religieux, sur les prénoms donnés. En portant une attention renouvelée au lien entre le prénom et la date de naissance ou de baptême, vous serez probablement en mesure de donner vous aussi un sens aux prénoms de certains de vos ancêtres.

Marielle Côté-Gendreau

Comprendre la variation linguistique dans les noms et prénoms de vos ancêtres

Vos recherches généalogiques vous ont peut-être donné l’impression que vos ancêtres changeaient de noms et de prénoms comme de chemise. Le concept des « noms dit », abordé dans un précédent article de blog, éclaire une partie de cette variation parfois obscure aux yeux d’un observateur du 21e siècle.

Si le baptême a constitué pendant quatre siècles la pierre angulaire de l’existence civile au Canada français, cette identité était jusqu’au début du siècle dernier beaucoup moins contraignante qu’aujourd’hui. Il n’était donc pas inhabituel d’observer une certaine variation dans les noms et prénoms utilisés par un individu au cours de sa vie, phénomène favorisé par l’instabilité orthographique des noms propres, un système d’enregistrement civil moins restrictif et l’analphabétisme.

Sous la lumière de la linguistique, cet article abordera quelques astuces à garder en tête afin de retracer toutes les occurrences de vos ancêtres dans les archives.

Ne pas se fier à l’orthographe

Ce conseil peut paraître anodin pour le généalogiste averti, mais il convient de le rappeler. Par exemple, l’ancêtre des Hétu actuels signait son nom Estur. Le ‹ s › ainsi que le ‹ r ›, qui ne se prononçaient plus, constituaient des reliques orthographiques, comme il en existe tant en français. Le ‹ h › est une lettre ornementale, ajoutée au fil des ans.

Il ne faut pas non plus systématiquement attribuer la variation orthographique à l’analphabétisme. L’exemple des Hénault est parlant. Quatre membres d’une famille de notables éduqués apposaient en 1816 leur signature au bas de l’acte de mariage d’Honoré Hénault et Julienne Mailloux, orthographiant leur nom de trois manières différentes : Hénault, Heneault et Eno. Le prêtre a choisi quant à lui une variante désaccentuée avec Henault.

Acte de mariage d’Honoré Henault et Julienne Mailloux tiré de l’outil LAFRANCE de GenealogieQuebec.com

Avant la fixation des noms propres, leur graphie relevait, dans une certaine mesure, du goût du porteur du nom, du prêtre ou du notaire.

Garder en tête que la langue change

La plupart des Dion d’aujourd’hui sont des descendants patronymiques de Jean Guyon. Comment est-ce possible? Notons d’abord que Guyon se prononce Gui-yon et non Gü-yon. De nos jours, le ‹ g › dur s’articule à l’arrière du palais, et le ‹ d › s’articule derrière les incisives supérieures. Cependant, par le passé, le ‹ g ›, lorsque suivi par une voyelle prononcée à l’avant de la bouche, comme le ‹ i ›, tendait à se déplacer vers l’avant. Ce processus linguistique a induit un glissement de Guyon à Dion.

Guyot, qui, comme Guyon, dérive du prénom Guy, a vécu une transformation parallèle en donnant naissance à Diotte. Certains noms ont cependant parcouru le chemin inverse : Pierre Andiran est l’ancêtre de tous les Languirand.

De la même façon, les Chiasson et Giasson partagent la même souche. Seule la vibration des cordes vocales en début de mot sépare ces deux noms. En l’absence d’une orthographe fixée, cette caractéristique phonétique était susceptible de fluctuer selon les régions, les époques et les individus. Ainsi, à l’instar de Guyon et Dion, il faut voir en cette paire de noms les deux faces d’une même pièce.

Les voyelles ont aussi été affectées par des changements linguistiques. Peut-être serez-vous surpris d’apprendre que les Harvey du Québec n’ont pas, pour la plupart, hérité leur nom d’un immigrant anglo-saxon. Leur nom est plutôt issu d’une transformation vocalique du nom Hervé.

Être à l’affût de sons effacés ou ajoutés

L’absence d’une norme orthographique stricte en ce qui concerne les noms propres favorise la variation orale. C’est donc tout naturellement que certains sons et syllabes, selon leur position dans le mot, tendent à apparaître ou disparaître.

Une cause d’ajout est l’introduction des articles définis lela et l’ devant les noms de famille : il était de coutume d’appeler les gens le Gagnonla Corriveau ou alors l’Andiran. La réinterprétation de cette structure en une forme fusionnée achève d’expliquer la transformation d’Andiran en Languirand.

Prononcez maintenant à voix haute Reguindeau, puis Reyindeau. Vous remarquerez probablement la proximité entre ces deux formes, et la facilité de passer de l’une à l’autre. Cette transformation du ‹ g › dur en ‹ y › est un exemple de palatalisation­; le même phénomène lie gueule à yeule. Vous aurez peut-être reconnu le nom de famille Riendeau, hérité du pionnier rochelais Joachim Reguindeau.

Le pionnier François Amirault dit Tourangeau offre un autre exemple d’élision en laissant parmi ses descendants des Amirault, mais surtout des Mireault, avec toutes leurs variantes orthographiques. Le phénomène inverse s’observe avec le prénom féminin Zélie, dont est née la variante Azélie.

L’alternance entre des prénoms qui ne sont essentiellement distingués que par quelques sons ou syllabes supplémentaires s’observe sans égard à la parenté étymologique. Au Canada français, Élisabeth et son dérivé ancien Isabelle se sont comportées comme deux variantes d’un même prénom jusqu’au 19e siècle. Inversement, Domitille et Mathilde, Jérémie et Rémi, Apolline et Pauline ainsi que Napoléon, Paul et Léon ne sont pas étymologiquement reliés.

Repérer les consonnes, voyelles et syllabes partagées

Au-delà des segments tronqués, certains noms ont des similitudes plus subtiles qui expliquent qu’ils ont souvent été confondus, et parfois même utilisés de façon interchangeable.

Apolline et Hippolyte, Jérémie et Germain, Mathilde et Martine ainsi qu’Alice et Élise illustrent ce phénomène. Dans d’autres cas, les ressemblances semblent encore plus ténues. Il est peu probable qu’un généalogiste d’aujourd’hui perçoive spontanément un lien entre Angélique, Julie et Judith; les registres montrent toutefois que ces trois prénoms ont souvent été utilisés en alternance par les mêmes femmes.

Toutes les apparitions de Marie Angélique (Judith, Julie) Desgranges dans les actes de PRDH-IGD.com, qui illustre l’interchangeabilité de ces prénoms au fil des actes.

Se concentrer sur la partie la plus distinctive

Un prénom avec une terminaison peu commune est susceptible d’être substitué par d’autres prénoms partageant cette caractéristique. C’est le cas de David et Ovide ou de Stanislas et Wenceslas.

La partie la plus distinctive d’un prénom, ou même d’un de famille, est parfois un noyau qui peut être complété par divers préfixes et suffixes. Ainsi, Rose se décline en Rosalie, Rosanna, Rosina et Rosa. Les prénoms féminins structurés autour du noyau ‹ del › sont un autre exemple de ce phénomène. En variant les débuts et terminaisons, ce groupe réunit Adèle, Adélaïde, Adeline, Délie, Délina, Délia, Délima, Odeline et même Odile, des prénoms qui ne sont pas tous étymologiquement liés mais qui en sont venus à se ressembler et parfois s’échanger.

De la même façon, il n’est pas surprenant que Brunet soit occasionnellement remplacé par Bruneau ou Brunel, ou que Gendreau alterne avec Gendron.

Connaître les combinaisons de prénoms inspirées des saints

Pour éclaircir ce dernier type de variation, il faut faire appel à la religion plutôt qu’à la linguistique. Certains saints et bienheureux portent des prénoms composés de plusieurs particules, le plus connu étant sans aucun doute Jean Baptiste. Un individu est alors susceptible d’utiliser l’une ou l’autre de ces particules. Ainsi, Rose de Lima offre comme options Rose et ses cousines Rosalie, Rosanna, Rosa de même que Délima et même Délina.

François Xavier, Jean François Régis, Pierre Chrysologue, Jeanne (Françoise Frémyot) de Chantal ou encore Marie des Anges, parmi tant d’autres, invitent eux aussi à une alternance entre les particules qui les composent.

La fonction ressemblance dans le LAFRANCE et sur PRDH-IGD.com

La fonction « Ressemblance » de l’engin de recherche du PRDH-IGD.com et du LAFRANCE de GenealogieQuebec.com permet de neutraliser certaines de ces variations.

Engin de recherche de PRDH-IGD.com avec la fonction Ressemblance activée.

Par exemple, la recherche de Mathilde en utilisant cette fonction génèrera une liste comprenant des Mathilde, Domitille, Martine, Donatille, Mélitime, Métheldée et Militilde, avec leurs diverses graphies, facilitant ainsi grandement la tâche des généalogistes.

 

Marielle Côté-Gendreau

Le site du PRDH fête ses vingt ans!

Le site du PRDH fête ses vingt ans! En effet, c’est au début de l’été 1999 qu’a été inauguré le site servant à diffuser en ligne, auprès du public, les informations généalogiques compilées aux fins de la recherche universitaire par le Programme de recherche en démographie historique (PRDH) de l’Université de Montréal.

Réalisé en collaboration avec la Maison Gaëtan Morin éditeur grâce à une subvention du Fonds de l’autoroute de l’information, initiative du Gouvernement du Québec visant entre autres à accroître la présence de contenus francophones sur l’Internet, le site s’inscrivait dans une continuité de près de vingt années.

C’est que le PRDH élabore aux fins de la recherche universitaire un registre informatisé de population, constitué des dossiers biographiques de tous les individus de souche européenne qui ont vécu dans la vallée du Saint-Laurent, un tel registre permettant de répondre aux interrogations relatives aux différentes populations humaines en général et à celle du Québec en particulier et représentant un véritable système d’information de nature interdisciplinaire.

Fiche de baptême provenant du site du PRDH

Or, ce registre repose essentiellement sur le dépouillement exhaustif des registres paroissiaux du Québec ancien. C’est en effet par l’attribution systématique des actes de baptême, mariage et sépulture aux individus qu’ils concernent, – la « reconstruction des familles », effectuée sur la base des noms et des relations de parenté – que les personnes sont identifiées et que leurs biographies sont établies; de ce fait, le registre contient alors l’histoire nominative des ancêtres québécois de tous les Canadiens-français et intéresse un vaste public.

Fiche d’individu provenant du site web du PRDH

C’est pourquoi le PRDH inaugurait en 1980 une série de publications destinées au grand public – répertoire des actes de baptême , mariage et sépulture en 47 volumes couvrant le Régime français, Cd-Rom étendant ce répertoire à l’ensemble du XVIIIe siècle, Dictionnaire généalogique des familles des origines à 1765 sur Cd-Rom -, culminant avec le site internet ouvert en 1999. La vente de ces divers produits dérivés de ses activités a procuré au PRDH au fil des années des revenus qui ont toujours été réinvestis dans le projet; on a pu ainsi évoquer « la généalogie au service de la science…et la science au service de la généalogie »!

Constamment corrigé lorsque nécessaire et enrichi au fil du temps, le site du PRDH s’est rapidement imposé comme la référence pour la généalogie québécoise des XVIIe et XVIIIe siècles. Bien plus, le PRDH a instauré il y a une dizaine d’années une fructueuse entente de collaboration avec l’Institut Généalogique Drouin (IGD) visant à mettre en commun leurs ressources et expertises pour étendre la couverture du Registre au XIXe siècle. Aidés par une subvention de la Fondation Canadienne pour l’Innovation (FCI) obtenue pour la mise en place d’une Infrastructure intégrée de micro-données historiques de la population du Québec (IMPQ), le Registre du PRDH  a ainsi été prolongé jusqu’en 1849, triplant le nombre d’actes d’état civil impliqués.

Fiche de famille provenant du site du PRDH

Aujourd’hui, PRDH-IGD.com contient plus de 2.5 millions d’actes et offre aux chercheurs ainsi qu’aux généalogistes amateurs et professionnels une des bases de données les plus détaillées et complètes en son genre.

Vous pouvez vous abonner à PRDH-IGD.com et consulter le fruit de ces décennies de travail à cette adresse.

Pour un aperçu plus détaillé de la base de données et de son fonctionnement, vous pouvez consulter cet article sur le blog de l’Institut Drouin.

 

Bertrand et François Desjardins

Les surnoms et les « noms dit » canadiens-français

Si vous avez déjà effectué des recherches généalogiques au Québec, il est probable que vous ayez eu affaire à des « noms dit”, c’est à dire des noms susceptibles d’être accolés au nom de famille de base et même de se substituer à lui.

Ceux-ci abondent dans l’histoire nominative du Québec ancien. Leurs origines sont multiples: surnom militaire, sobriquet lié à une caractéristique physique, lieu d’origine de l’immigrant, noms de fiefs chez les nobles, nom de la mère, prénom du père, etc. Certains remontent à l’ancêtre, d’autres sont introduits par des descendants; certains se transmettent, d’autres pas; certains sont propres à l’ensemble d’une lignée, d’autres ne concernent qu’un sous-ensemble.

Du point de vue pratique, il en résulte qu’un individu peut être désigné par un surnom à peu près n’importe quand, sans qu’il soit possible d’énoncer des règles permettant de le prévoir.

Exemple provenant du LAFRANCE de GenealogieQuebec.com, un individu portant le nom dit «Bellefleur» en plus de son nom «Pelletier»

Dans le contexte de la recherche généalogique, on peut considérer les « noms dit » comme un second nom de famille donné à un individu.

Pour illustrer le phénomène, nous pouvons utiliser la combinaison courante Roy dit Desjardins. Si vous descendez de la lignée Roy dit Desjardins, vos ancêtres pourraient avoir porté les noms Desjardins, Roy, ainsi que Roy dit Desjardins au fil des générations, ce qui peut porter à confusion si vous n’êtes pas familier avec le concept des « noms dit”. En effet, vos ancêtres pourraient avoir porté l’un ou l’autre de ces noms au fil des actes, et ce en alternance!

C’est pourquoi vous trouverez, sur PRDH-IGD.com ainsi que sur le LAFRANCE de GenealogieQuebec.com, une fenêtre dédiée aux associations de « noms et surnoms dit”. Vous trouverez cette fenêtre directement dans l’engin de recherche.

Lorsque vous entrez un nom de famille à rechercher, vous verrez apparaître les « noms dit” associés à ce nom de famille selon leur fréquence dans la base de données. Cet outil est particulièrement utile puisqu’il peut vous permettre de retracer une lignée d’individus ayant porté différents noms de famille au fil des générations. Par exemple, si vous ne retrouvez pas le mariage des parents de votre ancêtre Pierre Desjardins, vous saurez qu’il n’est pas impossible que le père de Pierre Desjardins ait porté le nom Roy à son mariage, vous permettant ainsi de retracer l’acte en question.

Les « noms dit » dans le contexte de la recherche généalogique

Les « noms dit » peuvent tout autant vous aider que vous nuire dans vos recherches généalogiques, d’où l’importance d’être familier avec le concept.

D’un côté, les « noms dit » représentent, dans un acte, une source d’information supplémentaire permettant d’identifier un individu. C’est à dire qu’un individu portant un « nom dit » sera plus facile à identifier au fil des actes, puisque celui-ci portera une combinaison de noms qui devrait le distinguer des autres individu portant des noms plus communs.

Par exemple, si vous recherchez un ancêtre du nom de Pierre Tremblay, vous pourriez avoir de la difficulté à le distinguer des dizaines d’autres Pierre Tremblay qui lui sont contemporains. Par contre, si votre ancêtre se nomme Pierre Tremblay dit Boucher, il sera beaucoup plus aisé de l’identifier dans les actes, puisqu’il s’agit d’une combinaison de noms moins fréquente.

Cependant, les « noms dit’ peuvent aussi représenter un obstacle dans votre recherche d’ancêtres canadiens français, particulièrement si vous n’êtes pas familiers avec ceux-ci.

Utilisons à nouveau Roy dit Desjardins comme exemple d’un « nom dit » commun. Si vous descendez de la lignée Roy dit Desjardins, vos ancêtres pourraient avoir porté le nom Desjardins, Roy, ainsi que Roy dit Desjardins au fil des générations et des actes.

Si vous n’êtes pas familier avec les « noms dit » et que vous recherchez les différents actes portant sur votre ancêtre Pierre Roy, vos recherches pourraient omettre plusieurs actes ou celui-ci est plutôt identifié comme Pierre Desjardins. C’est pourquoi il est important de rechercher individuellement les 2 noms de famille lorsque votre ancêtre porte un « nom dit ».

Sur les engins de recherche du PRDH-IGD (s’abonner au PRDH-IGD) et du LAFRANCE de Généalogique Québec (s’abonner à Généalogie Québec), vous avez la possibilité d’entrer deux noms dans la barre de recherche, et de sélectionner l’option “OU” plutôt que “ET”.

Engin de recherche du LAFRANCE de GenealogieQuebec.com
Engin de recherche de PRDH-IGD.com

L’engin de recherche trouvera alors tous les individus portant l’un ou/et l’autre des noms sélectionnés, ce qui vous assure de ne manquer aucun acte portant sur votre ancêtre.

Associations noms-surnoms dans le LAFRANCE et sur PRDH-IGD.com

Vous vous demandez  quelles étaient les combinaisons de noms de famille et surnoms “dit” les plus communes à l’époque de vos ancêtres?

Vous pouvez le découvrir grâce à cet outil gratuit mis à votre disposition par Généalogie Québec:

Associations noms-surnoms du LAFRANCE

Entrez simplement le nom qui vous intéresse pour obtenir une liste de tous les noms qui lui ont été associés dans un des 3.6 millions d’actes répertoriés par le LAFRANCE. Ceux-ci sont classés par ordre alphabétique, et la fréquence de chaque combinaison de noms dans la base de données est aussi indiquée.

 

François Desjardins

La généalogie acadienne – Retracez vos ancêtres acadiens

Le terme Acadien est utilisé pour identifier les descendants des premiers colons français et européens établis en Acadie à l’époque de la Nouvelle-France. Principalement originaires du centre-ouest de la France, ils se sont établis, à partir de 1604, dans une région comprenant une partie des provinces maritimes et du Québec que l’on nomme aujourd’hui l’Acadie.

Comme c’est le cas pour la généalogie canadienne française, la généalogie acadienne est en grande partie basée sur les actes paroissiaux de l’Église catholique. De par leur origine française, une majorité des acadiens étaient catholiques.

C’est souvent via ces actes de baptême, mariage et sépulture que nous sommes en mesure de retracer aujourd’hui l’histoire familiale des acadiens.

Généalogie de l’Acadie

La généalogie acadienne n’est pas aussi bien documentée que celle des régions environnantes, ce qui peut être attribué à la disparition de quantité de registres et documents lors du Grand Dérangement. Il existe tout de même plusieurs bases de données et outils pouvant être utilisés afin de retracer ses ancêtres acadiens.

Sites de recherche acadienne gratuits

Le site Genealogie-Acadienne.net contient une base de données de plus de 750 000 individus et 300 000 familles acadiennes pouvant être recherchée gratuitement. En plus des dates et lieux de naissance, mariage et décès, le site contient de nombreuses photos des individus et des actes mentionnés dans ses fiches. Il s’agit d’une excellente ressource pour la recherche d’ancêtres et de cousins acadiens.

Le site Acadian-Cajun.com (anglais seulement) répertorie quant à lui de nombreuses sources d’information en lien avec la généalogie acadienne. On y trouve aussi des recensements provenant de l’Acadie pouvant être consultés directement sur le site. De plus, le site répertorie les différentes associations familiales et sites internet dédiés aux familles acadiennes, le tout classé par nom de famille.

La généalogie Acadienne sur Généalogie Québec

GénéalogieQuebec.com, le site de recherche généalogique de l’Institut Drouin, contient deux outils de recherche dédiés à la généalogie acadienne.

Les registres du Fonds Drouin

Les Registres du Fonds Drouin (aussi appelés La Collection Drouin) sont une collection de registres paroissiaux (baptêmes, mariages et sépultures) provenant du Québec, de l’Acadie ainsi que d’une partie de l’Ontario, du nouveau Brunswick et des États-Unis. Nous nous intéressons ici aux registres acadiens.

Exemple d’un registre paroissial acadien provenant de la collection Drouin

Voici la liste des registres Acadiens disponibles dans la Collection Drouin:

Acadie (St-Bernard) Acadie (St-Pierre) Acadieville
Ardouane voir Cocagne Argyle (Ste-Anne) Arichat
Baie-des-Winds voir Cocagne Baie-du-Vin Baie-Ste-Marie (Nouvelle-Écosse)
Baie-Verte voir Cocagne Balmoral Barachois
Barnaby-River Bartibogue Bathurst
Beaubassin Belledune Blackville
Bouctouche Boujagane voir Cocagne Burnt
Cam’s River Cap-Pelé Caraquet
Central Kingsclear Charlo Chatham
Chigibouachis voir Cocagne Chigibougouet voir Cocagne Chimougouis voir Cocagne
Clair Cocagne Dalhousie
Dorchester Drummond Ecouipahaq
Edmunston Eel-Ground Escuminac
Fairville Fort St-Jean Frédéricton
Gagetown Gédaic voir Cocagne Gloucester, comté
Golding-Grove Grande-Digue Grand-Sault
Haute-Aboujagane Hillsborough Île-du-Prince-Édouard
Île-Royale Île-St-Jean Johnville
Kent, comté de Kouchibouguac Lac Baker
Lamèque Loch-Lomond Louisbourg
Lower-Caraquet Madawaska Maliseet
Memramcook Milltown Moncton
Mont-Carmel Nash Creek Néguac (Northumberland)
Nelson Newcastle Northumberland, Comté de
Norton Notre-Dame-de-Kent Paquetville
Petersville Petit-Rocher Plaisance
Pokemouche-en-Bas Pokemouche-en-Haut Port-Royal
Red-Bank Remous-Bridge Restigouche, comté de
Rexton Richibouctou Richmond
Riverside Rivière-Jacquet Robertville
Rogersville Sackville Scoudouc
Shédiac Shemogue Shippagan
St-André St-Andrew St-Anselme
St-Basile St-Charles-Borromée St-Charles-les-Mines
Ste-Anne Ste-Anne-de-Kent Ste-Anne-de-Restigouche
St-François-Xavier St-Georges St-Ignace-de-Kent
St-Isidore St-Jacques St-Jean
St-Léonard St-Louis-des-Français St-Paul-de-Kent
St-Stephen Sunbury Sussex
Tracadie Victoria Wellington
Westmorland Woodstock  

Les années couvertes diffèrent selon le registre. La collection contient aussi des recensements de l’Acadie allant de 1673 à 1784.

L’outil Acadie – Familles reconstitutées

Cet outil contient des fiches de familles basées sur les actes paroissiaux de l’Acadie mentionnés plus haut. Au total, l’outil répertorie 96 000 fiches de famille allant de 1621 à 1849 et est équipé d’un engin de recherche par nom, prénom, date et paroisse.

De plus, les actes originaux sont attachés aux fiches de famille, ce qui permet de consulter et de vérifier l’information contenue dans celles-ci.

Vous trouverez plus d’information sur cet outil à cette adresse.

 

Un abonnement à Genealogie Quebec est nécessaire afin de consulter ces 2 collections. Vous pouvez vous abonner ici:

Accès de 24h – 5$
Abonnement d’un mois – 13$
Abonnement d’un an – 100$

Pour plus d’information sur GenealogieQuebec.com, vous pouvez consulter cet article.

Ce que vos ancêtres peuvent vous dire sur votre espérance de vie

Dans nos deux dernières chroniques «Mortalité du Québec sous le Régime Français» et «Les premiers centenaires canadiens-français au Québec», nous avons successivement évoqué la forte mortalité qui affligeait nos ancêtres à tous les âges de la vie et la rareté des personnes atteignant des âges extrêmes. Nous allons aujourd’hui présenter quelques facteurs sous-jacents à ces réalités.

Dans un premier temps, nous avons utilisé la base de données du PRDH (Qu’est-ce que le PRDH?) afin d’établir la liste des Canadiens-français nés au pays qui se sont mariés et qui ont atteint l’âge vénérable de 97 ans avant 1850.

Décès à 97 ans et plus de Canadiens de naissance survenus avant 1850

SEXE Année de naissance Année de décès Âge au décès
F 1648 1748 99 ans
F 1691 1789 97 ans
F 1701 1800 98 ans
F 1703 1800 97 ans
M 1703 1802 98 ans
F 1709 1806 97 ans
M 1714 1811 97 ans
F 1714 1813 99 ans
F 1722 1819 97 ans
F 1725 1832 107 ans
F 1726 1825 98 ans
F 1731 1828 97 ans
F 1731 1835 103 ans
F 1732 1829 97 ans
M 1734 1834 99 ans
F 1736 1834 98 ans
F 1736 1838 101 ans
F 1738 1847 108 ans
F 1740 1838 97 ans
F 1740 1839 98 ans
F 1741 1840 98 ans
M 1741 1840 98 ans
F 1741 1841 100 ans
F 1741 1841 99 ans
F 1742 1840 98 ans
M 1743 1842 98 ans
M 1743 1842 98 ans
M 1744 1841 97 ans
F 1744 1842 97 ans
F 1744 1843 99 ans
M 1745 1844 98 ans
Nombre d’hommes : 8 ; Nombre de femmes : 23

Trente-et-une personnes ont accompli l’exploit, soit vingt-trois femmes et huit hommes. Pourquoi un tel déséquilibre en faveur des femmes, alors que leur espérance de vie à 25 ans est inférieure de plus de 2,5 années à celle des hommes?

C’est qu’au-delà de la période reproductive, ou les mères subissaient à l’époque un risque non-négligeable de décéder en couches, les femmes ont un avantage de survie sur leurs partenaires. On sait qu’une part de cet avantage est biologique parce que la mortalité masculine est plus élevée que la mortalité féminine dès les tout débuts de la vie, incluant in-utero.  On associe surtout cette différence génétique à une meilleure résistance des femmes au vieillissement biologique, à laquelle s’ajouterait un avantage hormonal .

En effet, par exemple, l’oestrogène facilite l’élimination du mauvais cholestérol et réduit ainsi le risque de problèmes cardiaques; la testostérone, au contraire, est associée à la violence et à la prise de risque.

Ceci dit, indépendamment du sexe, pourquoi certains individus atteignent-ils à contexte égal des âges plus élevés que leurs contemporains? La raison répugne à n’y voir que l’effet du hasard, mais pourtant aucune explication de cette réalité ne fait l’unanimité. L’étude des cas extrêmes de longévité ne révèle pas vraiment grand-chose : les «petits verres de gin avant le souper» et autres recettes du genre reprises par les journalistes n’ont aucune base sérieuse.

Il est pourtant tentant de croire que certains individus ont au départ un avantage sur les autres; ne dit-on pas que la meilleure chance de vivre vieux est d’avoir des parents et grands-parents qui ont vécu vieux?

À ce sujet, je soumets à votre réflexion l’extraordinaire famille de Nicolas Lizotte et Marie-Madeliene Miville-Deschênes, qui se sont épousés le 3 mai 1724 à La Pocatière. Alors que seulement cinq personnes sont devenues centenaires avant 1850, toutes des femmes, deux d’entre elles sont nées de ce couple, et une de leurs sœurs fait aussi partie de notre liste de départ, puisqu’elle est décédée à 98 ans!

Fiche de famille de Nicolas Lizotte et Marie Madeleine Miville Deschesnes tirée de PRDH-IGD.com

En voulez-vous plus? Leur père, Nicolas Lizotte, est décédé à 98 ans : un seul homme a fait mieux, atteignant 99 ans. Je ne sais pas pour vous, mais pour ma part, j’aimerais bien m’appeler Lizotte!

 

Bertrand Desjardins et François Desjardins

Août 2018

Jusqu’où peut-on rechercher ses ancêtres au Québec?

Grâce à l’enregistrement systématique des baptêmes, mariages et sépultures par l’église catholique, nous avons la chance au Québec d’avoir accès à un portrait détaillé de la vie de nos ancêtres, et ce à partir du tout début de leur établissement dans la province. Ce sont grâce à ces documents que les généalogistes amateurs et professionnels sont en mesure de rechercher leurs ancêtres en sol québécois. Mais jusqu’où ces documents nous permettent ils de remonter?

En 1608, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec sur les rives du fleuve St-Laurent. Il faudra cependant attendre à 1616 pour voir l’ouverture des premiers registres paroissiaux dans la province.

Mariage de Guillaume Couillard et Guillemette Hebert, avec nul autre que Samuel de Champlain comme témoin. Source: LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

De nos jours, les registres québécois les plus anciens toujours disponibles sont ceux de la ville de Québec pour l’année 1621.

Début du registre de la ville de Québec pour l’année 1621, tiré des Registres du Fonds Drouin disponibles sur GenealogieQuebec.com. Le registre original ayant brulé en 1640, celui-ci dut être reconstitué de mémoire peu après sa destruction.

Ces registres, ainsi que ceux de toutes les paroisses du Québec de 1621 à 1940, peuvent être consultés dans les Registres du Fonds Drouin avec un abonnement à GenealogieQuebec.com.

Premiers arrivants

Dans un article précédent, nous nous sommes penché sur l’influence des premiers immigrants sur les noms de famille au Québec. L’expression premier immigrant, ou premier arrivant, est utilisée pour définir le premier membre d’une famille s’étant installé dans une région. Lorsque vous tentez de retracer vos ancêtres, votre objectif est donc d’établir un lien générationnel direct entre vous et ce fameux premier arrivant, ce que vous pouvez faire aisément sur Généalogie Québec à l’aide de ce guide détaillé.

Du côté des femmes, plusieurs de ces premières arrivantes font parti des fameuses “Filles du Roi”,  des femmes célibataires recrutées par le Roi entre 1663 et 1673 afin de peupler la Nouvelle-France. Vous trouverez plus d’information sur celles-ci dans un autre de nos articles.

Fichier origine

Pour remonter au delà des actes paroissiaux du Québec, il faut se fier au Fichier Origine. Celui-ci est un “répertoire gratuit des actes de l’état civil et des actes notariés trouvés dans le cadre du projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865” (Source).

Fiche d’Antoine Roy dit Desjardins tirée du Fichier Origine

Il comprend les noms de tous les individus dont l’acte de naissance ou de baptême a été retracé dans leur pays d’origine. Via le Fichier Origine, vous pouvez donc retrouver de l’information datant d’avant l’arrivée de vos ancêtres dans la province.

Par ailleurs, l’information contenue dans le Fichier Origine est souvent intégrée aux fiches d’individus du PRDH-IGD. Voici par exemple la fiche d’Antoine Roy dit Desjardins, où la date et le lieu de son baptême ont été tirés du Fichier Origine.

Fiche d’individu d’Antoine Roy dit Desjardins tirée du PRDH-IGD

Pour conclure, il faut savoir que nous sommes extrêmement privilégiés au Québec de pouvoir rechercher ses ancêtres jusqu’au 17e siècle de manière aussi systématique. Si vos recherches généalogiques vous amènent dans d’autres pays, il ne fait aucun doute que votre appréciation des documents et registres historiques québécois n’en sera qu’amplifiée!

Bonnes recherches!