La présence allemande au Québec

Mon nom est Claude Crégheur et je m’intéresse à l’histoire de l’Allemagne depuis plusieurs années. Cet intérêt est né de la découverte de mes origines allemandes à la suite de recherches généalogiques effectuées dès la fin des années 60.

Je ne vous cacherai pas qu’il était encore assez tabou, à cette époque, de parler de mes racines allemandes; la fin de la Seconde guerre mondiale n’était pas si lointaine et l’Allemagne avait très mauvaise presse. N’empêche, ma curiosité a pris le dessus !

Ceci est l’introduction d’une série d’articles dans laquelle je tenterai de dresser un portrait le plus complet possible de l’histoire de l’immigration allemande en territoire québécois, de la Nouvelle-France à aujourd’hui.

En général, la découverte d’ancêtres allemands dans son arbre généalogique apporte son lot de surprises et de frustrations. La plus grande difficulté réside au niveau des graphies des patronymes qui ont évolué dans le temps, certains ayant tout simplement été traduits en français.

Avant d’aller plus loin, je veux m’attarder à la définition du mot allemand. On désigne un Allemand comme une personne habitant le pays appelé Allemagne. Ce pays, tel que nous le connaissons et auquel nous nous référons aujourd’hui, a bien changé au cours des siècles passés. Ses frontières se sont déplacées au gré des guerres et des traités politiques. En tant qu’État-Nation, l’Allemagne n’existe que depuis sa proclamation le 18 janvier 1871. Avant cette date, il existait bien un monde germanique formé de plusieurs petits États, Principautés, Duchés et même Villes libres au même titre qu’un État en soi.

Son histoire est complexe et doit considérer les limites géographiques et politiques ainsi que l’ethnogénèse du peuple allemand.

Régions allemandes

Par exemple, il est fréquent de rencontrer dans les registres paroissiaux du Québec les mots « allemand de nation », même si la personne provenait de l’Alsace ou de la Lorraine, territoires qui ont appartenu un temps à la France et un temps à l’Allemagne. La majorité des ancêtres « allemands » venus s’installer au Québec sont issus des XVIIe et XVIIIe siècles, donc avant l’Allemagne telle qu’on la connait aujourd’hui. Plus on recule dans le temps, plus on se perd dans les subtilités ethniques qui ne sont finalement que des étiquettes. Les grandes invasions dans l’Europe du premier millénaire ont créé un mélange d’origines scandinaves, saxonnes et franques à travers le continent.

La Nouvelle-France s’est peuplée et développée par une immigration française soutenue jusqu’à la Conquête de 1759. Suite à la conquête, d’autres vagues migratoires de l’Europe vers le Canada ont lieu, comprenant cette fois des européens de diverses origines. Si on veut parler d’immigration germanique, on doit tenir compte de ces vagues de migration.

Il faut d’abord bien comprendre qu’on distingue ici deux types d’immigration : le premier type, et probablement le plus important pour le Québec, fut l’immigration par les voies militaires. Les différents conflits qui ont opposé l’Allemagne et l’Angleterre puis l’Angleterre et ses colonies américaines ont contribué à la plus grande vague d’immigration au Québec. Dans la plupart des cas, ces soldats se sont si bien intégrés à leur nouvelle culture, incluant la religion, que plusieurs québécois ignorent qu’ils sont de souche allemande.

Soldat des troupes de Brunswick

Le deuxième type d’immigration est plus aléatoire et s’est développé au gré des guerres, des famines et des tensions politiques ayant touché les pays d’Europe entre les XVIIe et XXe siècles. On l’appelle immigration libre car elle s’est développée par une volonté propre à l’émigrant de vouloir quitter sa terre natale, pour différentes raisons. Ces familles arrivèrent principalement en deuxième partie du XIXe siècle et formèrent des communautés plus fermées, parfois même isolées dotées de leurs églises et écoles distinctes, et conservant souvent leur langue et leur religion luthérienne.

La première moitié du XXe siècle, frappée par les deux grandes guerres, a également contribué à la société québécoise par l’arrivée d’un nouveau groupe d’immigrants.

Dans le prochain article de cette série, j’aborderai la question de l’immigration allemande de la Nouvelle-France jusqu’à la Guerre de Sept Ans.

Claude Crégheur

Registres de décès et sépultures du Québec – Les meilleures sources

Les registres de décès et de sépulture du Québec ont été tenus par l’église puis par le gouvernement depuis maintenant plus de 400 ans. Grâce aux efforts de nombreuses organisations, il est aujourd’hui possible de consulter la majorité de ces documents en ligne. Dans cet article, vous trouverez une liste des meilleures sources de registres de décès du Québec disponibles sur internet.

Pour un article portant sur les avis de décès publiés dans les journaux ou sur internet, rendez-vous à cette adresse.

Le LAFRANCE sur Généalogie Québec (Registres de décès et sépultures du Québec de 1621 à aujourd’hui)

Sépulture provenant des registres de décès du Québec
Sépulture de Marguerite Bourgeois telle que présentée dans le LAFRANCE sur Généalogie Québec

Le LAFRANCE est un outil muni d’un engin de recherche contenant des actes provenant des registres de décès, naissance et mariage du Québec, de l’Ontario et de l’Acadie. En plus de millions d’actes de mariage et naissance, on y trouve TOUTES les sépultures catholiques enregistrés par l’église au Québec des débuts de la colonie à 1861, ainsi que des dizaines de milliers de décès datant de 1862 à aujourd’hui.


Consulter le LAFRANCE sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Mariages et décès 1926-1997 sur Généalogie Québec

L’outil Mariages et Décès 1926-1997 contient la plupart des mariages et décès enregistrés par le gouvernement du Québec durant cette période.

L’outil est équipé d’un engin de recherche vous permettant de rechercher par le nom de la personne décédée, du conjoint ou des parents.


Consulter les Mariages et Décès 1926-1997 sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Fichier Connolly et Petit NBMDS sur Généalogie Québec (Registres de décès de 1621 à aujourd’hui)

Le Fichier Connolly et le Petit NBMDS sont des outils équipés d’engins de recherche contenant des actes provenant des registres de décès, naissance et mariage du Québec. On y trouve entre autre plus de 1 400 000 sépultures du Québec datant des débuts de la colonie à aujourd’hui.


Consulter le Fichier Connolly sur Généalogie Québec ($)

Consulter le Petit NBMDS sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres de l’état civil du Québec (1621 aux années 1940)

La collection des registres de l’état civil du Québec est formée des registres paroissiaux produits au Québec entre 1621 et les années 1940. Bien que ces registres soient numérisés, les actes dont ils sont formés ne sont pas indexés individuellement; il faut parcourir le registre manuellement pour y trouver le décès recherché.


Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1920 sur le site de la BANQ (Gratuit)

Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1940 sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres des paroisses du Québec (1621 à 1979)

Une seconde copie des registres paroissiaux du Québec était conservée dans les églises elles-mêmes. Celle-ci est aussi disponible en ligne et est accompagnée d’un index partiel. Elle se rend jusqu’en 1979 pour les paroisses catholiques, et 1967 pour les paroisses protestantes.


Consulter les registres des paroisses catholiques du Québec sur Family Search (Gratuit)

Consulter les registres des paroisses protestants du Québec sur Family Search (Gratuit)

PRDH-IGD (Sépultures du Québec de 1621 à 1849)

Fiche d'individu du PRDH-IGD contenant des informations de sépulture provenant des registres de décès du Québec
Fiche d’individu telle que présentée sur PRDH-IGD.com. Celle-ci contient les informations relatives au décès de l’individu.

Le PRDH-IGD contient tous les actes vitaux catholiques du Québec de la fondation de la colonie jusqu’en 1849. En plus de ces actes, le PRDH-IGD contient des fiches servant à reconstituer la vie des individus et des familles ayant vécu au Québec durant cette période. Ces fiches sont interreliées et forment un arbre généalogique exhaustif de la population canadienne-française du Québec jusqu’au milieu du 19e siècle. Avec cet arbre, une lignée généalogique peut être retracée en quelques clics.


Consulter le PRDH-IGD ($)

Abonnement à PRDH-IGD: à partir de 19,99$

NosOrigines

Fiche de famille contenant des sépultures du Québec provenant de NosOrigines
Fiche de famille provenant de NosOrigines

NosOrigines est une ressource gratuite sur laquelle se trouvent des fiches portant sur des individus et des familles québécoises et acadiennes. La base de ces fiches est souvent l’acte paroissial (baptêmes, mariages et sépultures), et un lien vers le document original auquel fait référence la fiche est parfois inclus.


Consulter NosOrigines (Gratuit)

BMS2000

BMS2000 est un site de recherche offrant plus de 16 millions de registres de décès, naissance et mariage du Québec. La navigation au sein des actes se fait à l’aide d’un engin de recherche, et un lien vers le document original auquel fait référence une fiche est régulièrement inclus.


Consulter BMS2000 ($)

Abonnement à BMS2000: à partir de 20$

Fichier Origine

Le Fichier Origine est un outil répertoriant les informations vitales disponibles à propos des premiers immigrants des familles du Québec. Chaque pionnier possède sa propre fiche sur laquelle on retrouve notamment les informations de décès, avec référence au registre depuis lequel a été tiré sa sépulture.


Consulter le Fichier Origine (Gratuit)

Registres de naissance du Québec – Les meilleures sources

Grâce aux efforts des autorités religieuses puis éventuellement du gouvernement, les registres de naissance du Québec sont tenus depuis maintenant plus de 400 ans. De nos jours, une grande partie de ces registres peuvent être consultés en ligne aisément. Dans cet article, vous trouverez une liste des meilleures sources de baptêmes et de registres de naissance du Québec disponibles sur internet.

Le LAFRANCE sur Généalogie Québec (Registres de naissance du Québec de 1621 à aujourd’hui)

Baptême provenant des registres de naissance du Québec
Baptême de Louis-Joseph Papineau tel que présenté dans le LAFRANCE sur Généalogie Québec

Le LAFRANCE est une base de données équipée d’un engin de recherche contenant des actes provenant des registres de naissance, mariage et décès du Québec ainsi que de l’Ontario et de l’Acadie. En plus de millions d’actes de mariage et sépulture, on y retrouve TOUS les baptêmes catholiques enregistrés dans la province des débuts de la colonie à 1861, ainsi que des dizaines de milliers de baptêmes datant de 1862 à aujourd’hui.


Consulter le LAFRANCE sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Fichier Connolly et Petit NBMDS sur Généalogie Québec (Registres de naissance de 1621 à aujourd’hui)

Le Fichier Connolly et le Petit NBMDS sont des bases de données équipées d’un engin de recherche contenant des actes provenant des registres de naissance, mariage et décès du Québec. On y trouve notamment près de 3 millions d’actes de baptême du Québec datant des débuts de la colonie à aujourd’hui.


Consulter le Fichier Connolly sur Généalogie Québec ($)

Consulter le Petit NBMDS sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres de l’état civil du Québec (Naissances du Québec de 1621 aux années 1940)

Les registres de l’état civil du Québec accessibles au public sont formés des registres paroissiaux enregistrés au Québec entre 1621 et les années 1940. Il s’agit d’une version numérisée des registres, mais il faut noter que les différents événements ne sont pas indexés individuellement; il faut parcourir le registre manuellement pour y trouver l’acte désiré.


Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1920 sur le site de la BANQ (Gratuit)

Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1940 sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres des paroisses du Québec (Naissances du Québec de 1621 à 1979)

Les registres de l’état civil existent en deux copies, celle mentionnée précédemment, et celle qui était conservée dans les églises elles-mêmes. Cette copie conservée dans les églises est disponible en ligne accompagnée d’un index partiel et s’arrête en 1979 pour les actes catholiques, et 1967 pour les actes protestants.


Consulter les registres des paroisses catholiques du Québec sur Family Search (Gratuit)

Consulter les registres des paroisses protestants du Québec sur Family Search (Gratuit)

PRDH-IGD (Baptêmes du Québec de 1621 à 1849)

Fiche de baptême provenant des registres de naissance du Québec
Fiche de baptême provenant de PRDH-IGD

Le PRDH-IGD contient tous les actes de baptême, mariage et sépulture catholiques du Québec de 1621 à 1849. Ces actes sont présentés sur le site sous forme de fiche, mais sont aussi utilisés pour reconstituer la vie d’un individu ou d’une famille via des fiches détaillées. Ce processus est nommé la « reconstruction familiale » et résulte en un arbre généalogique extrêmement détaillé de l’entièreté de la population canadienne-française du Québec jusqu’en 1849. Cet arbre permet de retracer une lignée complète en quelques clics.

Consulter le PRDH-IGD ($)

Abonnement à PRDH-IGD: à partir de 19,99$

NosOrigines

Fiche de famille contenant des baptêmes du Québec provenant de NosOrigines
Fiche de famille provenant de NosOrigines

NosOrigines est un site gratuit contenant des fiches portant sur des individus et des familles du Québec et de l’Acadie. Ces fiches sont basées sur des événements vitaux provenant surtout des registres du Québec. Un lien vers le document original auquel fait référence la fiche est parfois inclus.


Consulter NosOrigines (Gratuit)

BMS2000

BMS2000 contient plus de 16 millions d’actes provenant des registres de naissance, mariage et décès du Québec. La base de données peut être naviguée avec aise à l’aide d’un engin de recherche. Un lien vers le document original auquel fait référence une fiche est souvent inclus.


Consulter BMS2000 ($)

Abonnement à BMS2000: à partir de 20$

Fichier Origine

Le Fichier Origine est formé de fiches d’individu construites à partir des actes de l’état civil et des actes notariés. Ces fiches portent sur les premiers immigrants des familles s’étant établies en sol québécois, et ce des origines jusqu’en 1865. Ces fiches d’individu répertorient entre autres le lieu et la date de naissance de ces pionniers.


Consulter le Fichier Origine (Gratuit)

Mariages du Québec – Les meilleures sources

En généalogie, l’acte de mariage est la clé pour retracer ses ancêtres. Nous avons la chance, au Québec, d’avoir accès à la majorité des mariages enregistrés dans la province des débuts de la colonie jusqu’à aujourd’hui, grâce aux archives conservées par l’église puis par le gouvernement. Dans cet article, vous trouverez une liste des meilleures sources gratuites et payantes de mariages du Québec.

Le LAFRANCE sur Généalogie Québec (Mariages du Québec de 1621 à aujourd’hui)

Mariage du Québec provenant de Généalogie Québec
Mariage du Québec tel que présenté dans le LAFRANCE sur Généalogie Québec

Le LAFRANCE est une base de données équipée d’un engin de recherche contenant des actes de naissance, décès et mariage du Québec ainsi que de l’Ontario et de l’Acadie. En plus de millions d’actes de baptême et sépulture, on y retrouve les actes suivants:

  • TOUS les mariages catholiques du Québec de 1621 à 1918
  • TOUS les mariages protestants du Québec de 1760 à 1849
  • 1 450 000 mariages catholiques du Québec de 1919 à aujourd’hui.
  • 80 000 mariages civils du Québec datant de 1969 à aujourd’hui
  • 140 000 mariages de l’Ontario datant de 1850 à aujourd’hui
  • 38 000 mariages des États-Unis
  • 3000 mariages Protestants du Québec de 1850 à 1941
  • 17 000 mariages divers du Québec des années 2018 et 2019

Consulter le LAFRANCE sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Mariages et décès 1926-1997 sur Généalogie Québec

Mariage du Québec provenant de Généalogie Québec
Mariage du Québec tiré de l’outil Mariages 1926-1997

L’outil Mariages et Décès 1926-1997 contient la majorité des mariages et des décès enregistrés par le gouvernement du Québec durant cette période.

L’outil est équipé d’un engin de recherche et permet de consulter le document original dans la plupart des cas.


Consulter les Mariages et Décès 1926-1997 sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres de l’état civil du Québec (Mariages du Québec de 1621 aux années 1940)

Les registres de l’état civil du Québec sont une collection comprenant la quasi-totalité des registres paroissiaux enregistrés au Québec entre 1621 et les années 1940. Cette collection comprend une version numérisée des registres, mais les actes contenus dans ceux-ci ne sont pas indexés; il faut parcourir le registre manuellement à l’année souhaitée pour y trouver l’acte recherché.


Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1920 sur le site de la BANQ (Gratuit)

Consulter les registres de l’état civil du Québec jusqu’aux années 1940 sur Généalogie Québec ($)

Abonnement à Généalogie Québec: à partir de 5$

Registres des paroisses du Québec (Mariages du Québec de 1621 à 1979)

Une deuxième copie des registres de l’état civil existe, celle qui était conservée dans les églises elles-mêmes. Cette collection est disponible avec un index partiel et se rend jusqu’en 1979 pour les paroisses catholiques, et 1967 pour les paroisses protestantes.


Consulter les registres des paroisses catholiques du Québec sur Family Search (Gratuit)

Consulter les registres des paroisses protestants du Québec sur Family Search (Gratuit)

PRDH-IGD (Mariages du Québec de 1621 à 1849)

Fiche de famille contenant des mariages du Québec provenant de PRDH-IGD
Fiche de famille telle que présentée sur PRDH-IGD.com. Elle centralise toute l’information disponible sur le couple et ses enfants.

Le PRDH-IGD contient tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures catholiques enregistrés au Québec entre 1621 et 1849, soit un total de plus de 2.5 millions d’actes.

Tout individu mentionné dans ces actes se voit attribuer sa propre «fiche d’individu» dans laquelle est centralisée toute l’information disponible sur l’individu, en plus de liens vers tous les actes ou l’individu est mentionné dans la base de données.

De plus, tout couple marié reçoit sa propre «fiche de famille» qui remplit le même rôle que la fiche d’individu, mais à propos d’une famille. Elle contient la liste de tous les enfants du couple avec liens à leurs fiches d’individu respectives, ainsi que la liste de tous les événements vitaux de ces enfants avec liens vers les actes en question, en plus d’autres informations complémentaires portant sur le couple marié.

Plus simplement, le PRDH-IGD est un arbre généalogique approfondi de la population canadienne française du Québec des débuts de la colonie jusqu’en 1849.


Consulter le PRDH-IGD ($)

Abonnement à PRDH-IGD: à partir de 19,99$

NosOrigines

Fiche de famille contenant des mariages du Québec provenant de NosOrigines
Fiche de famille telle que présentée sur NosOrigines

NosOrigines est un site gratuit regroupant des centaines de milliers de fiches portant sur des familles du Québec. Ces fiches font références à des événements vitaux provenant majoritairement des registres paroissiaux du Québec. Un lien vers le document original disponible sur Family Search est parfois inclus.


Consulter NosOrigines (Gratuit)

BMS2000

BMS2000 est un site web de recherche regroupant plus de 16 millions d’actes de baptême, sépulture et mariage du Québec. Un engin de recherche permet d’explorer la base de données avec aise. Un lien vers le document original disponible sur Family Search est parfois inclus.


Consulter BMS2000 ($)

Abonnement à BMS2000: à partir de 20$

Fichier Origine

Le Fichier Origine contient des fiches d’individu basées sur des actes de l’état civil et des actes notariés portant sur les premiers immigrants des familles s’étant établies en sol québécois des origines jusqu’en 1865. Ces fiches d’individu répertorient entre autres les informations de mariage de ces pionniers, que celui-ci ait eu lieu au Québec ou dans le pays d’origine.


Consulter le Fichier Origine (Gratuit)

La généalogie et l’histoire des femmes

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(Cet article fait suite à La généalogie et le travail du care)

En tant que généalogistes, nous avons accès à des petites fenêtres sur le passé. Nos histoires familiales, la vie de nos ancêtres, s’inscrivent dans le contexte beaucoup plus large de la société dans laquelle ils et elles ont vécu. Si nous sommes attentif.ve.s dans nos recherches, nous pouvons en percevoir des bribes. Ces petites parcelles de passé peuvent être très instructives et nous aider à mieux comprendre certaines réalités. En ce sens, il me semble que la généalogie peut servir l’émancipation féministe : elle peut éclairer l’histoire des femmes.

En effet, la généalogie peut nous en apprendre beaucoup sur les conditions de vie des femmes à différentes époques. Lors de nos recherches généalogiques, nous sommes amené.e.s à découvrir combien d’enfants ont eu nos ancêtres, à quel intervalle, combien ont survécu, quel âge elles avaient au moment de leur(s) mariage(s) et de leur(s) accouchement(s), si elles ont été veuves, combien de fois, à quel âge, etc. À partir de ces faits, on peut reconstruire leurs histoires de vie, partiellement bien sûr, puisqu’elles ne peuvent se résumer entièrement à leur contexte familial. Toutefois, le rôle des femmes ayant souvent été de s’occuper de la famille, ces faits peuvent nous en apprendre beaucoup sur leurs quotidiens, les grandes étapes de leurs vies et les défis qu’elles ont traversés.

Source: Fiche d’individu 13420, PRDH-IGD.com
Source: Fiche de famille 4903, PRDH-IGD.com
Les fiches d’individu et de famille de Marie Catherine Sicotte, provenant de PRDH-IGD.com nous donnent un aperçu relativement détaillé de la vie de Marie Catherine; son lieu et sa date de naissance, mariage et décès, le nom de ses parents ainsi que la liste de ses enfants incluant le lieu et la date de leur naissance, mariage et décès.

On peut également très certainement voir dans ces informations les différentes façons dont le patriarcat a influencé la vie des femmes. Les normes sociales, parfois subtiles et les lois, beaucoup plus concrètes entourant par exemple les injonctions au mariage et à la maternité, l’accès à la contraception et à l’avortement, se reflètent directement dans nos arbres généalogiques et dans nos histoires de famille. Lorsque nous connectons les histoires de vie de plusieurs générations, nous pouvons même constater comment ces influences ont évolué à travers les décennies, voire les siècles.

La généalogie peut aussi permettre de comprendre quel rôle les femmes jouaient au sein de la société. Si les documents dont nous nous servons dans une recherche généalogique mentionnent souvent le métier des hommes, c’est beaucoup plus rarement le cas pour les femmes, qui s’occupaient généralement de la famille ou qui aidaient, dans l’ombre, leur mari avec l’entreprise familiale. Toutefois, il existe une exception : le travail de sage-femme! Les sages-femmes qui ont aidé un enfant à naître sont ainsi parfois mentionnées sur les actes de baptême.

“Née de parents inconnus à Québec, à nous présentée par Marie Guérin sage femme de cette paroisse.”
Source:Acte 2953156, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Les rôles que les femmes jouaient au sein de nos sociétés sont rarement valorisés. Ils étaient pourtant d’une importance capitale! Les sages-femmes pouvaient être des ressources médicales de proximité indispensables, surtout dans des villages plus petits ou éloignés où l’accès à un médecin n’était pas toujours garanti (Laforce, 1983 :7 ; Bates et al, 2005 :18). Le travail ménager et l’éducation des enfants sont également essentiels dans n’importe quelle famille, et c’est souvent parce que les femmes s’en occupaient que les hommes étaient en mesure de se consacrer à d’autres activités, plus publiques et davantage vues comme importantes (comme la politique, l’art, la science, etc).

Cette dévalorisation se poursuit encore aujourd’hui : il n’est pas rare que les femmes qui choisissent de rester à la maison sont considérées comme ne travaillant pas (comme le soulignait déjà la pièce de théâtre « Môman travaille pas, a trop d’ouvrage » (Théâtre des cuisines, 1976)), et les emplois traditionnellement féminins sont significativement sous-payés. Comme le souligne la Fondation canadienne des femmes : «  les classes professionnelles à majorité féminine sont généralement perçues comme non qualifiées, car les tâches en question sont généralement associées au travail domestique dont les femmes se chargent gratuitement au foyer » (Fondation canadienne des femmes, 2021). En mettant ces rôles de l’avant dans nos recherches généalogiques, nous pouvons participer à les revaloriser, afin que les contributions des femmes du passé et du présent soient davantage reconnues.

Ce genre de recherches généalogiques permet aussi de faire le pont entre les histoires familiales, personnelles à chaque chercheur.euse et l’histoire beaucoup plus globale d’une société. La généalogie participe ainsi à lier les sphères publique et privée, que le modèle patriarcal nous présente comme fondamentalement opposées (Bereni et Revillard, 2009). Cette opposition est directement liée à l’oppression des femmes : c’est parce qu’il s’agit de domaines complètement différents, voire incompatibles que l’assignement des femmes à la sphère privée les exclut de facto de la sphère publique.

Les féministes se sont donc attelées à déconstruire cette opposition : c’est notamment cette idée qui est portée par le célèbre slogan des féministes radicales « le privé est politique ». On pourrait ainsi considérer que certaines pratiques généalogiques, en liant les deux sphères et en brouillant la frontière qui les sépare, participent à cette déconstruction et au projet d’émancipation féministe !

Audrey Pepin


Bibliographie :

Bates, Christina, Dodd, Diane et Rousseau, Nicole (2005). Sans Frontières : quatre siècles de soins infirmiers canadiens. Ottawa : Les Presses de l’Université d’Ottawa. 248 p.

Bereni, Laure et Revillard Anne. (2009). « La dichotomie “Public-Privé’’ à l’épreuve des critiques féministes: de la théorie à l’action publique ». Dans Genre et action publique : la frontière public-privé en questions, Muller, P. et Sénac-Slawinski, R (dir.). Paris : L’Harmattan. p. 27-55.

Fondation canadienne des femmes (2021). L’écart salarial entre hommes et femmes au Canada : les faits [En-Ligne]. Récupéré de : https://canadianwomen.org/fr/les-faits/lecart-salarial/ 

Laforce, Hélène (1983). L’évolution du rôle de la sage-femme dans la région de Québec de 1620 à 1840. (Mémoire de maîtrise). Québec : Université Laval, 368 p. Récupéré de : https://corpus.ulaval.ca/jspui/handle/20.500.11794/28994 

Théâtre des cuisines. (1976). Môman travaille pas, a trop d’ouvrage. Montréal : Les Éditions du Remue-Ménage, 78 p.

La généalogie et le travail du care

Dans ma première série d’articles sur ce blog, « Les femmes : grandes oubliées des arbres généalogiques »1, je me suis intéressée au rapport que la généalogie entretient avec les femmes, en explorant les raisons et les conséquences de leur exclusion de la plupart des recherches. Pour cette nouvelle série, j’ai eu envie de renverser la perspective et de m’intéresser au rapport que les femmes, elles, entretiennent avec la généalogie. Quelles sont les motivations derrière leurs recherches? Qu’est-ce que leurs enquêtes leur permettent d’accomplir? Quelle place occupe la notion de genre dans leurs pratiques? La généalogie est-elle, pour les femmes qui s’y adonnent, source d’émancipation féministe?

Les pratiques généalogiques individuelles sont, très souvent, une affaire familiale. On fait de la généalogie pour retrouver ses ancêtres, pour partager nos découvertes avec nos proches et pour léguer aux générations futures une meilleure connaissance de leur passé. Il m’a donc semblé logique de commencer par voir si la généalogie pouvait s’inscrire dans le rôle traditionnellement attribué aux femmes dans la cellule familiale : le care.

« The Spring Clean », artiste inconnu. Source : Wikimedia Commons

Qu’est-ce que le care?

Le terme care a d’abord été popularisé par Carol Gilligan, qui parlait plus précisément d’éthique du care. Ses travaux mettaient en relief les bases particulières sur lesquelles repose le jugement moral et éthique des femmes, qui serait davantage contextuel et ancré dans le maintien des relations humaines et dans l’interdépendance des individus (voir Gilligan, 1982). Le concept de care a éventuellement dépassé les questions de philosophie et de psychologie auxquelles s’intéressait Gilligan. Les théories féministes font aujourd’hui très souvent référence au « travail du care ». On entend par là un ensemble de tâches concrètes (on pourrait aussi dire physiques, matérielles) ou moins visibles (relevant davantage de l’immatériel), qui visent à prendre soin des autres et du monde qui nous entoure. 
Ces tâches sont généralement (du moins dans nos sociétés patriarcales) attribuées aux femmes. Joan Tronto, une chercheuse qui s’est notamment intéressée au care, définit le concept ainsi : « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre monde, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie » (Tronto, 2009 [1993] : 143).

Le concept comprend ainsi le travail ménager (l’entretien du logis, la planification, la préparation des repas, l’achat de biens pour le ménage, l’éducation des enfants, etc (voir Robert, 2017 : 15)), mais aussi une manière de percevoir le monde et les autres et une façon d’être préoccupé par eux, d’avoir conscience de la responsabilité que nous avons à leur égard et de se soucier de leur bien-être (Garrau et Le Goff, 2010 : 5). On peut penser à l’écoute et l’empathie nécessaires pour s’adapter à ses proches et les aider, aux petites attentions qui permettent d’entretenir une relation, etc. 
Le travail du care s’inscrit aussi dans la fameuse division public-privé dont j’ai discuté dans mes précédents articles (et particulièrement ici). Pour empêcher les femmes d’accéder à la sphère publique, aux lieux de décision et de pouvoir, le système patriarcal les a historiquement reléguées à la sphère privée, notamment en les assignant au travail du care au sein de leur famille (Bereni et Revillard, 2009).

La recherche généalogique et la pratique du care

La généalogie peut, elle aussi, être une forme de travail du care. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, « Family webs : the impact of women genealogy research on family communication » (Réseaux familiaux : l’impact des recherches généalogiques des femmes sur les communications familiales), Amy M. Smith (2008) a interviewé 22 femmes généalogistes pour comprendre comment leurs pratiques généalogiques s’inscrivaient dans leurs environnements familiaux ainsi que dans la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Les résultats de ces entrevues la mènent à nommer le care comme étant une composante très importante des pratiques généalogiques des femmes. Elle explique notamment que la recherche généalogique joue un rôle clé dans la construction des identités individuelles des membres de la famille et dans l’identité de la famille comme un tout. La généalogie, parce qu’elle permet de mieux comprendre l’histoire de notre famille, peut aussi être d’une grande utilité pour la guérison des traumas intergénérationnels ou pour vivre plus sereinement certains deuils. S’occuper de la généalogie familiale peut ainsi être un moyen de prendre soin, à la fois des individus qui composent une famille et des liens qui les unissent.

Est-ce que cela signifie que la généalogie est une pratique opprimante, qui enferme les femmes? Pas du tout! Le travail du care n’est pas opprimant en soi : c’est plutôt sa dévalorisation, l’absence de reconnaissance pour celles qui le pratiquent, son instrumentalisation pour éloigner les femmes de la sphère publique et son inégale répartition entre les hommes et les femmes qui font l’objet de dénonciations par les féministes. 

« Mother and Child (The Goodnight Hug) », Mary Cassat. Source : Wikimedia Commons.

Care et émancipation

Le care est par ailleurs revendiqué comme pouvant s’inscrire dans une démarche d’émancipation féministe. Certaines théoriciennes considèrent le care comme fondamentalement subversif, car il « permet de montrer clairement l’importance de valoriser ce que les femmes valorisent, et non pas permettre aux femmes d’accéder à ce que les hommes valorisent » (Savard-Laroche, 2020 : 63). Certaines théoriciennes vont jusqu’à dire que « le care n’est ni plus ni moins qu’une réponse cohérente, à la fois réaliste et visionnaire, aux écueils des paradigmes dominants » (Bourgault et Perreault, 2015 : 14). L’idée de prendre soin de notre environnement et des autres, de ne pas stigmatiser la dépendance et la vulnérabilité mais de plutôt mettre de l’avant l’interdépendance entre les humain.e.s peut être une façon de contrer les idéologies capitalistes et coloniales qui détruisent l’environnement et valorisent l’autonomie, l’individualité et l’indépendance au détriment de la solidarité.

Une pratique généalogique ancrée dans le care pourrait ainsi, sous certaines circonstances, contribuer à la valorisation des éthiques du care et à une certaine émancipation féministe. Dans sa thèse, Amy M. Smith dénote d’ailleurs qu’en s’intéressant aux connexions entre les individus, mais aussi entre des familles entières, les généalogistes arrivent à voir l’interconnexion qui existe entre tous les êtres humains (Smith, 2008 : 107). Entre cette interconnexion et l’interdépendance mise de l’avant par les éthiques du care, il n’y a qu’un pas!

Il faut aussi se rappeler que le care n’est qu’un aspect des pratiques généalogiques des femmes. Il existe bien sûr autant de rapports à la généalogie qu’il existe de femmes qui la pratiquent, et ceux-ci peuvent par ailleurs se révéler très émancipateurs sous une multitude d’autres angles : ce sera d’ailleurs le sujet de la deuxième partie de cette série d’articles.

Audrey Pepin


1 Vous pouvez lire en cliquant sur les liens la partie 1,la  partie 2 et la partie 3

Bibliographie :

Bereni, Laure et Revillard Anne. (2009). « La dichotomie “Public-Privé’’ à l’épreuve des critiques féministes: de la théorie à l’action publique ». Dans Genre et action publique : la frontière public-privé en questions, Muller, P. et Sénac-Slawinski, R (dir.). Paris : L’Harmattan. p. 27-55.

Bourgault, Sophie et Perreault, Julie. (2015). « Introduction. Le féminisme du care, d’hier à aujourd’hui ». Dans L’éthique du care. Montréal : Remue-Ménage. p.9-25.

Garrau, Marie et Le Goff, Alice. (2010). Care, justice et dépendance. Introduction aux théories du care. Paris : Presses Universitaires de France. 160 p.

Robert, Camille. (2017). Toutes les femmes sont d’abord ménagères. Montréal : Éditions Somme Toute. 180 p.

Savard-Laroche, Sophie (2020). Travail et justice du care. (Mémoire de maîtrise). Université Laval.

Smiths, Amy M. (2008). Family Webs: The Impact of Women’s Genealogy, Research on Family Communication. (Thèse de doctorat). Graduate College of Bowling Green State University.

Tronto, Joan C. (2009 [1993]). Un monde vulnérable, pour une politique du care. Paris : La Découverte, 240 pages.

L’état civil québécois a 400 ans

Le 24 octobre 2021 marque le 400e anniversaire de l’instauration de l’état civil en Nouvelle-France. En effet, à cette date précise, le père Joseph Denis, curé récollet de la paroisse Notre-Dame de Québec, a baptisé Eustache Martin, fils de Marguerite Langlois et d’Abraham Martin dit l’Écossais [d’où le nom des Plaines d’Abraham à Québec]. Depuis le 17e siècle, l’enregistrement des actes est alors confié à l’autorité ecclésiastique qui applique les ordonnances royales comme la tenue en double des registres – l’un étant conservé par la paroisse, l’autres étant déposé au greffe de la Prévôté.

Acte 57096, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

À compter de 1703, la rédaction des actes par les curés des paroisses canadiennes est faite selon les règles prescrites par le Rituel du diocèse de Québec. Lors de la cession de la Nouvelle-France à l’Angleterre par le Traité de Paris en 1763, les registres paroissiaux demeurent dans la colonie et les autorités coloniales maintiennent les anciennes lois françaises relatives à l’enregistrement des actes. En 1774, l’Acte de Québec confirme la responsabilité du clergé en ce qui concerne la tenue des registres paroissiaux qu’ils soient catholiques ou protestants.

En 1760, les registres anglo-protestants ont été introduits au pays à la suite de la Conquête britannique. Les mariages protestants sont célébrés conformément au Mariage Act, une loi britannique de 1754. Le premier registre est celui de l’Anglican Garrison Church de Montréal qui couvre la période de 1760 à 1764. Entre 1760 et 1770, des paroisses protestantes sont ouvertes à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Sorel.

Acte 5585366, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

En 1795, une loi du Parlement du Bas-Canada confirme l’application des ordonnances françaises tout en les adaptant à la nouvelle situation du pays. Au cours des deux siècles suivants, très peu de modifications sont apportées à l’enregistrement des actes si ce n’est quelques ajustements mineurs découlant de l’adoption d’un nouveau Code civil en 1866. Il faut attendre une centaine d’années avant que des changements majeurs soient apportés à l’état civil québécois par l’introduction du mariage civil qui, depuis 1968, peut être célébré dans les palais de justice ou autre lieux autorisés. Le nombre de différentes confessionnalités, et par conséquent, le nombre de célébrant.es autorisés.es à enregistrer les actes étant devenus très élevés – 5 417 registres ont été déposés pour l’année 1989 seulement – l’adoption d’un nouveau code civil, en 1991, confirme la prérogative de l’État en matière d’enregistrement des actes concernant les registres d’état civil des personnes.

En 1994, le gouvernement met en place un état civil moderne, crée le poste de Directeur de l’état civil et dote le Québec d’un registre unique non confessionnel. La nouvelle réglementation retire aux Églises l’enregistrement légal des actes de naissance, mariage et décès, ceux-ci relevant maintenant de l’État. Bien que la nouvelle réglementation soit d’ordre civil, les prêtres et les ministres desservant les diverses confessionnalités sont toujours considérés comme des officiers de l’état civil pour la célébration des mariages religieux même si la plupart des unions sont contractées devant un officier civil agréé par le Directeur de l’état civil.

Entre 1621 et 1800, les curés des 159 paroisses catholiques du Québec ont enregistré 690 000 actes qui constituaient l’état civil officiel. Il faut ajouter à ces données quelques milliers d’actes des paroisses protestantes ouvertes au culte à compter de 1766. Entre 1800 et 1900, sept millions d’actes ont été rédigés par rapport à plus de dix-sept millions pour la période de 1901 à 2000. Les archives québécoises détiennent aujourd’hui près de 25 millions d’actes concernant les Québécois et les Québécoises depuis quatre siècles.


Consultez tous les registres paroissiaux du Québec de 1621 aux années 1940 en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!


L’état civil constitue une source d’information essentielle à toute recherche généalogique, historique et démographique. La continuité et la qualité des registres paroissiaux québécois sont uniques dans le monde. Les actes de baptême, mariage et sépulture rédigés par les autorités ecclésiastiques depuis le début de la Nouvelle-France ont traversé le temps sans trop de lacunes. Il en est de même pour la période qui s’étend de 1763 jusqu’au milieu des années 1990.

Jusqu’en 1994, les actes paroissiaux étaient librement accessibles aux chercheurs mais ils ont été fermés à la consultation avec l’avènement des nouvelles dispositions sur l’état civil. Cette situation rend plus difficile la recherche généalogique et prive les Québécois et les Québécoises d’une partie importante de leur mémoire collective. Les généalogistes, dont je suis, comprennent bien que la protection des renseignements personnels est une priorité de la vie moderne mais nos instances administratives ne devraient-elles pas trouver des compromis pour que la recherche en histoire de familles puisse se perpétuer afin que les générations actuelles et futures aient l’opportunité d’apprendre d’où nous venons pour savoir où nous allons selon une expression consacrée.

Dernièrement, la Fédération québécoise des sociétés de généalogie et le Directeur de l’état civil du Québec ont tenu des rencontres exploratoires permettant une certaine ouverture quant à la consultation des actes de décès entre 1994 et 2021. Il est à souhaiter que ces discussions permettent la diffusion de certaines informations généalogiques tout en respectant la vie privée des Québécoises et des Québécois. L’état civil québécois demeure une richesse collective essentielle permettant de reconstituer l’histoire des familles québécoises à travers l’espace et le temps.

Marcel Fournier, AIG
Historien et généalogiste

Les prêtres, autorité morale de la Nouvelle-France

Les registres paroissiaux du Québec sont une ressource inestimable pour les généalogistes et les historiens s’intéressant au passé des habitants de la province. Il est important de souligner que cette fenêtre sur notre histoire nous est offerte par un groupe restreint d’individus : les prêtres de la province.

Le Père Marquette

Lors de la rédaction d’un acte paroissial, le prêtre se devait de respecter un format prédéterminé, dictant une formulation qui ne déviait généralement pas d’acte en acte. Les habitués de la généalogie connaissent bien ce format; date de rédaction, date de l’évènement, nom du ou des sujets, nom des parents, le tout encadré par des formules telles que « par nous prêtre soussigné de la paroisse » ou « lesquels ont déclaré ne pas savoir signer ».

Mais ces consignes n’empêchaient pas certains prêtres d’ajouter un peu de couleur à leurs actes, comme vous le constaterez dans cet article.


Tous les documents utilisés dans cet article proviennent du LAFRANCE, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.


Nous débutons notre visite du passé en 1734 avec le curé René Portneuf de la paroisse Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, célébrant ici le baptême de Marie Renée Marguerite Charlan.

Le prêtre était bien plus que l’officiant des cérémonies religieuses de sa paroisse; il en était aussi l’autorité morale! Admirons ici le zèle du père Portneuf :

« Je me suis nommé parrain après avoir répudié Simon Campagna à cause de son ignorance […] sur la religion ainsi qu’il apparu à tous ceux qui étaient présents lorsque je l’ai interrogé sur le Petit Catéchisme. »

Source: Acte 143891, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est intéressant de noter que Simon Campagna était déjà 5 fois parrain avant sa regrettable rencontre avec le père Portneuf. Vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’il n’aura pas d’autres filleuls de son vivant.

La sépulture du soldat Jean Simon dit Sansregret à l’Hotel Dieu de Québec, elle aussi en 1734, nous rappelle l’importance et l’omniprésence de la religion dans les mœurs et la culture de la colonie française.

« […] sans avoir jamais voulu recevoir les sacrements quoy que les Prêtres et Religieux se fussent employés avec beaucoup de zele pour le gagner, il fut enterré par nos infirmiers proche de la caserne sans honneurs et sans prières, et avec l’horreur qu’il inspirait. »

Source: Acte 169203, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Visiblement, Monsieur Simon dit Sansregret portait bien son nom.

En parlant d’horreur, c’est plutôt chez nous qu’elle est inspirée lorsque confronté au racisme flagrant qu’on retrouve souvent dans les registres. Voyons par exemple l’acte de baptême de Marie Louise, fille de Marie Anne, daté du 17 juillet 1688 à Lachine.

« […] a été baptisée Marie Louise fille d’une sauvagesse nommée Marie Anne femme de mauvaise vie connue pour folle par tous les pais et coustumière d’avoir de tels enfans »

Source: Acte 13426, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Des travaux de reconstruction familiale effectués par le PRDH de l’Université de Montréal nous permettent d’en apprendre un peu plus sur le destin de la petite Marie Louise. Celle-ci aurait été enlevée à sa mère par le curé et confiée aux Sulpiciens, puis finalement élevée par un Pierre Sarault dit Laviolette. Mariée 3 fois au cours de sa vie, elle meurt noyée en 1777 à l’âge vénérable de 89 ans.

Source: Fiche d’Individu 39257, PRDH-IGD.com

Mais tout n’est pas noir dans les registres; ceux-ci nous réservent parfois de belles surprises et nous rappellent l’humanité de certains prêtres de la colonie. La sépulture de Marie Benoist, le 13 janvier 1736 à Longueuil, en est un bon exemple :

« […] a été inhumé le corps de defunte Marie Benoist […]  âgée d’environ 44 ans, pendans lesquels, il a plû au Seigneur de l’éprouver par des maladies et des soufrances continuelles, qui ne lui ont rien fait perdre de l’espris de charité de douceur et de patiance, qui l’ont fait admirer par tous ceux qui ons connu cette vertueuse vierge sans vices qui est décédée comblée de merite et de grâce. »

Source : Acte 106904, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Dans la même veine, nous avons la sépulture du naturaliste et chirurgien Michel Sarrazin, décédé le 9 septembre 1734 à l’Hôtel Dieu de Québec.

« Il avait exercé son art en ce païs plus de 45 ans avec une rare charité, un parfait desinteressement, un succès extraordinaire, une adresse surprenante, une application sans égale pour toutes sorte de personnes qui luy faisait faire avec joye et avec grace, tout ce qui depandait de ses soins pour le soulagement des malades qu’il traitait, il était aussy habile chirurgien que scavant médecin, comme les belles cures qu’il a faites en sont les preuves. »

Source: Acte 169208, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est évident que M. Sarrazin avait l’estime et le profond respect de ses contemporains, et il est aujourd’hui considéré comme le premier scientifique canadien. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce fascinant individu à cette adresse.

Nous connaissons tous la valeur inestimable des registres paroissiaux dans la sphère généalogique, mais accordons-nous assez d’attention à la petite histoire qu’ils contiennent? Les prêtres nous ont offerts, à leur façon, une fenêtre fascinante sur la vie de nos ascendants, et tout chercheur devrait se faire un devoir de lire attentivement les actes concernant ses ancêtres.

Dans les prochains articles de cette série, je continuerai d’aborder divers sujets et thématiques historiques, toujours à l’aide des documents disponibles sur Généalogie Québec.

François Desjardins

Quelle place pour les femmes dans la toponymie québécoise?

Lors d’une recherche généalogique, il n’est pas rare que les lieux jouent un rôle de grande importance : ils peuvent servir à confirmer l’identité d’une personne ou à orienter nos recherches lorsque nous sommes à la quête d’un·e ancêtre.

Même s’ils ne jouent pas un rôle central dans notre enquête, du moment où nous consultons des sources modernes, que ce soit un acte d’état des personnes ou un recensement nominatif, nous rencontrerons nécessairement divers toponymes (Jetté, 1991 : 89) – des noms de villes, de paroisses ou même de rues! 

L’église Saint-Thomas de Joliette, une des nombreuses paroisses portant un toponyme masculin au Québec.
Source: Collections diverses de l’Institut Drouin (Fonds Pierre Colpron), GenealogieQuebec.com

Vous avez peut-être ainsi remarqué que les toponymes québécois sont loin d’être paritaires. On estime que les femmes représentent moins de 10% de la toponymie anthroponymique québécoise – autrement dit, pour chaque lieu qui porte le nom d’une femme, il y en a 10 autres qui portent le nom d’un homme (Beaudoin et Martin, 2019 : 1).

Devant ce constat, un mouvement pour la parité toponymique s’est créé. Sarah Beaudoin et Gabriel Martin, tous deux engagés dans la cause, la première en tant que militante féministe et le deuxième comme linguiste, se sont intéressé·e·s de près à l’enjeu et ont publié en 2019 un livre à ce sujet : Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. 

L’ouvrage offre un tour d’horizon étonnamment complet pour ses 125 pages : l’auteur et l’autrice dressent d’abord un portrait historique du mouvement pour la parité toponymique au Québec, puis s’attardent aux mythes et aux réticences courantes. De la supposée moindre importance de tendre vers la parité toponymique à la soi-disant insuffisance de femmes marquantes dans l’histoire, tous les arguments contre les résolutions visant à atteindre la parité toponymique sont examinés. 

Le développement de cet argumentaire permet à l’auteur et à l’autrice d’aborder différents concepts féministes (par exemple de définir le féminisme radical ou le patriarcat). Le livre démontre aussi une certaine sensibilité envers diverses oppressions (notamment le racisme et le colonialisme), en particulier pour les enjeux autochtones.
La page couverture se veut entre autres un hommage à An Antane Kapesh, cheffe de bande innue et autrice du livre bien connu Je suis une maudite sauvagesse – Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu. Toutefois, l’utilisation du terme « améridien » à quelques reprises dans le livre me semble fort dommage, puisqu’il est aujourd’hui considéré dérogatoire (Picard, 2018).

Le livre se termine par une banque de toponymes potentiels et par une charte pour la toponymie paritaire, ce qui permet de concrètement lier les revendications à la réalité du Québec. C’est aussi une bonne occasion de découvrir des figures féminines marquantes de notre histoire : parmi les 145 suggestions toponymiques, 10 font l’objet d’une courte présentation, dont plus de la moitié sont des femmes racisées et/ou autochtones.

Contrat notarié où sont mentionnées les villes de Sainte-Thérèse et Sainte-Anne-des-Plaines, toponymes féminins.
Source: Outil Contrats Notariés, GenealogieQuebec.com

Le livre accomplit l’exploit synthétique de rester très accessible tout en abordant en profondeur de nombreux enjeux. Ceux et celles qui ont peu de connaissances en toponymie ou en féminisme pourront s’y retrouver sans problème, je dirais même qu’il peut s’agir d’un excellent ouvrage d’introduction pour l’un ou l’autre de ces domaines. Les lecteur·trice·s présentant une certaine expertise ne seront pas en reste : même après des études universitaires en études féministes, le livre m’a permis d’affiner mon argumentaire et de découvrir des figures marquantes de notre histoire.

Somme toute, il s’agit d’une excellente lecture pour porter un regard différent sur nos recherches généalogiques aussi bien que sur nos promenades dans les rues de notre quartier!

Audrey Pepin


Liste de références :

Jetté, René. (1991). Traité de Généalogie. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 716 p.

Beaudoin, Sarah et Martin, Gabriel (2019). Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. Sherbrooke : Les Éditions du Fleurdelysé, 125 p.

Picard, Ghislain (2018, 26 septembre). « Non, les Autochtones ne sont pas des Amérindiens ». HuffPost Québec. Récupéré de https://quebec.huffingtonpost.ca/ghislain-picard/autochtones-pas-amerindiens-terminologie-colonialisme_a_23541813/

Nos ancêtres esclavagistes, partie 2

Cet article fait suite à celui publié le 7 juillet 2021 et vise à mettre en évidence la présence d’autochtones et de noirs asservis au sein de la population française et anglaise de la vallée Laurentienne.

Source : Création Bernard Duchesne

Un cas bien connu d’un membre de l’élite ayant possédé des esclaves à Montréal est celui de James McGill. Ce grand marchand devenu magistrat et membre du conseil qui constitue le gouvernement de Montréal aura eu au moins cinq esclaves (McGill, 2021), dont Marie-Louise, une esclave noire :

« Le six février mil sept cent quatrevingt neuf, par moi prêtre soussigné, a été inhumé dans le cimetière proche de l’église, le corps de Marie Louise [Noire]appartenant a Mr Mcguil Ecuier Juge à paix, décédée d’hier, a l’Hotel Dieu de St Joseph, âgée de ____ ont été présent les sieur Baron et Duransaux montres soussignés. André Baron  [sic] »

Acte de sépulture de Marie Louise.
Source: Acte 572200, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

La croyance populaire veut que les esclaves du Québec ancien appartenaient surtout aux nobles de la Nouvelle-France. Or, seulement 38% des esclaves étaient asservis par des membres de cette strate sociale selon les informations disponibles aujourd’hui. 31% des esclaves appartenaient aux marchands, puis 31% des personnes asservies étaient sous le joug des membres des strates sociales plus basses, entre autres les voyageurs, les forgerons et les cultivateurs (Dupuis, 2020).

Parmi cette dernière strate de la population, nous retrouvons François Campeau, un forgeron et un esclavagiste de deuxième génération qui a possédé au moins deux esclaves autochtones : Marguerite, décédée à 15 ans, et une anonyme, décédée à 13 ans.

         « Lan mil sept cent trente sept le huit de janvier, je soussigné Jean Bouffandeau pretre du seminaire de (?)ay inhumé dans le cimetière des pauvres le corps de Marguerite sauvagesse âgée d’environ quinze ans ayant appartenant a Francois Campau forgeron décédé hier en la communion de laditte Église Romaine ont été présent led. Campeau et Simon Mongino  [sic] »

Acte de sépulture de Marguerite.
Source: Acte 151707, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Quelles étaient les tâches effectuées par Marguerite chez ce forgeron? Pourquoi vivait-elle dans ce foyer? Il est difficile de répondre à ces questions, mais les archives biographiques nous permettent de spéculer sur son quotidien.

François Campeau, marié en 1698 à Montréal à Marie-Madeleine Brossard, aura un total de 14 enfants. Marie-Madeleine décède en 1729, ce qui pourrait correspondre à l’année d’achat de Marguerite. Nous ne connaissons pas la date d’arrivée de Marguerite en Nouvelle-France, mais nous savons que les esclaves autochtones arrivaient jeunes sur le territoire (Trudel, 2004).

Si c’est le cas, elle serait alors arrivée dans la famille Campeau aux alentours de 8 ans et la maisonnée aurait été composée de François Campeau ainsi que 6 de ses garçons et 3 de ses filles, tous célibataires et âgés de 11 à 30 ans. Il serait donc tout à fait possible que Marguerite, autochtone asservie, effectuait des tâches domestiques dans le ménage pour aider aux besoins de la famille suite au décès de Marie-Madeleine.

Il s’avère que les Campeau deviendront une grande famille esclavagiste. Le père de François Campeau, Étienne Campeau, est le premier d’une lignée de cinq générations de propriétaires d’esclaves. Sans être très riches et issus de professions modestes telles que maçon, charpentier et forgeron, cette famille bâtie un réseau esclavagiste s’étalant de Montréal à Détroit.

La famille Campeau n’est pas un cas isolé. Des recherches biographiques nous ont permis d’en connaître davantage sur les différentes familles esclavagistes, entre autres les familles Demers, Boyer, Hervieux et Parent, qui auront des esclaves pendant au moins trois générations. S’ajoutent les familles riches esclavagistes : les Baby, les Tarieu de Lapérade, les Lemoyne de Longueil, les Lacorne Saint-Luc et les Fleury D’eschambeault, pour ne nommer que celles-ci.

Plaque commémorative d’Olivier Le Jeune, premier esclave et résident africain en Nouvelle-France

On trouve même la trace d’esclaves chez les familles des deux derniers Premiers ministres du Québec : Guillaume Couillard (ancêtre direct de Philippe Couillard), propriétaire d’Olivier Le Jeune, premier esclave noir connu sur le territoire, et Charles Legault Deslauriers père (ancêtre direct de François Legault), propriétaire d’une jeune Panise autochtone décédée à 10 ans :

         « Le cinq aout mil septcent soixante et sept a été inhumé dans le cimetière le corps d’une panise Baptisée décédée d’hier âgée d’une dixaine d’années appartenante a Charles Legault dit deslauriers pere. A été présent jacques perrier led au qui a signé avec moy  [sic] »

Sépulture de la Panise appartenant à Charles Legault.
Source: Acte 368509, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

En conclusion, j’espère avoir démontré avec cet article que les propriétaires d’esclaves n’étaient pas nécessairement bien nantis et appartenaient à des milieux et classes variés. On retrouve en Nouvelle-France des esclaves noirs et autochtones chez plusieurs familles et institutions, dans toutes les strates sociales, ainsi que dans toutes les régions de la vallée Laurentienne, de la Gaspésie à Détroit.

Cathie-Anne Dupuis
MSc Démographie,
Candidate au doctorat en histoire.

BIBLIOGRAPHIE
Dupuis, 2020. Étude comparée de la mortalité des esclaves noirs et des esclaves autochtones du Québec ancien (1632 – 1834), mémoire en démographie, Université de Montréal.
McGill, 2020. Qui était James McGill? James McGill – 1744-1813, [en ligne] URL : https://www.mcgill.ca/about/fr/histoire/jamesmcgill (page consultée le 6 juillet 2021)
Trudel, Marcel, et Micheline D’Allaire. 2004. Deux siècles d’esclavage au Québec. Montréal: Hurtubise HMH.