Des centaines de milliers de BMS ajoutés sur Généalogie Québec

9000 images répertoriant des centaines de milliers de baptêmes, mariages et sépultures enregistrés à Montréal ont été ajoutées dans les Fiches BMS, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.

La collection couvre les périodes suivantes:

  • Baptêmes non-catholiques 1760-1899
  • Mariages catholiques 1850-1899, noms de famille de A à D
  • Mariages civils 1969 à 1975
  • Mariages non-catholiques 1760 à 1925
  • Sépultures catholiques 1642-1850, noms de famille de A à B
  • Sépultures non-catholiques 1768-1925

Les images de cette collection contiennent des références à des actes originaux que vous pouvez aussi trouver sur Généalogie Québec dans l’outil Registres du Fonds Drouin.

Pour illustrer le processus vous permettant de retrouver un acte original, nous utiliserons la sépulture de John Nicholson, répertoriée dans la nouvelle collection.

Le répertoire nous donne toute l’information nécessaire afin de retrouver le document original de cette sépulture, soit le nom du sujet ainsi que l’année et la paroisse d’enregistrement de l’évènement.

John Nicholson a été enterré en 1817 et sa sépulture est enregistrée dans le registre Anglican Garrison de Montréal.

Il s’agit tout simplement de se rendre dans les Registres du Fonds Drouin et de consulter le dossier contenant le registre de la paroisse pour 1817. À l’intérieur de celui-ci, nous trouverons l’acte recherché.

La sépulture de John Nicholson telle que trouvée dans les Registres du Fonds Drouin

En plus de ces nouveaux documents, l’outil Fiches BMS contient quelque 2.3 millions de fiches de baptême, mariage et sépulture provenant du Québec, de l’Ontario et des États-Unis et couvrant du 17e siècle à aujourd’hui.

Vous trouverez plus d’informations concernant cette collection sur le blog de l’Institut Drouin.

Vous pouvez consulter les Fiches BMS ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Nouveaux articles sur le blog de l’Institut Drouin

La généalogie et le travail du care par Audrey Pepin
Les prêtres, autorité morale de la Nouvelle-France par François Desjardins
Quelle place pour les femmes dans la toponymie québécoise? par Audrey Pepin
Nos ancêtres esclavagistes, partie 1 et partie 2 par Cathie-Anne Dupuis
Les femmes : grandes oubliées des arbres généalogiques par Audrey Pepin
Les registres de naissance, mariage et décès au Québec par François Desjardins


Généalogiquement vôtre,

L’équipe Drouin

La généalogie et le travail du care

Dans ma première série d’articles sur ce blog, « Les femmes : grandes oubliées des arbres généalogiques »1, je me suis intéressée au rapport que la généalogie entretient avec les femmes, en explorant les raisons et les conséquences de leur exclusion de la plupart des recherches. Pour cette nouvelle série, j’ai eu envie de renverser la perspective et de m’intéresser au rapport que les femmes, elles, entretiennent avec la généalogie. Quelles sont les motivations derrière leurs recherches? Qu’est-ce que leurs enquêtes leur permettent d’accomplir? Quelle place occupe la notion de genre dans leurs pratiques? La généalogie est-elle, pour les femmes qui s’y adonnent, source d’émancipation féministe?

Les pratiques généalogiques individuelles sont, très souvent, une affaire familiale. On fait de la généalogie pour retrouver ses ancêtres, pour partager nos découvertes avec nos proches et pour léguer aux générations futures une meilleure connaissance de leur passé. Il m’a donc semblé logique de commencer par voir si la généalogie pouvait s’inscrire dans le rôle traditionnellement attribué aux femmes dans la cellule familiale : le care.

« The Spring Clean », artiste inconnu. Source : Wikimedia Commons

Qu’est-ce que le care?

Le terme care a d’abord été popularisé par Carol Gilligan, qui parlait plus précisément d’éthique du care. Ses travaux mettaient en relief les bases particulières sur lesquelles repose le jugement moral et éthique des femmes, qui serait davantage contextuel et ancré dans le maintien des relations humaines et dans l’interdépendance des individus (voir Gilligan, 1982). Le concept de care a éventuellement dépassé les questions de philosophie et de psychologie auxquelles s’intéressait Gilligan. Les théories féministes font aujourd’hui très souvent référence au « travail du care ». On entend par là un ensemble de tâches concrètes (on pourrait aussi dire physiques, matérielles) ou moins visibles (relevant davantage de l’immatériel), qui visent à prendre soin des autres et du monde qui nous entoure. 
Ces tâches sont généralement (du moins dans nos sociétés patriarcales) attribuées aux femmes. Joan Tronto, une chercheuse qui s’est notamment intéressée au care, définit le concept ainsi : « une activité générique qui comprend tout ce que nous faisons pour maintenir, perpétuer et réparer notre monde, de sorte que nous puissions y vivre aussi bien que possible. Ce monde comprend nos corps, nous-mêmes et notre environnement, tous éléments que nous cherchons à relier en un réseau complexe, en soutien à la vie » (Tronto, 2009 [1993] : 143).

Le concept comprend ainsi le travail ménager (l’entretien du logis, la planification, la préparation des repas, l’achat de biens pour le ménage, l’éducation des enfants, etc (voir Robert, 2017 : 15)), mais aussi une manière de percevoir le monde et les autres et une façon d’être préoccupé par eux, d’avoir conscience de la responsabilité que nous avons à leur égard et de se soucier de leur bien-être (Garrau et Le Goff, 2010 : 5). On peut penser à l’écoute et l’empathie nécessaires pour s’adapter à ses proches et les aider, aux petites attentions qui permettent d’entretenir une relation, etc. 
Le travail du care s’inscrit aussi dans la fameuse division public-privé dont j’ai discuté dans mes précédents articles (et particulièrement ici). Pour empêcher les femmes d’accéder à la sphère publique, aux lieux de décision et de pouvoir, le système patriarcal les a historiquement reléguées à la sphère privée, notamment en les assignant au travail du care au sein de leur famille (Bereni et Revillard, 2009).

La recherche généalogique et la pratique du care

La généalogie peut, elle aussi, être une forme de travail du care. Dans le cadre de sa thèse de doctorat, « Family webs : the impact of women genealogy research on family communication » (Réseaux familiaux : l’impact des recherches généalogiques des femmes sur les communications familiales), Amy M. Smith (2008) a interviewé 22 femmes généalogistes pour comprendre comment leurs pratiques généalogiques s’inscrivaient dans leurs environnements familiaux ainsi que dans la société patriarcale dans laquelle nous vivons. Les résultats de ces entrevues la mènent à nommer le care comme étant une composante très importante des pratiques généalogiques des femmes. Elle explique notamment que la recherche généalogique joue un rôle clé dans la construction des identités individuelles des membres de la famille et dans l’identité de la famille comme un tout. La généalogie, parce qu’elle permet de mieux comprendre l’histoire de notre famille, peut aussi être d’une grande utilité pour la guérison des traumas intergénérationnels ou pour vivre plus sereinement certains deuils. S’occuper de la généalogie familiale peut ainsi être un moyen de prendre soin, à la fois des individus qui composent une famille et des liens qui les unissent.

Est-ce que cela signifie que la généalogie est une pratique opprimante, qui enferme les femmes? Pas du tout! Le travail du care n’est pas opprimant en soi : c’est plutôt sa dévalorisation, l’absence de reconnaissance pour celles qui le pratiquent, son instrumentalisation pour éloigner les femmes de la sphère publique et son inégale répartition entre les hommes et les femmes qui font l’objet de dénonciations par les féministes. 

« Mother and Child (The Goodnight Hug) », Mary Cassat. Source : Wikimedia Commons.

Care et émancipation

Le care est par ailleurs revendiqué comme pouvant s’inscrire dans une démarche d’émancipation féministe. Certaines théoriciennes considèrent le care comme fondamentalement subversif, car il « permet de montrer clairement l’importance de valoriser ce que les femmes valorisent, et non pas permettre aux femmes d’accéder à ce que les hommes valorisent » (Savard-Laroche, 2020 : 63). Certaines théoriciennes vont jusqu’à dire que « le care n’est ni plus ni moins qu’une réponse cohérente, à la fois réaliste et visionnaire, aux écueils des paradigmes dominants » (Bourgault et Perreault, 2015 : 14). L’idée de prendre soin de notre environnement et des autres, de ne pas stigmatiser la dépendance et la vulnérabilité mais de plutôt mettre de l’avant l’interdépendance entre les humain.e.s peut être une façon de contrer les idéologies capitalistes et coloniales qui détruisent l’environnement et valorisent l’autonomie, l’individualité et l’indépendance au détriment de la solidarité.

Une pratique généalogique ancrée dans le care pourrait ainsi, sous certaines circonstances, contribuer à la valorisation des éthiques du care et à une certaine émancipation féministe. Dans sa thèse, Amy M. Smith dénote d’ailleurs qu’en s’intéressant aux connexions entre les individus, mais aussi entre des familles entières, les généalogistes arrivent à voir l’interconnexion qui existe entre tous les êtres humains (Smith, 2008 : 107). Entre cette interconnexion et l’interdépendance mise de l’avant par les éthiques du care, il n’y a qu’un pas!

Il faut aussi se rappeler que le care n’est qu’un aspect des pratiques généalogiques des femmes. Il existe bien sûr autant de rapports à la généalogie qu’il existe de femmes qui la pratiquent, et ceux-ci peuvent par ailleurs se révéler très émancipateurs sous une multitude d’autres angles : ce sera d’ailleurs le sujet de la deuxième partie de cette série d’articles.

Audrey Pepin


1 Vous pouvez lire en cliquant sur les liens la partie 1,la  partie 2 et la partie 3

Bibliographie :

Bereni, Laure et Revillard Anne. (2009). « La dichotomie “Public-Privé’’ à l’épreuve des critiques féministes: de la théorie à l’action publique ». Dans Genre et action publique : la frontière public-privé en questions, Muller, P. et Sénac-Slawinski, R (dir.). Paris : L’Harmattan. p. 27-55.

Bourgault, Sophie et Perreault, Julie. (2015). « Introduction. Le féminisme du care, d’hier à aujourd’hui ». Dans L’éthique du care. Montréal : Remue-Ménage. p.9-25.

Garrau, Marie et Le Goff, Alice. (2010). Care, justice et dépendance. Introduction aux théories du care. Paris : Presses Universitaires de France. 160 p.

Robert, Camille. (2017). Toutes les femmes sont d’abord ménagères. Montréal : Éditions Somme Toute. 180 p.

Savard-Laroche, Sophie (2020). Travail et justice du care. (Mémoire de maîtrise). Université Laval.

Smiths, Amy M. (2008). Family Webs: The Impact of Women’s Genealogy, Research on Family Communication. (Thèse de doctorat). Graduate College of Bowling Green State University.

Tronto, Joan C. (2009 [1993]). Un monde vulnérable, pour une politique du care. Paris : La Découverte, 240 pages.

25 journaux historiques ajoutés sur Généalogie Québec

25 nouveaux journaux anciens sont maintenant disponibles dans les Collections diverses de l’Institut Drouin, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.

Il s’agit des publications suivantes:

Le Soleil (Québec) (1909, 1939, 1940 et 2005)
Hebdo-Progrès (St-Léonard et Rosemont) (1984)
La Parole (Drummondville) (1991 et 1992)
La Santé (Montréal) (1969 et 1970)
La Voix de l’Est (1971, 1976 et 1979)
La Voix de Wolfe (Ham-Nord) (1969 et 1970)
Le Canada-Français (St-Jean-sur-Richelieu) (1971 à 1973)
Le Courrier d’Orsainville (Québec) (1969)
Le Monde Illustré (Montréal) (1887 à 1900)
Le Pharillon (Gaspésie) (1979 et 1980)
Le Progrès Dimanche (Chicoutimi) (1966)
Le Quotidien (Chicoutimi) (1982)
Le Richelieu Agricole (St-Jean-sur-Richelieu) (1981 et 1982)
Le Riviera (Sorel) (1960 à 1962)
Le Samedi (Montréal) (1946)
L’Écho (Louiseville) (1986 et 1987)
L’Écho Abitibien (Val d’Or) (1987)
L’Électeur (PLQ) (1967, 1968, 1971 à 1976)
Les Nouvelles Saint-Laurent News (1985 et 1986)
L’Horizon (Joliette) (1970 et 1972)
Notre Temps (Montréal) (1951, 1952, 1957 à 1960)
Perspectives Dimanche Matin (Montréal) (1974 et 1975)
The Richmond News (Richmond) (30 avril 1897, 7 mai 1897 et 18
décembre 1914)
The Watchman (Lachute) (1919 à 1922)
Ville de Val-Bélair (28 janvier 1966)

Vous trouverez ces 33 900 nouvelles images dans la section Collections diverses de l’Institut Drouin, sous le dossier « 23 – Journaux anciens ». Ces 25 nouveaux journaux se joignent aux nombreuses publications déjà disponibles dans la section:

Chesterville Record   Commercial Gazette (Montréal)
Daily Witness (Montréal)      La Chronique de la Vallée du St-Maurice
La Minerve     La Semaine (Québec)
La Tribune Canadienne (Montréal)   La Vie Illustrée (Montréal)
La Voix Du Peuple (St-Jean) L’Action Canadienne
L’Alliance (St-Jean)   L’Avant-Garde
L’Avenir de Quebec   Le Carillon (Québec)
Le Castor (Québec)    Le Charivari (Québec)
Le Courrier (St-Jean) Le National (Montréal)
Le Progrès du Golfe  Le Protectionniste (St-Jean)
Le Semeur Canadien (Montréal)        Le Trésor des Familles (Québec)
L’Écho d’Iberville      L’Essor (St-Jean)
L’Obligation (Montréal)         L’Opinion Publique (Montréal)
L’Union de Woonsocket        L’Union des Cantons de l’Est (Arthabaskaville)
Midi-Presse (Montreal)          Paris-Canada (Montréal)
The Advertiser           The Canadian Jewish Review
The Dominion Illustrated News (Montréal)  The Inquirer (Trois-Rivières)
The Quebec Gazette  Le Franco-Canadien
Le Richelieu   Le Richelieu agricole
Le Richelieu agricole et DimancheLe Richelieu Dimanche
Le Canada-Français   

Vous pouvez consulter ces documents ainsi que 49 millions d’images et de fiches à caractère généalogique et historique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Généalogiquement vôtre,

L’équipe Drouin

L’état civil québécois a 400 ans

Le 24 octobre 2021 marque le 400e anniversaire de l’instauration de l’état civil en Nouvelle-France. En effet, à cette date précise, le père Joseph Denis, curé récollet de la paroisse Notre-Dame de Québec, a baptisé Eustache Martin, fils de Marguerite Langlois et d’Abraham Martin dit l’Écossais [d’où le nom des Plaines d’Abraham à Québec]. Depuis le 17e siècle, l’enregistrement des actes est alors confié à l’autorité ecclésiastique qui applique les ordonnances royales comme la tenue en double des registres – l’un étant conservé par la paroisse, l’autres étant déposé au greffe de la Prévôté.

Acte 57096, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

À compter de 1703, la rédaction des actes par les curés des paroisses canadiennes est faite selon les règles prescrites par le Rituel du diocèse de Québec. Lors de la cession de la Nouvelle-France à l’Angleterre par le Traité de Paris en 1763, les registres paroissiaux demeurent dans la colonie et les autorités coloniales maintiennent les anciennes lois françaises relatives à l’enregistrement des actes. En 1774, l’Acte de Québec confirme la responsabilité du clergé en ce qui concerne la tenue des registres paroissiaux qu’ils soient catholiques ou protestants.

En 1760, les registres anglo-protestants ont été introduits au pays à la suite de la Conquête britannique. Les mariages protestants sont célébrés conformément au Mariage Act, une loi britannique de 1754. Le premier registre est celui de l’Anglican Garrison Church de Montréal qui couvre la période de 1760 à 1764. Entre 1760 et 1770, des paroisses protestantes sont ouvertes à Montréal, Québec, Trois-Rivières et Sorel.

Acte 5585366, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

En 1795, une loi du Parlement du Bas-Canada confirme l’application des ordonnances françaises tout en les adaptant à la nouvelle situation du pays. Au cours des deux siècles suivants, très peu de modifications sont apportées à l’enregistrement des actes si ce n’est quelques ajustements mineurs découlant de l’adoption d’un nouveau Code civil en 1866. Il faut attendre une centaine d’années avant que des changements majeurs soient apportés à l’état civil québécois par l’introduction du mariage civil qui, depuis 1968, peut être célébré dans les palais de justice ou autre lieux autorisés. Le nombre de différentes confessionnalités, et par conséquent, le nombre de célébrant.es autorisés.es à enregistrer les actes étant devenus très élevés – 5 417 registres ont été déposés pour l’année 1989 seulement – l’adoption d’un nouveau code civil, en 1991, confirme la prérogative de l’État en matière d’enregistrement des actes concernant les registres d’état civil des personnes.

En 1994, le gouvernement met en place un état civil moderne, crée le poste de Directeur de l’état civil et dote le Québec d’un registre unique non confessionnel. La nouvelle réglementation retire aux Églises l’enregistrement légal des actes de naissance, mariage et décès, ceux-ci relevant maintenant de l’État. Bien que la nouvelle réglementation soit d’ordre civil, les prêtres et les ministres desservant les diverses confessionnalités sont toujours considérés comme des officiers de l’état civil pour la célébration des mariages religieux même si la plupart des unions sont contractées devant un officier civil agréé par le Directeur de l’état civil.

Entre 1621 et 1800, les curés des 159 paroisses catholiques du Québec ont enregistré 690 000 actes qui constituaient l’état civil officiel. Il faut ajouter à ces données quelques milliers d’actes des paroisses protestantes ouvertes au culte à compter de 1766. Entre 1800 et 1900, sept millions d’actes ont été rédigés par rapport à plus de dix-sept millions pour la période de 1901 à 2000. Les archives québécoises détiennent aujourd’hui près de 25 millions d’actes concernant les Québécois et les Québécoises depuis quatre siècles.


Consultez tous les registres paroissiaux du Québec de 1621 aux années 1940 en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!


L’état civil constitue une source d’information essentielle à toute recherche généalogique, historique et démographique. La continuité et la qualité des registres paroissiaux québécois sont uniques dans le monde. Les actes de baptême, mariage et sépulture rédigés par les autorités ecclésiastiques depuis le début de la Nouvelle-France ont traversé le temps sans trop de lacunes. Il en est de même pour la période qui s’étend de 1763 jusqu’au milieu des années 1990.

Jusqu’en 1994, les actes paroissiaux étaient librement accessibles aux chercheurs mais ils ont été fermés à la consultation avec l’avènement des nouvelles dispositions sur l’état civil. Cette situation rend plus difficile la recherche généalogique et prive les Québécois et les Québécoises d’une partie importante de leur mémoire collective. Les généalogistes, dont je suis, comprennent bien que la protection des renseignements personnels est une priorité de la vie moderne mais nos instances administratives ne devraient-elles pas trouver des compromis pour que la recherche en histoire de familles puisse se perpétuer afin que les générations actuelles et futures aient l’opportunité d’apprendre d’où nous venons pour savoir où nous allons selon une expression consacrée.

Dernièrement, la Fédération québécoise des sociétés de généalogie et le Directeur de l’état civil du Québec ont tenu des rencontres exploratoires permettant une certaine ouverture quant à la consultation des actes de décès entre 1994 et 2021. Il est à souhaiter que ces discussions permettent la diffusion de certaines informations généalogiques tout en respectant la vie privée des Québécoises et des Québécois. L’état civil québécois demeure une richesse collective essentielle permettant de reconstituer l’histoire des familles québécoises à travers l’espace et le temps.

Marcel Fournier, AIG
Historien et généalogiste

Les prêtres, autorité morale de la Nouvelle-France

Les registres paroissiaux du Québec sont une ressource inestimable pour les généalogistes et les historiens s’intéressant au passé des habitants de la province. Il est important de souligner que cette fenêtre sur notre histoire nous est offerte par un groupe restreint d’individus : les prêtres de la province.

Le Père Marquette

Lors de la rédaction d’un acte paroissial, le prêtre se devait de respecter un format prédéterminé, dictant une formulation qui ne déviait généralement pas d’acte en acte. Les habitués de la généalogie connaissent bien ce format; date de rédaction, date de l’évènement, nom du ou des sujets, nom des parents, le tout encadré par des formules telles que « par nous prêtre soussigné de la paroisse » ou « lesquels ont déclaré ne pas savoir signer ».

Mais ces consignes n’empêchaient pas certains prêtres d’ajouter un peu de couleur à leurs actes, comme vous le constaterez dans cet article.


Tous les documents utilisés dans cet article proviennent du LAFRANCE, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.


Nous débutons notre visite du passé en 1734 avec le curé René Portneuf de la paroisse Saint-Jean-de-l’Île-d’Orléans, célébrant ici le baptême de Marie Renée Marguerite Charlan.

Le prêtre était bien plus que l’officiant des cérémonies religieuses de sa paroisse; il en était aussi l’autorité morale! Admirons ici le zèle du père Portneuf :

« Je me suis nommé parrain après avoir répudié Simon Campagna à cause de son ignorance […] sur la religion ainsi qu’il apparu à tous ceux qui étaient présents lorsque je l’ai interrogé sur le Petit Catéchisme. »

Source: Acte 143891, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est intéressant de noter que Simon Campagna était déjà 5 fois parrain avant sa regrettable rencontre avec le père Portneuf. Vous ne serez pas étonné d’apprendre qu’il n’aura pas d’autres filleuls de son vivant.

La sépulture du soldat Jean Simon dit Sansregret à l’Hotel Dieu de Québec, elle aussi en 1734, nous rappelle l’importance et l’omniprésence de la religion dans les mœurs et la culture de la colonie française.

« […] sans avoir jamais voulu recevoir les sacrements quoy que les Prêtres et Religieux se fussent employés avec beaucoup de zele pour le gagner, il fut enterré par nos infirmiers proche de la caserne sans honneurs et sans prières, et avec l’horreur qu’il inspirait. »

Source: Acte 169203, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Visiblement, Monsieur Simon dit Sansregret portait bien son nom.

En parlant d’horreur, c’est plutôt chez nous qu’elle est inspirée lorsque confronté au racisme flagrant qu’on retrouve souvent dans les registres. Voyons par exemple l’acte de baptême de Marie Louise, fille de Marie Anne, daté du 17 juillet 1688 à Lachine.

« […] a été baptisée Marie Louise fille d’une sauvagesse nommée Marie Anne femme de mauvaise vie connue pour folle par tous les pais et coustumière d’avoir de tels enfans »

Source: Acte 13426, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Des travaux de reconstruction familiale effectués par le PRDH de l’Université de Montréal nous permettent d’en apprendre un peu plus sur le destin de la petite Marie Louise. Celle-ci aurait été enlevée à sa mère par le curé et confiée aux Sulpiciens, puis finalement élevée par un Pierre Sarault dit Laviolette. Mariée 3 fois au cours de sa vie, elle meurt noyée en 1777 à l’âge vénérable de 89 ans.

Source: Fiche d’Individu 39257, PRDH-IGD.com

Mais tout n’est pas noir dans les registres; ceux-ci nous réservent parfois de belles surprises et nous rappellent l’humanité de certains prêtres de la colonie. La sépulture de Marie Benoist, le 13 janvier 1736 à Longueuil, en est un bon exemple :

« […] a été inhumé le corps de defunte Marie Benoist […]  âgée d’environ 44 ans, pendans lesquels, il a plû au Seigneur de l’éprouver par des maladies et des soufrances continuelles, qui ne lui ont rien fait perdre de l’espris de charité de douceur et de patiance, qui l’ont fait admirer par tous ceux qui ons connu cette vertueuse vierge sans vices qui est décédée comblée de merite et de grâce. »

Source : Acte 106904, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Dans la même veine, nous avons la sépulture du naturaliste et chirurgien Michel Sarrazin, décédé le 9 septembre 1734 à l’Hôtel Dieu de Québec.

« Il avait exercé son art en ce païs plus de 45 ans avec une rare charité, un parfait desinteressement, un succès extraordinaire, une adresse surprenante, une application sans égale pour toutes sorte de personnes qui luy faisait faire avec joye et avec grace, tout ce qui depandait de ses soins pour le soulagement des malades qu’il traitait, il était aussy habile chirurgien que scavant médecin, comme les belles cures qu’il a faites en sont les preuves. »

Source: Acte 169208, LAFRANCE, GenealogieQuebec.com

Il est évident que M. Sarrazin avait l’estime et le profond respect de ses contemporains, et il est aujourd’hui considéré comme le premier scientifique canadien. Vous pouvez en apprendre davantage sur ce fascinant individu à cette adresse.

Nous connaissons tous la valeur inestimable des registres paroissiaux dans la sphère généalogique, mais accordons-nous assez d’attention à la petite histoire qu’ils contiennent? Les prêtres nous ont offerts, à leur façon, une fenêtre fascinante sur la vie de nos ascendants, et tout chercheur devrait se faire un devoir de lire attentivement les actes concernant ses ancêtres.

Dans les prochains articles de cette série, je continuerai d’aborder divers sujets et thématiques historiques, toujours à l’aide des documents disponibles sur Généalogie Québec.

François Desjardins

43 nouveaux cimetières sur Généalogie Québec

27 153 pierres tombales provenant de 43 cimetières du Québec ont été ajoutées dans la section Nécrologe, un des 15 outils disponibles aux abonnés de Généalogie Québec.

La section Nécrologe contient maintenant plus de 730 000 photos de pierres tombales indexées.

La section Nécrologe

La section Nécrologe regroupe tous les avis de décès, cartes mortuaires et pierres tombales disponibles sur Généalogie Québec.  Elle est divisée en 4 sous-sections.

Avis de décès internet

Cette section contient des avis de décès provenant de diverses maisons funéraires et journaux canadiens datant de 1999 à aujourd’hui. La section est mise à jour mensuellement. En date du 4 octobre 2021, elle contient plus de 2 630 000 avis de décès.

Avis de décès journaux

Cette section contient plus de 1 250 000 avis de décès publiés dans des journaux du Québec, de l’Ontario et des États-Unis entre 1860 et aujourd’hui.

Cartes mortuaires

Cette section contient 97 800 cartes mortuaires publiées entre 1860 et aujourd’hui. La plupart de ces cartes portent sur des individus décédés au Québec.

Pierres tombales

Cette section contient plus de 730 000 photos de pierres tombales accompagnées d’un index détaillé provenant de divers cimetières du Québec et de l’Ontario. La liste de ces cimetières peut être consultée à cette adresse.

Vous trouverez plus d’informations à propos de cette section sur le blog de l’Institut Drouin.

Vous pouvez consulter la section Nécrologe ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Généalogiquement vôtre,

L’équipe Drouin

Liens utiles

Généalogie Québec

Généalogie Québec est un site de recherche par abonnement qui regroupe l’ensemble des collections et données généalogiques acquises par l’Institut Drouin au cours de son existence.

Au total, 49 millions d’images et de fiches sont regroupées en 15 outils et collections divers couvrant l’ensemble du Québec ainsi qu’une partie de l’Ontario, des États-Unis et de l’Acadie de 1621 à aujourd’hui.

Généalogie Québec est de loin la plus grande collection de documents généalogiques et historiques québécois sur le Web.

Plus d’information à propos de Généalogie Québec

PRDH-IGD

Le PRDH-IGD est un répertoire de tous les actes de baptêmes, mariages et sépultures catholiques célébrés au Québec entre 1621 et 1849, soit plus de 2.5 millions d’actes répertoriés, ainsi qu’un dictionnaire généalogique des familles qu’on appelle communément les «reconstructions familiale».

Le PRDH-IGD peut être décrit comme un arbre généalogique détaillé de l’entièreté de la population canadienne française des débuts de la colonie à 1849.

Plus d’information sur PRDH-IGD.com

Fichier Origine

Le Fichier Origine est un répertoire des actes de baptême des immigrants trouvés dans le cadre d’un projet franco-québécois de recherche sur les origines familiales des émigrants français et étrangers établis au Québec des origines à 1865. Le dépouillement et la publication de ces actes s’inscrivent dans le cadre d’une entente de coopération entre la Fédération Française de Généalogie et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie. Des partenaires français et québécois, dont le PRDH, apportent leur collaboration à la réalisation de ce projet coordonné au Québec.

Passeurs de mémoire

L’annuaire Lovell de Montréal est maintenant disponible jusqu’en 1978 sur Généalogie Québec!

Les années 1915 à 1978 de l’annuaire de Montréal (Lovell) ont été ajoutées à l’outil Annuaires, une des 15 collections offertes aux abonnés de Généalogie Québec.

Au total, ce sont 150 000 nouvelles images qui sont maintenant disponibles aux abonnés du site.

L’annuaire Lovell de Montréal

Le Lovell est un annuaire municipale de la ville de Montréal et ses environs publié depuis les années 1840. Il contient entre autres une liste de résidents classés par rue et adresse, une liste de résidents en ordre alphabétique, une liste de marchands et professionnels ainsi qu’une liste d’institutions diverses.

Sur Généalogie Québec, le Lovell est présenté en arborescence dans l’outil Annuaires. Chaque année, de 1843 à 1978, est divisée en une série de sous dossiers:

  • Introduction – Contient la couverture, une préface ainsi qu’une table des matières
  • Index to Streets, Avenues, Lanes – Un index des rues et avenues de la ville
  • Index to Miscellaneous – Un index d’institutions diverses (magasins, églises, édifices gouvernementaux, écoles, etc.) par nom
  • Index to Page Advertisers – Un index des annonceurs publicitaires ayant payé pour une page complète
  • List of Line Advertisers – Un index des annonceurs publicitaires ayant payé pour une publicité de plus petite taille
  • Advertisers Business Classified Directory – Annonceurs publicitaires indexés par le type de services qu’ils offrent
  • Street Directory – Un index des résidents et entreprises, classés par rue et adresse
  • Alphabetical Directory – Un index des résidents et des entreprises, classés par nom
  • Places in the neighborhood of Montreal outside city limits – Un bottin de plus petite taille et moins détaillé pour les diverses agglomérations entourant Montréal
  • Miscellaneous directory – Un index de commerçants et professionnels classés par le type de services qu’ils offrent

À l’intérieur de ces dossiers, une autre série de sous-dossiers divise les images par lettre, en ordre alphabétique.
Par exemple, afin de trouver l’adresse d’un ancêtre Desjardins, vous devrez vous rendre dans Alphabetical Directory puis consulter le dossier « D » sous l’année désirée.

L’outil Annuaires contient aussi le Marcotte, qui est l’équivalent du Lovell pour la ville de Québec.

Vous pouvez consulter les annuaires Lovell et Marcotte ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Généalogiquement vôtre,

L’équipe Drouin

Nouveaux actes de naissance, mariage et décès sur Généalogie Québec

16 767 fiches de baptême, mariage et sépulture ont été ajoutées à l’outil Fiches BMS, une des 15 collections offertes aux abonnés de Généalogie Québec.

Ces fiches couvrent les régions de St-Jean-sur-Richelieu et d’Iberville de 1900 à 1970.

Elles peuvent être consultées avec un abonnement à Généalogie Québec dans l’outil Fiches BMS, sous le dossier « Fiches (villes)/District judiciaire d’Iberville/ ».

Qu’est-ce que l’outil Fiches BMS?

L’outil Fiches BMS contient des fiches de baptême, mariage et sépulture provenant du Québec, de l’Ontario et des États-Unis et couvrant du 17e siècle à aujourd’hui.

Les documents de cette collection sont organisés en arborescence. Dans la majorité des cas, les fiches sont distribuées par ordre alphabétique selon le nom de famille du sujet de la fiche ou le nom du lieu le cas échéant.

Vous trouverez plus d’informations concernant cette collection sur le blog de l’Institut Drouin.

Vous pouvez consulter les Fiches BMS ainsi que des dizaines de millions d’autres documents d’intérêt historique et généalogique en vous abonnant à Généalogie Québec dès aujourd’hui!

Document original pour les mariages de 1919 sur le LAFRANCE

La majorité des mariages de l’année 1919 disponibles sur l’outil LAFRANCE sont maintenant associés à leur document original.

Pour consulter celui-ci, il vous suffit d’ouvrir l’acte qui vous intéresse, puis de cliquer sur le lien au coin supérieur droit de la fiche d’acte.

Acte de mariage provenant du LAFRANCE. La flèche bleue indique le lien à cliquer afin de consulter le document orginal.
Document original tel que présenté sur le LAFRANCE

Plus d’informations à propos du LAFRANCE

Le LAFRANCE est une base de données équipée d’un engin de recherche répertoriant des millions d’actes de naissance, mariage et décès provenant du Québec, de l’Ontario et des États-Unis. On y retrouve actuellement:

  • TOUS les mariages catholiques du Québec de 1621 à 1918
  • TOUS les baptêmes catholiques du Québec de 1621 à 1861
  • TOUTES les sépultures catholiques du Québec de 1621 à 1861
  • TOUS les mariages protestants du Québec de 1760 à 1849
  • 1 450 000 mariages catholiques du Québec datant de 1919 à aujourd’hui.
  • 68 000 actes de baptême et sépulture divers du Québec de 1862 à 2019
  • 80 000 mariages civils du Québec datant de 1969 à aujourd’hui
  • 140 000 mariages de l’Ontario datant de 1850 à aujourd’hui
  • 38 000 mariages des États-Unis
  • 3000 mariages Protestants du Québec de 1850 à 1941
  • 17 000 mariages divers du Québec des années 2018 et 2019

Pour plus d’informations à propos du LAFRANCE, visitez le blog de l’Institut Drouin.

Généalogiquement vôtre,

L’équipe Drouin

Quelle place pour les femmes dans la toponymie québécoise?

Lors d’une recherche généalogique, il n’est pas rare que les lieux jouent un rôle de grande importance : ils peuvent servir à confirmer l’identité d’une personne ou à orienter nos recherches lorsque nous sommes à la quête d’un·e ancêtre.

Même s’ils ne jouent pas un rôle central dans notre enquête, du moment où nous consultons des sources modernes, que ce soit un acte d’état des personnes ou un recensement nominatif, nous rencontrerons nécessairement divers toponymes (Jetté, 1991 : 89) – des noms de villes, de paroisses ou même de rues! 

L’église Saint-Thomas de Joliette, une des nombreuses paroisses portant un toponyme masculin au Québec.
Source: Collections diverses de l’Institut Drouin (Fonds Pierre Colpron), GenealogieQuebec.com

Vous avez peut-être ainsi remarqué que les toponymes québécois sont loin d’être paritaires. On estime que les femmes représentent moins de 10% de la toponymie anthroponymique québécoise – autrement dit, pour chaque lieu qui porte le nom d’une femme, il y en a 10 autres qui portent le nom d’un homme (Beaudoin et Martin, 2019 : 1).

Devant ce constat, un mouvement pour la parité toponymique s’est créé. Sarah Beaudoin et Gabriel Martin, tous deux engagés dans la cause, la première en tant que militante féministe et le deuxième comme linguiste, se sont intéressé·e·s de près à l’enjeu et ont publié en 2019 un livre à ce sujet : Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. 

L’ouvrage offre un tour d’horizon étonnamment complet pour ses 125 pages : l’auteur et l’autrice dressent d’abord un portrait historique du mouvement pour la parité toponymique au Québec, puis s’attardent aux mythes et aux réticences courantes. De la supposée moindre importance de tendre vers la parité toponymique à la soi-disant insuffisance de femmes marquantes dans l’histoire, tous les arguments contre les résolutions visant à atteindre la parité toponymique sont examinés. 

Le développement de cet argumentaire permet à l’auteur et à l’autrice d’aborder différents concepts féministes (par exemple de définir le féminisme radical ou le patriarcat). Le livre démontre aussi une certaine sensibilité envers diverses oppressions (notamment le racisme et le colonialisme), en particulier pour les enjeux autochtones.
La page couverture se veut entre autres un hommage à An Antane Kapesh, cheffe de bande innue et autrice du livre bien connu Je suis une maudite sauvagesse – Eukuan nin matshimanitu innu-iskueu. Toutefois, l’utilisation du terme « améridien » à quelques reprises dans le livre me semble fort dommage, puisqu’il est aujourd’hui considéré dérogatoire (Picard, 2018).

Le livre se termine par une banque de toponymes potentiels et par une charte pour la toponymie paritaire, ce qui permet de concrètement lier les revendications à la réalité du Québec. C’est aussi une bonne occasion de découvrir des figures féminines marquantes de notre histoire : parmi les 145 suggestions toponymiques, 10 font l’objet d’une courte présentation, dont plus de la moitié sont des femmes racisées et/ou autochtones.

Contrat notarié où sont mentionnées les villes de Sainte-Thérèse et Sainte-Anne-des-Plaines, toponymes féminins.
Source: Outil Contrats Notariés, GenealogieQuebec.com

Le livre accomplit l’exploit synthétique de rester très accessible tout en abordant en profondeur de nombreux enjeux. Ceux et celles qui ont peu de connaissances en toponymie ou en féminisme pourront s’y retrouver sans problème, je dirais même qu’il peut s’agir d’un excellent ouvrage d’introduction pour l’un ou l’autre de ces domaines. Les lecteur·trice·s présentant une certaine expertise ne seront pas en reste : même après des études universitaires en études féministes, le livre m’a permis d’affiner mon argumentaire et de découvrir des figures marquantes de notre histoire.

Somme toute, il s’agit d’une excellente lecture pour porter un regard différent sur nos recherches généalogiques aussi bien que sur nos promenades dans les rues de notre quartier!

Audrey Pepin


Liste de références :

Jetté, René. (1991). Traité de Généalogie. Montréal : Les Presses de l’Université de Montréal, 716 p.

Beaudoin, Sarah et Martin, Gabriel (2019). Femmes et toponymie, de l’occultation à la parité. Sherbrooke : Les Éditions du Fleurdelysé, 125 p.

Picard, Ghislain (2018, 26 septembre). « Non, les Autochtones ne sont pas des Amérindiens ». HuffPost Québec. Récupéré de https://quebec.huffingtonpost.ca/ghislain-picard/autochtones-pas-amerindiens-terminologie-colonialisme_a_23541813/