Jusqu’où peut-on rechercher ses ancêtres au Québec?

Grâce à l’enregistrement systématique des baptêmes, mariages et sépultures par l’église catholique, nous avons la chance au Québec d’avoir accès à un portrait détaillé de la vie de nos ancêtres, et ce à partir du tout début de leur établissement dans la province. Ce sont grâce à ces documents que les généalogistes amateurs et professionnels sont en mesure de rechercher leurs ancêtres en sol québécois. Mais jusqu’où ces documents nous permettent ils de remonter?

En 1608, Samuel de Champlain fonde la ville de Québec sur les rives du fleuve St-Laurent. Il faudra cependant attendre à 1616 pour voir l’ouverture des premiers registres paroissiaux dans la province.

Mariage de Guillaume Couillard et Guillemette Hebert, avec nul autre que Samuel de Champlain comme témoin. Source: LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

De nos jours, les registres québécois les plus anciens toujours disponibles sont ceux de la ville de Québec pour l’année 1621.

Début du registre de la ville de Québec pour l’année 1621, tiré des Registres du Fonds Drouin disponibles sur GenealogieQuebec.com. Le registre original ayant brulé en 1640, celui-ci dut être reconstitué de mémoire peu après sa destruction.

Ces registres, ainsi que ceux de toutes les paroisses du Québec de 1621 à 1940, peuvent être consultés dans les Registres du Fonds Drouin avec un abonnement à GenealogieQuebec.com.

Premiers arrivants

Dans un article précédent, nous nous sommes penché sur l’influence des premiers immigrants sur les noms de famille au Québec. L’expression premier immigrant, ou premier arrivant, est utilisée pour définir le premier membre d’une famille s’étant installé dans une région. Lorsque vous tentez de retracer vos ancêtres, votre objectif est donc d’établir un lien générationnel direct entre vous et ce fameux premier arrivant, ce que vous pouvez faire aisément sur Généalogie Québec à l’aide de ce guide détaillé.

Du côté des femmes, plusieurs de ces premières arrivantes font parti des fameuses “Filles du Roi”,  des femmes célibataires recrutées par le Roi entre 1663 et 1673 afin de peupler la Nouvelle-France. Vous trouverez plus d’information sur celles-ci dans un autre de nos articles.

Fichier origine

Pour remonter au delà des actes paroissiaux du Québec, il faut se fier au Fichier Origine. Celui-ci est un “répertoire gratuit des actes de l’état civil et des actes notariés trouvés dans le cadre du projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865” (Source).

Fiche d’Antoine Roy dit Desjardins tirée du Fichier Origine

Il comprend les noms de tous les individus dont l’acte de naissance ou de baptême a été retracé dans leur pays d’origine. Via le Fichier Origine, vous pouvez donc retrouver de l’information datant d’avant l’arrivée de vos ancêtres dans la province.

Par ailleurs, l’information contenue dans le Fichier Origine est souvent intégrée aux fiches d’individus du PRDH-IGD. Voici par exemple la fiche d’Antoine Roy dit Desjardins, où la date et le lieu de son baptême ont été tirés du Fichier Origine.

Fiche d’individu d’Antoine Roy dit Desjardins tirée du PRDH-IGD

Pour conclure, il faut savoir que nous sommes extrêmement privilégiés au Québec de pouvoir rechercher ses ancêtres jusqu’au 17e siècle de manière aussi systématique. Si vos recherches généalogiques vous amènent dans d’autres pays, il ne fait aucun doute que votre appréciation des documents et registres historiques québécois n’en sera qu’amplifiée!

Bonnes recherches!

Les Filles du Roi et la base de données du PRDH-IGD

Le 22 septembre 1663 arrivent les premières des quelques 1000 filles du Roi s’établissant au Québec entre 1663 et 1673.

Leur arrivée était de mise puisqu’on dénombrait dans la colonie, en 1666, 719 célibataires masculins âgés de 16 à 40 ans pour seulement 45 filles célibataires des mêmes âges. Cette disproportion était due entre autre au fait que la Nouvelle-France était, à ses débuts surtout, une colonie d’exploitation du commerce des fourrures; la majorité des habitants étaient donc des hommes.

Mais qu’est ce qu’une Fille du Roi, concrètement?

L’expression Fille du Roi était réservée aux femmes célibataires recrutées pour émigrer en Nouvelle-France dans l’optique de favoriser le rétablissement démographique et le développement de celle-ci. Ces femmes étaient prises en charge par le Roi, qui s’occupait entre autres des frais d’émigration et d’établissement en plus de leur fournir une dot en vue de leur éventuel mariage en terre nouvelle.

Souvent orphelines ou d’origines modestes, et étant fréquemment issues de milieux urbains, ces femmes étaient pour la plupart inadaptées aux rudes conditions de vie présentes en Nouvelle-France. 

Liste des filles du Roi

Le Programme de recherche en démographie historique a identifié et répertorié toutes les Filles du Roi s’étant mariées au Québec. La liste complète peut être consultée à cette adresse.

Utiliser le PRDH-IGD pour en apprendre plus sur les Filles du Roi

La base de donnée du PRDH, accessible au public par abonnement, contient tous les individus catholiques ayant vécu au Québec entre 1621 et 1849. De ce fait, toutes les filles du Roi y sont répertoriées. Grâce à la présentation et l’organisation des données du PRDH, il est possible d’explorer en détail la vie de ces femmes.

Vous trouverez une explication plus détaillée de la structure de la base de donnée du PRDH dans un autre article, mais pour résumer, il faut savoir qu’elle contient 3 types de fiche:

Fiche d’acte – C’est une retranscription des informations pertinentes contenues dans un acte de baptême, mariage ou sépulture.

Fiche d’individu – C’est une fiche centralisant toute l’information disponible sur l’individu en question

Fiche de famille – C’est une fiche centralisant toute l’information et tous les individus appartenant à une unité familiale (parents et enfants)

Vous pouvez utiliser cette structure afin d’en apprendre plus sur une ou plusieurs de ces pionnières, et surtout découvrir si vous en comptez parmi vos ancêtres!

Comptez vous une Fille du Roi parmi vos ancêtres?

Le PRDH peut être utilisé afin de confirmer – ou non – la présence d’une Fille du Roi dans son ascendance.

Étant donné que les données du PRDH s’arrêtent en 1849, il est nécessaire de retracer un de vos ancêtres jusqu’à cette date.

Pour se faire, vous pouvez notamment utiliser les outils et bases de données de GenealogieQuebec.com destinés à cet effet.

Afin d’illustrer le processus permettant de remonter à une Fille du Roi dans sa lignée, nous utiliserons comme point de départ Joseph Valade, marié à Marie Lafond Lagrenade à Montréal le 20 novembre 1820.

Nous débutons avec une simple recherche de cet individu dans la base de données du PRDH.

Cette recherche nous permet de trouver l’acte de mariage de Joseph et Marie.

À partir de cet acte, nous sommes en mesure d’accéder à la fiche de famille du couple.

Il s’agit maintenant de remonter la lignée jusqu’aux années 1660, en espérant y découvrir une Fille du Roi! Pour se faire, nous cliquons sur la mention “Famille” se trouvant sous le nom des parents de l’époux dans toutes les fiches de Famille.

Nous arrivons finalement à une fiche de famille ou le mariage a été célébré autour des années 1660. Grâce à la liste compilée par le PRDH, nous pouvons vérifier que l’épouse est belle et bien une Fille du roi.

Sa fiche d’individu nous le confirme aussi, l’identifiant comme une immigrante originaire de La Rochelle, un des lieux de provenance les plus communs pour les Filles du Roi.

Et vous, comptez vous une Fille du roi parmi vos ancêtres?

Les premiers centenaires canadiens-français au Québec

Il n’y a pas de doute que la longévité exceptionnelle fascine. Les médias rendent régulièrement compte de personnes extrêmement âgées, ici ou ailleurs, et leurs propos intéressent toujours leur auditoire. Ces personnes font la fierté de leurs concitoyens et les politiciens n’hésitent pas à en faire des gloires nationales.

Les Canadiens-français ne font pas exception : le cas de Pierre Joubert, né en 1701 et que l’on croyait erronément être décédé à 113 ans – âge avalisé par le livre Guinness des records – fut cité par Joseph-Charles Taché, haut-fonctionnaire chargé du recensement du Canada de 1871 à l’appui de la prétention que les Canadiens français formaient « une population qui, plus qu’aucune autre, peut-être, offre de fréquents exemples de longue vie ».

Acte de baptême de Pierre Joubert tiré du LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Le problème est que le domaine est tellement affligé de mythes et exagérations que la plupart des cas de survie exceptionnelle signalés dans le passé sont faux! C’est que les âges déclarés au décès des personnes très âgées étaient notoirement imprécis et, surtout, portés à être exagérés. Les gens étaient en majorité illettrés, la documentation relative à la naissance de la personne faisait défaut et, de toute façon, l’exactitude en la matière n’était pas considérée importante.

Heureusement, l’extraordinaire information colligée pour les Canadiens français du Québec par le Programme de recherche en démographie historique (PRDH) et mise à la disposition du public sur le site PRDH-IGD.com permet de pallier le problème. En effet, en reliant la date de naissance et la date de décès des individus, respectivement obtenues des actes de baptême et de sépulture, l’âge exact est obtenu directement.

La fiche d’individu nous permet de déterminer l’âge au décès d’un individu via ses dates de naissance et de décès. Source: PRDH-IGD.com

Ainsi, il nous est possible de présenter ici un phénomène que nulle autre population peut espérer connaître, soit l’apparition des premiers centenaires, reliée au passage de la forte mortalité du passé à celle d’aujourd’hui, où les nouvelles générations peuvent raisonnablement prétendre à atteindre 100 ans.

Le tableau suivant identifie les dix personnes nées au Québec dont on peut affirmer avec certitude qu’elles ont atteint 99 ans ou plus avant 1850:

On constate que les cinq premiers centenaires québécois furent des femmes. Si une des toutes premières habitantes du pays, Marie-Élisabeth Dechavigny, atteignit 99 ans en 1748, il fallut attendre plus de trois-quarts de siècle, soit 1825, pour qu’une personne atteigne 100 ans; elle le fit avec panache puisqu’elle ne mourut qu’en 1832, à 107 ans!

Acte de sépulture de Marie Louise Plante. Remarquez l’inexactitude de l’âge donné dans l’acte; 117 ans! LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Un homme, François Parent, est mort à 99 ans en 1834; mais aucun décès masculin à 100 ans n’a pu être prouvé avant 1850 (les données du PRDH étant limitées à 1621-1849) et le premier Canadien français du Québec à devenir centenaire reste donc à être identifié. D’ailleurs, nous accueillerions avec plaisir toute information qui mènerait à son identification!

 

Bertrand et François Desjardins

Avril 2018

 

Généalogie Québec et PRDH-IGD: Les similarités, les différences et l’avantage d’être abonné aux deux

Le PRDH-IGD et Généalogie Québec sont deux sites de recherches généalogiques par abonnement gérés et développés par l’Institut généalogique Drouin

Généalogie Québec

Généalogie Québec contient l’ensemble des données, collections et outils développés et acquis par l’Institut Drouin au cours des 100 dernières années. Vous y trouverez 44 million d’images et de fiches réparties à travers 16 différents outils.

Vous trouverez plus de détails sur les 16 outils ici, et sur le site en général à cette adresse.

PRDH-IGD

Le PRDH-IGD est issue d’une base de données réalisée à l’Université de Montréal. La base est en développement constant. Vous trouverez plus d’information sur le PRDH-IGD et son contenu dans cet article.

Quelles sont les différences entre GenealogieQuebec.com et PRDH-IGD.com?

GenealogieQuebec.com PRDH-IGD.com
Période 1621 – 2018 1621 – 1849
Documents originaux Oui Non
Reconstructions familiales Non Oui
Type de documents Actes de BMS, nécrologies, cartes mortuaires, pierres tombales, documents notariés, recensements, répertoires de mariages, registres paroissiaux, cartes postales, annuaires Actes de BMS, Fiches d’Individus, Fiches d’Unions, Fiches de Famille
Type d’abonnement À durée déterminée (24h, 1 mois, 1 an) Via achat de requêtes

Quel est l’avantage d’être abonné aux deux sites et comment fonctionnent les interactions entre ceux-ci?

Nous offrons aux abonnés communs de GenealogieQuebec.com et de PRDH-IGD.com un accès exclusif aux fonctionnalités suivantes:

  • Voir le document original (registre paroissial) sur GenealogieQuebec.com à partir de tout certificat du PRDH-IGD.com
En cliquant sur la mention encerclée en rouge, vous passez du certificat sur PRDH-IGD.com (gauche) à l’acte original sur GenealogieQuebec.com (droite)

 

  • Voir la fiche individuelle PRDH de tout individu mentionné dans un acte du LAFRANCE de GénéalogieQuébec.com
En cliquant sur la mention encerclée en rouge, vous passez d’un certificat d’acte sur GenealogieQuebec.com (gauche) à une fiche d’individu sur PRDH-IGD.com (droite)

 

  • 10% de requêtes additionnelles gratuites à l’achat sur le PRDH pour les abonnés de GenealogieQuébec.com
Lors du processus d’achat sur PRDH-IGD.com, vous aurez l’option d’entrer votre nom d’utilisateur GenealogieQuebec.com afin de recevoir 10% de requêtes additionnelles gratuites

Veuillez noter qu’un délai de quelques jours est à prévoir avant le crédit des requêtes additionnelles afin de nous permettre de valider votre demande.

Les noms de famille au Québec: l’influence des premiers immigrants

Dans un article précédent, nous avons appris que la population Canadienne-Française de souche est issue d’un surprenamment petit nombre d’immigrants.

Ce faible nombre d’immigrants à encore aujourd’hui un impact direct sur les noms de famille au Québec et leur fréquence.

Par exemple, voyons la liste des immigrants qui comptent le plus grand nombre des descendants mariés avant 1800 (cette liste est tirée de la base de données du PRDH):

Nom de l’ancêtre Nombre de descendants

mariés avant 1800

Zacharie Cloutier 10 850
Jean Guyon 9 674
Marin Boucher 8 502
Jacques Archambault 8 445
Noël Langlois 7 847
Abraham Martin 7 765
Pierre Miville 6 552
Pierre Desportes 6 515
Jean Roussin 4 730
Louis Hébert 4 592

Cette liste ne contient pas certains noms fort répandus aujourd’hui, mais inclut certains autres qui sont peu fréquents. C’est que plusieurs ancêtres se sont reproduits abondamment, mais par leurs filles, qui ne transmettent pas leur nom de famille. Nous avons donc effectué une deuxième compilation, en ne retenant cette fois que les descendants « patronymiques » de l’ancêtre, c’est-à-dire les descendants par les mâles:

Nom de l’ancêtre Nombre de descendants

« patronymiques »

mariés avant 1800

Jean Côté 567
Pierre Tremblay 564
Marin Boucher 482
Jean Dumais 481
Louis Houde 471
Jean Guyon 449
Jacques Archambault 423
Pierre Parent 418
Zacharie Cloutier 391
Guillaume Pelletier 389

Comparons maintenant cette fréquence avec celle des noms de famille les plus communs au Québec en 2006:

Rang

Fréquence

Nom de famille Pourcentage
1 Tremblay 1,076
2 Gagnon 0,790
3 Roy 0,753
4 Côté 0,692
5 Bouchard 0,530
6 Gauthier 0,522
7 Morin 0,498
8 Lavoie 0,459
9 Fortin 0,449
10 Gagné 0,448
11 Ouellet 0,447
12 Pelletier 0,435
13 Bélanger 0,429
14 Lévesque 0,412
15 Bergeron 0,399
16 Leblanc 0,367
17 Paquette 0,361
18 Girard 0,356
19 Simard 0,354
20 Boucher 0,341
21 Caron 0,321
22 Beaulieu 0,300
23 Cloutier 0,297
24 Dubé 0,296
25 Poirier 0,295

(Source: http://www.stat.gouv.qc.ca/statistiques/population-demographie/caracteristiques/noms_famille_1000.htm)

On trouve la moitié des noms de notre liste précédente dans le top 25 des noms les plus communs au Québec aujourd’hui. L’impact de ces quelques individus est donc indéniable, même de nos jours!

Et votre ancêtre?

La sélection des immigrants qui ont eu au moins un fils marié délimite l’ensemble de ceux qui ont transmis les noms que portent la très grande majorité des Canadiens-Français aujourd’hui.

Inscrivez un patronyme et vous obtiendrez la liste correspondante de ces immigrants; l’ancêtre des individus qui portent aujourd’hui ce nom en Amérique devrait y apparaître, en autant qu’il se soit établi au Québec avant 1766.

Comment savoir de quel pionnier vous descendez?

Il arrive souvent qu’un nom de famille puisse être lié à plus d’un immigrant; on parle alors de différentes souches du nom. Par exemple, deux Desjardins vivant aujourd’hui au Québec n’auront pas nécessairement d’ancêtres communs en terre québécoise, l’un étant descendant d’Antoine Roy dit Desjardins, arrivé au Québec dans les années 1660, et l’autre étant descendant de Pierre Desjardins, qui n’arrive au Québec qu’au 18e siècle.

La seule façon de déterminer de quel immigrant vous descendez est de faire votre généalogie ascendante, en partant de vos parents et en remontant jusqu’à ce fameux premier immigrant.

Des sites de recherche généalogique tels que Généalogie Québec et le PRDH sont alors indispensables.

L’immigration de l’Ancienne à la Nouvelle-France

La France n’est pas reconnue pour avoir fourni, sous l’Ancien Régime, un grand nombre d’émigrants à ses colonies d’outre-Atlantique.

Ainsi, à peine 15 000 Français et Françaises ont fait voile en direction du Canada au 17e siècle, et les deux tiers d’entre eux n’ont fait qu’un séjour temporaire dans la colonie avant de retourner définitivement en France ou de mourir au Canada à l’état de célibataire. C’est très peu: avec une population dépassant à peine le tiers de celle de la France, les îles britanniques auraient envoyé au Nouveau Monde près de 380 000 immigrants durant la même période.

Pourtant, la France présentait à cette époque divers symptômes de maladie sociale qui auraient justifié un plus grand nombre de réfugiés au Canada, où l’abondance des ressources contrastait avec la famine et le chômage de ses couches les plus pauvres. Sans être vraiment surpeuplée, la France manifestait des conditions favorables à l’émigration qui, eussent-elles coïncidé avec une réelle attraction du Canada, auraient pu favoriser le départ de forts contingents de colons vers le Nouveau Monde.

Mais les Français migraient peu et le Canada, pays lointain, sauvage et dangereux, avait auprès d’eux une bien mauvaise réputation. Par surcroît, les autorités croyaient que la population française ne se développait pas autant qu’elle aurait pu et même qu’elle diminuait, suite aux guerres, à la peste et à la misère.

À l’intendant Talon qui lui demandait de prendre les moyens pour former au Canada « un grand & puissant Estat », ce qui impliquait l’envoi massif d’immigrants, Colbert répondit, dans une phrase qui allait marquer l’avenir du pays: « Il ne serait pas de la prudence [du Roy] de dépeupler son Royaume comme il faudroit faire pour peupler le Canada… ».

Pourtant, même en décuplant les départs, les effets de l’émigration sur le pays le plus peuplé d’Europe seraient demeurés imperceptibles et le destin de l’Amérique du Nord en aurait probablement été changé. Malgré tout, en réaction à la faible croissance de la population, un effort a été consenti par le Roi de 1663 à 1673 pour faire venir des femmes au Canada. Il s’agit des «Filles du roi», plus de 700 femmes qui se retrouvent immanquablement dans les ascendances de tous les Canadiens-français de souche.

Quoiqu’il en soit, il résulte de ce faible peuplement fondateur que la souche canadienne-française est issue d’un relativement petit nombre de personnes, soit moins de 10 000 immigrants. Si on s’en tient aux immigrants masculins, desquels on aura reçu le nom de famille transmis au fil des générations, ce nombre est réduit à 4 500 environ, soit l’effectif des immigrants qui ont eu au moins un fils qui se soit marié.

Ces chiffres sont tirés de la base de données du PRDH, qui contient tous les individus catholiques ayant vécu au Québec entre 1621 et 1849. Vous trouverez plus d’information sur le PRDH dans cet article.

Dans notre prochain article, nous examinerons l’influence que ce petit nombre d’immigrants a encore aujourd’hui sur la diversité des noms canadiens français au Québec.

Les avis de décès au Québec

Au Québec, la pratique d’annoncer le décès d’un individu sur une tribune publique a débutée via la publication de nécrologies dans les journaux. Dans les années 1960, les avis de décès étaient non seulement partagés dans les journaux mais aussi à la radio.
Aujourd’hui, les avis de décès se trouvent toujours dans les journaux, mais sont aussi répertoriés sur internet.

Trouver un avis de décès sur internet

De nos jours, de nombreux sites sont dédiés à l’agglomération d’avis de décès. Ces sites sont répertoriés par les engins de recherche tels que Google et Bing, il est donc extrêmement facile de retrouver un avis de décès sur internet.

De manière générale, vous n’avez qu’à entrer le nom de la personne décédée dans votre engin de recherche préféré et consulter les premiers résultats. Il pourrait être nécessaire d’ajouter la mention “avis de décès” ou “nécrologie” à votre recherche lorsque le nom est très commun. Si l’avis de décès est présent sur un ou plusieurs de ces sites, vous le trouverez dans les premiers résultats.

Il est possible qu’un avis de décès récent soit présent sur un site mais pas encore répertorié par les engins de recherche. Si l’avis que vous recherchez appartient à une personne décédée récemment, il peut être pertinent d’effectuer une recherche directement sur un ou plusieurs des sites dédiés à l’agglomération des avis de décès.

Veuillez noter que ces sites sont généralement limités à des avis de décès publiés dans les dernières années. Pour des avis de décès plus anciens, vous devrez vous tourner vers un site de généalogie spécialisé tel que Généalogie Québec.

Les collections d’avis de décès sur Généalogie Québec

Section Nécrologe – Pierres tombales, avis de décès journaux, cartes mortuaires (abonnement requis)

GénéalogieQuébec.com, un site de recherche généalogique par abonnement, contient une section regroupant divers types de photos, documents et données en trait aux décès.

Carte mortuaire tirée de la section Nécrologe, disponible sur GénéalogieQuébec.com

On y trouve notamment des avis de décès journaux (620 000 avis de décès publiés dans des journaux au Québec entre 1945 et 2015), des pierres tombales (611 000 photos de pierres tombales du Québec, indexées par nom et inscription sur la pierre) ainsi que des cartes mortuaires (54 000 cartes mortuaires publiées entre 1860 et aujourd’hui). Vous trouverez plus d’information sur cette section ici.

Avis de décès internet (gratuit)

GénéalogieQuébec.com offre aussi une section complètement gratuite, ne requérant pas d’abonnement, contenant plus de 2 000 000 d’avis de décès de partout au Canada. Ces nécrologies sont datées d’entre 1999 et aujourd’hui.

La section est munie d’un engin de recherche ainsi que de catégories de navigation. L’engin de recherche permet la rechercher par nom, prénom, date ainsi que par le contenu du texte de la notice.

De plus, les notices sont organisées par catégories de province, ville et publication afin de permettre une navigation plus fluide et conviviale.
Vous pouvez consulter cette section à cette adresse.

Livres sur la généalogie familiale au Québec : 3 incontournables à découvrir

La généalogie est un sujet qui attire beaucoup d’intérêt au Québec, notamment à cause du statut particulier de la culture et de l’histoire de sa population. Ce thème a donc fait l’objet de nombreux ouvrages, adoptant plusieurs angles, notamment ceux des familles fondatrices, de l’origine des noms de famille, de la création des villes et villages de la province et du rôle de l’église dans le développement de la province. On comprend donc qu’il y en a pour tous les goûts et tous les besoins par rapport aux recherches généalogiques. Voici 3 livres sur la généalogie familiale au Québec à mettre sur sa liste de lecture.

Les grandes familles du Québec, de Louis-Guy Lemieux (Septentrion)

Cet ouvrage rassemble trente chroniques publiées par le journaliste Louis-Guy Lemieux dans le Soleil entre 2003 et 2005. Ce dernier est un passionné d’histoire et de généalogie, ce qui transparaît dans les textes. Au moment de la préparation et de la publication du livre, les chroniques ont été étoffées avec quelques informations supplémentaires afin de présenter du contenu très complet.

Les textes abordent les patronymes les plus courants dans les régions de Québec, de Chaudière-Appalaches, de la Côte-Nord, du Bas-Saint-Laurent, de Charlevoix et du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Plusieurs aspects sont étudiés, dont l’évolution des noms, l’histoire des familles et celle de leur descendance. Le livre est aussi particulièrement intéressant du fait qu’il présente des photos de familles et d’endroits qui sont cités dans les textes, rendant la lecture d’autant plus instructive et agréable.

Retracez vos ancêtres, de Marcel Fournier (Éditions de l’Homme)

Voilà un livre qui se veut comme étant un guide pour accompagner les gens dans leurs recherches généalogiques d’ancêtres, plus spécifiquement au Québec, en Amérique du Nord et en Europe. L’ouvrage présente des méthodes de travail, des outils et des sources à consulter pour que les recherches soient fructueuses. Il présente aussi beaucoup d’informations par rapport aux relations entre le Québec et la France, qui font partie des facteurs importants de l’évolution de la population locale, des ancêtres et de leurs descendants.

Votre nom et son histoire: les noms de famille au Québec, de Roland Jacob (Éditions de l’Homme)

L’étude des patronymes s’avère très souvent comme étant un élément-clé lors d’une recherche généalogique. Elle en dit aussi beaucoup sur l’histoire d’une famille et/ou d’un lieu en particulier. Au Québec, les noms de famille sont très variés et leurs étymologies respectives le sont tout autant. Certains sont des formes évoluées des noms des ancêtres, alors que d’autres sont issus des noms des villes et villages d’origine (le plus souvent situés en France).

Le livre de Roland Jacob, publié en 2015, est donc un outil très intéressant pour mieux comprendre l’origine des noms et les différentes interprétations possibles qui permettent de retracer leur évolution. Cet ouvrage de plus de 430 pages aborde de manière fascinante les racines et les mutations de plus de 10 000 noms.

Quelques autres ouvrages à découvrir sur la généalogie au Québec:

La Diaspora Québécoise de Jacques Noël (éditions GID)

Sans vouloir l’admettre, nombreuses sont les personnes qui souhaitent voir apparaître dans leur arbre généalogique un nom célèbre. Qui n’aimerait pas se vanter d’avoir comme cousin germain Liza Minelli, Madonna ou Camilla Parker Bowles? Ce livre décrit les racines québécoises qui se sont rendues dans les plus hautes sphères de la société, tout en abordant les origines et les vocations de plusieurs familles québécoises dans les premiers siècles suivant la colonisation.

Dictionnaire généalogique des familles du Québec: des origines à 1730, de René Jetté

(Morin et associés)

Voilà un ouvrage extrêmement détaillé qui recense les quelques 16 400 familles qui ont habité au Québec entre les débuts de la colonisation et 1730. Le livre totalise plus de 1200 pages et est présenté sous forme de dictionnaire.

Où trouver des livres de généalogie québécoise

Pour trouver ou consulter ces livres, il est recommandé de regarder s’ils sont disponibles pour la location dans les bibliothèques ou auprès des sociétés de généalogie. À Montréal, de nombreux ouvrages sur la généalogie sont disponibles pour emprunt ou consultation sur place à la Grande Bibliothèque. Bien sûr, il est aussi possible de les faire commander dans une librairie ou de les acheter par internet. Finalement, des milliers d’ouvrages à caractère généalogique sont disponibles sur la boutique en ligne de l’Institut généalogique Drouin à cette adresse.

Trouver ses ancêtres québécois hors du Québec : comment procéder?

En sortant des frontières du Québec, notamment pour visiter la Nouvelle-Angleterre, il n’est pas rare de trouver des noms de famille à consonance francophone. On peut alors s’imaginer que les ancêtres de cette personne ont quitté la province francophone pour s’établir ailleurs, gardant avec eux les traces de ces origines. Entre 1840 et 1930, c’est plus d’un million de québécois qui ont quitté le territoire pour aller chercher du travail. Nombre d’entre-eux se sont établis dans le nord-est des États-Unis, ce qui explique la forte présence de racines francophones dans cette région.Certaines familles ont été séparées à l’époque, de sorte que beaucoup de québécois ont des ancêtres qui se sont installés ailleurs et y ont établi leur propre progéniture. Dans le but de mieux connaître la généalogie et de retrouver ces ancêtres québécois,  voici quelques informations cruciales pour savoir comment retracer des ancêtres installés hors Québec:

Les québécois aux États-Unis

Selon certaines recherches, environ 30 millions d’américains seraient des descendants d’ancêtres québécois. Les liens familiaux sont donc nombreux et étant donné que la généalogie est une activité très populaire aux États-Unis, les ressources pour trouver des informations sont abondantes.

Comment trouver un ancêtre québécois aux États-Unis?

Pour effectuer de telles recherches, il est entres-autres possible d’utiliser des ressources québécoises et de s’informer auprès de sociétés généalogiques situées dans les régions américaines les plus concernées. Aux États-Unis, plusieurs groupes sont spécialisés dans la recherche d’ancêtres « french-canadian ».

Par exemple, l’American-Canadian Genealogical Society, basée à Manchester au New Hampshire, est un centre dédié à la recherche généalogique de racines canadiennes et/ou francophones. Leur collection rassemble des documents issus notamment de la collection Drouin, de plusieurs églises protestantes canadiennes ainsi que d’archives provenant de différents états américains.

L’American-Canadian Genealogical Society est loin d’être la seule des organisations de ce genre. Plusieurs états, villes et villages de la région offrent ce genre de service, dont le American French Genealogical Society, situé à Woonsocket dans le Rhode Island, ou le French-canadian genealogical society of Connecticut. Il est donc possible d’entrer en contact avec ces organisations ou de s’y rendre en personne.

La collection Drouin

Plus de 25 millions d’actes d’état civil font partie de la collection Drouin. Cette collection comprend des documents qui proviennent du Québec, mais aussi de l’Ontario, de la Nouvelle-Écosse, du Nouveau-Brunswick et des États-Unis. En effet, il est possible de chercher des actes de baptême, des certificats de mariage, des actes de décès et d’autres documents officiels, dont certains proviennent de la région de la Nouvelle-Angleterre. Voilà donc une ressource très riche pour compléter des recherches. De surcroît, la collection Drouin est facile d’accès et relativement simple à parcourir.

Les livres et périodiques au sujet des ancêtres québécois installés aux États-Unis

L’un des plus célèbres auteurs américains était-il en fait québécois? Jean-Louis « Jack » Kerouac est né à Lowell, Massachusetts, de parents québécois. De ce fait, la langue première de Kerouac était le joual. La mère de Kerouac était aussi cousine germaine de nul autre que René Lévesque. Outre cette sympathique anecdote, les livres au sujet de l’émigration québécoise vers les États-Unis présentent des informations très utiles dans le cadre des recherches car elles peuvent donner des pistes et des indices.

Voici quelques livres et périodiques intéressants et pertinents sur le sujet, qui se trouvent en bibliothèque ou qui sont numérisés sur internet:

  • La ruée vers le sud: migrations du Canada vers les États-Unis, 1840 à 1930 (Bruno Ramirez)
  • Histoire d’un rêve brisé? Les Canadiens français aux États-Unis (Yves Roby)
  • L’émigration des Québécois aux États-Unis de 1840 à 1930 (Yolande Lavoie)
  • The french canadians in New England, (Prosper Bender)
  • Les Canadiens français de la Nouvelle-Angleterre (Édouard Hamon)

Trouver un ancêtre québécois dans le reste du Canada

Outre la collection Drouin qui fut nommée précédemment, d’autres ressources permettent de faire des recherches au sujet d’ancêtres québécois installés en dehors de la province. Par exemple, il est possible d’entrer en contact avec les différentes sociétés généalogiques locales, dont certaines sont spécialisées dans la recherche de données sur les ancêtres d’origine francophone. Ceci est particulièrement vrai dans les provinces canadiennes où la communauté francophone est encore fortement développée, dont le Manitoba, la Saskatchewan, l’Ontario et les provinces maritimes. Les spécialistes savent guider les gens vers les bonnes ressources tout en les accompagnant lors de leurs recherches.

Voilà la clé pour bien démarrer l’enquête et réussir à trouver des informations précises au sujet d’ancêtres québécois qui ont décidé de s’expatrier dans d’autres endroits.

Collection Drouin de 1621 à 1967 : différencier généalogie religieuse et civile

Fondé à la fin du 19e siècle, l’institut Généalogique Drouin s’est donné comme mission de rassembler et de classer une multitude de documents notariés et d’intérêt généalogique et de les rendre accessibles à la population. La Collection Drouin de 1621 à 1967 possède donc une valeur inestimable pour retracer l’histoire des familles du Québec. Celle-ci comprend une quantité importante de documents officiels, principalement des actes de mariage, de baptême et de sépulture. On y trouve aussi d’autres types d’actes notariés, dont des contrats, des testaments et des documents légaux.

Les registres paroissiaux et l’état civil

Dans cette province au passé très religieux, les registres paroissiaux ont longtemps servi à recueillir tous les documents officiels ayant trait à la population et à leur état civil. Cette pratique était particulièrement appropriée étant donné que tous les moments importants de la vie d’une personne étaient soulignés dans les églises, du baptême aux funérailles, en passant par les mariages.

Très tôt dans l’histoire de la province, l’état québécois a lui aussi commencé à délivrer et à archiver les documents afin de garder la trace des gens vivant au Québec, en recueillant une copie des actes paroissiaux enregistrés par l’Église. C’est ainsi que les actes notariés religieux ont commencé à être entreposés dans les palais de justice. Pendant longtemps, les informations ont été récoltées par les institutions religieuses qui envoyaient les informations aux palais de justice. Les documents étaient donc dédoublés.

Graduellement, le mandat d’entreposage et de préparation des documents par l’état a pris de plus en plus d’importance, jusqu’en 1994 où le Directeur de l’État civil a obtenu le mandat complet.

L’archivage fait par l’Institut Drouin

Dans les années 40, l’Institut Drouin a procédé au microfilmage des registres d’état civil des palais de justice du Québec. Ces documents ont été rassemblés afin de créer la Collection Drouin.  Les documents qui en font partie proviennent donc à la fois des institutions religieuses et du gouvernement du Québec. Dans certaines régions, le processus de microfilmage s’est poursuivi jusqu’en 1968, d’où le fait de dire que la Collection Drouin couvre la période de 1621 à 1967.

Généalogie religieuse vs généalogie civile

Lors d’une recherche généalogique, on se retrouve souvent face à des documents qui ont été recueillis par l’église ou par l’état. Afin de mieux comprendre la source et la nature des documents que l’on consulte, il est donc important de savoir faire la distinction entre la généalogie religieuse et la généalogie civile. Dans la Collection Drouin de 1621 à 1967, la majorité des documents proviennent de l’Église.

La généalogie religieuse

Les actes provenant des registres paroissiaux ont été créés, validés et délivrés par des institutions religieuses. La plupart des documents qui se trouvent dans la collection proviennent de l’Église catholique mais on trouve aussi des actes délivrés par d’autres dénominations religieuses, dont les églises adventistes, pentecôtistes, évangéliques, protestantes, baptistes, orthodoxes, juives et méthodistes. Pour trouver des informations généalogiques précises, surtout celles datant d’avant le 20ème siècle, il faut donc regarder du côté des actes émis par les églises. Ces documents contiennent des informations par rapport aux personnes et sont souvent annotés, avec des ajouts d’informations considérées comme pertinentes par les responsables des archives (souvent les curés des paroisses).

La généalogie civile

Passé le début du 20ième siècle, les documents recueillis par l’église ont commencé à être utilisés par l’état afin de produire des statistiques quant à la population de la province. Ces documents produits par l’état sont ceux disponibles dans l’outil Mariages et Décès 1926-1997; ceux-ci sont basés sur les actes originaux produits par l’Église et disponibles dans la Collection Drouin.

Les différences entre les documents

Il arrive parfois que les copies des documents comportent des différences. En effet, un même acte peut présenter quelques disparités, lorsqu’un des deux documents est incomplet ou endommagé par exemple. Le fait d’avoir décidé d’établir une recension en double a permis au Québec d’avoir un des systèmes d’état civil les plus complets au monde, au grand bonheur des amateurs de généalogie.